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Parfois tu ne sais pas quoi écrire, et parfois ça te tape dans la gueule comme une biffle de Rocco Siffredi.

En 2010, je passais la licence de FLE.

 Je me suis senti mieux dans mon boulot depuis : passer ce diplôme, c’était autant obtenir un bout de papier légitimant mon travail qu’un travail sur soi. Obtenir un background théorique, de nouvelles idées, une connaissance globale de l’histoire de l’enseignement, c’était bien. Comprendre comment se préparaient (ou non) les enseignants de FLE par rapport à ce que je me contentais de ressentir, c’était bien aussi.

Je n’ai pas enchaîné avec la maîtrise, c’était trop lourd d’attaquer tout de suite. Outre les soucis persos qui ne me permettaient pas une concentration suffisante, je trouvais ça trop tôt ; j’aime mettre en pratique ce que j’apprends : la seule théorie n’a souvent que peu de sens de prime abord, mais quand on y réfléchit en situation, on trouve, la plupart du temps.

Mais commencer à réfléchir, c’est aussi remettre en question. Et à l’examen, on remarque souvent que les profs ayant une licence FLE ne sont pas meilleurs que d’autres, voire pire dans bien des situations. C’est l’absence de réflexion face à leur statut, face à leur langue et surtout face aux besoins de l’élève qui plombe. Et dans la situation, je m’inclus hélas.

Se remettre en cause, c’est un peu l’activité qui ne finit jamais, mais que tu fais à contrecoeur par excellence (ne dis pas le contraire, c’est aussi ridicule qu’un mec qui prétend ne jamais s’être branlé). Pourtant, tu y es bien obligé, sinon la vie te latte dans les couilles jusqu’à ce que tu le fasses ou crève d’un cancer. Tu peux résister longtemps, mais à un moment faut regarder les choses en face : tu enseignes comme une merde, parce que tu ne te poses pas les bonnes questions, ou surtout parce que tu ne veux pas t’en poser. Suivre une méthode est plus confortable, et puis ça ne touche pas à ta vie privée.

Or justement : j’ai le tempérament religieux.

Le rapport ? Pendant toute l’adolescence, je me suis cherché des méthodes, des guides, des carcans moraux, des idéologies, des systèmes d’existence, des écoles de pensée, des combats politiques. Avantage : une culture au dessus de la moyenne générationnelle dans le domaine, et 18 en philo au bac (ma moyenne de l’année).

Quand t’as 16 ans et que tu as déjà lu Épicure, Kierkegaard, Krishnamurti, Guy Debord, Saint-Simon, Karl Marx, Rudolph Steiner, L’Ancien Testament et La conjuration des Imbéciles, tu es au dessus de la moyenne qui roule en 103 SPX (+autocollant BONZAÏ records), désolé. Après, j’ai pas dit que ça m’avait rendu heureux, hein ?

Alors finalement, la vie te prend et te retourne (comme Alban Ceray), toi et tes idéologies, comme un sac de patates vidé à flanc de colline, que roulant tu dévales en essayant de rattraper quelques tubercules en passant, tubercules qui s’échappent de plus belle parce qu’ils ne roulent pas dans le même sens que toi. Ta vie est foutue, t’es mal, ton système de valeur s’est effondré, c’est comme une panne sexuelle permanente.

Et en bas de la colline, tu cherches, moitié désabusé, moitié avide d’espoir, voire si des fois il n’y aurait pas des noisettes, des chayottes, des rutabagas ou n’importe quoi dont tu pourrais remplir à nouveau le sac qui va de ta tête à ton cœur, parce que ce n’est que quand il est plein que tu te sens en sécurité, tu en es sûr.

Samuel avait dit que plus tu es sûr de quelque chose, plus tu as de chance de te tromper. Et au final, j’ai du mal à croire que ce soit faux : Sois assuré que la vie (ou dieu, ou Madoff, ou un polype, ou Vishnou, ou les frères Borganov) va faire surgir un truc de nulle part, un truc tordu comme une exception à la règle dans notre chère langue, tordu-dur comme Christopher Clark ou tordu-génial comme dans Dragon Ball, bref, un truc qui te secouera du haut de la colline.

Il en va de même de l’enseignement.

You do one little job, you build a widget in Saskatoon, and the next thing you know, it’s two miles under the desert, the essential component of a death machine. 

Au début, tu te dis que t’as tout compris et que les autres sont des quiches, y’a qu’a voir, tu parles tellement bien aux élèves. Puis tu remarques que les élèves ne sont pas là pour t’écouter et que t’as bien de la chance d’être au Japon où les gens sont polis, au moins en surface. Tu essayes de t’améliorer, passe le diplôme, essaye de produire du contenu avec un succès variable, te farcis les journées pédagogiques de Dokkyo, à perpette au nord de Tokyo, où des intervenants se pignolent avec plus ou moins de force sur leur statut de FLEuteux professionnel et méprisent ta face de merdaillon travaillant dans de petites boîtes privées qui font inévitablement de la merde, c’est évident.

Et puis tu tombes sur les manuels qu’ils ont écrits, et tu as envie de gerber* tellement, c’est mauvais.

*c’est une image. En vrai, seuls les huîtres, le poulpe cru et la scatophile dysentrique à l’entonnoir me donnent envie de vomir.

Puis tu te demandes : ce que je fais est peut-être aussi mauvais que les autres ? Mais pour le remettre en cause, il faudrait abandonner son précieux, précieux système, et le pantoufleur sécuritaire en moi crie NON ! , je ne veux pas encore dévaler la colline et devoir chercher un nouveau sens à tout. Mais finalement, tout crie dans ce sens : le travail qui manque, l’opportunité d’en trouver, les pistes qui mènent vers la même chose, l’ambiance…l’adversité de ceux qui n’adhèrent pas, ou ne comprennent pas.

Je commence à travailler avec l’approche Gattegno. Je n’y comprends presque rien, la partie émerge de l’iceberg, mais j’aime ce que je vois. Le langage parle à ma vieille soif de mystique camouflée, comme de vagues résonances d’école de pensée dans ma boîte crânienne. Je me retrouve comme un enfant devant, mais un enfant adulte : perdu, mais content de l’être, comme un terrain d’expérience infini. Un adulte cependant, parce que l’œil porté sur ce qu’on fait et qu’on voit doit être celui-là.

Le fait de devoir porter un regard nouveau sur ses propres systèmes passés est un sacré coup dans le sac de patates, mais cette fois je refuse de dévaler la colline. J’ai envie de voir comment les patates sont empilées et voir comment ça se réorganise, trie, arrange, complète.

Et bizarrement, ça génère autant de gêne que de plaisir.

Le plaisir est évident, il est le même que le Légo : la première fois tu fais ce qui est sur la boîte, puis tu réinventes à l’infini tout en remarquant que tu reviens sur certains trucs. Tu fais avec ce que tu as, puis tu complètes. Happiness is a plastic brick.

La gêne, c’est plus subtil ; autant j’apprécie d’avoir à me remettre en question et essaye d’en être autant l’observateur intérieur qu’extérieur, autant ça me dérange de ne pas être seul dans ce processus.

C’est paradoxal : le monde extérieur est un gigantesque terrain d’expérimentation, et il faut l’utiliser sans quoi la transformation n’a pas lieu, mais en même temps, mon orgueil prend cher, j’ai peur du regard des élèves comme de celui de mes pairs, je suis nu, dénudé volontaire, exhibitionniste à petite bite…une chose que tu n’as pas forcement envie d’être, en gros.

D’autant plus que les élèves ne sont pas juste des élèves, ce sont aussi des clients, qui payent. Qui plus est, j’essaye d’utiliser l’approche (pas la méthode ou le matériel, notez la nuance) un peu partout, cours ou pas, mais ça me pose un problème moral par rapport à l’école qui m’y forme. Quelque chose dans ma morale interne désapprouve, sans que je ne sache pas identifier exactement quoi. Je n’ai pourtant pas l’intention de me barrer au plus vite et j’estime que toute l’expérience que je pourrai me faire sera bonne, ou qu’elle soit, mais bon…

Toujours est-il que j’ai reçu aujourd’hui les 12 cours de maîtrise, que je vais me taper un an de plus dans les bouquins et qu’en plus, j’ai d’emblée un apriori négatif sur ce que je vais étudier.

Et une bonne excuse pour bloguer encore moins.

 Toi, t’es un vrai pôto, tu sais !?

Raël me tripote malgré mon âge avancé, il en est arrivé des trucs depuis le début de 2011.

Mais je pense que pour le coup, ayant épuisé le sujet séisme, quoique quelques branlettes tectoniques nous réveillent de temps à autre, j’ai du mal à savoir sur quoi embrayer.

Parler du nucléaire ? Pour quoi faire ? D’autres le font bien mieux. Et je préfère fermer ma gueule sur le coup. Le non-professionalisme poussé jusqu’à la connerie n’est sûrement pas un truc qui me rebute, mais il y a déjà assez de gens qui se rendent ridicule dans ce créneau, à grand coup d’ « on nous cache tout, on nous dit rien » (Oui, j’ai mis NOUS et ON dans la même phrase, ça vous montre le niveau), discréditant de très légitimes questions et informations en les noyant dans un style à se faire suicider les nègres de Sulitzer, une interface digne des heures de gloire des webpages geocities et surtout un sens de la paranoïa et du n’importe quoi glané sur le net sans travail sur les sources qui horrifie l’ex-étudiant en sciences humaines que je suis.

Quitte à entendre que c’est à cause des ex-tortionnaires du camp 731 reconvertis dans le bâtiment (par l’entremise de la mafia) qui ont choisi un béton trop armé en armatures acier dans la chape de la centrale, afin que le fer se croise en forme de pentacles pour évoquer Urotsukidoji dans un sabbat de vierges qui s’ignoraient salopes avant de prendre du plaisir à être violé* pendant 4h44 par des machines à pilons mécaniques de 28 cm (de diamètre) s’agitant au rythme de Breaking The Law de Judas Priest, tout ça pour le compte des Illuminatis financés par Microsoft, la CIA et Yves Rocher, et bien je préfère encore aller boire un coup à la buvette du quartier. Quitte à lire des conneries, autant qu’elles soient drôles et bien documentées.

*(Agnès Giard conteste en coulisses, il paraît qu’elles seraient consentantes et que c’est le propre de l’émancipation dominatrice nippone qui heurte nos subconscients judéochrétiennes et la mémoire génético-culturelle romano-européenne -donc potentiellement nazi – de l’enlèvement des Sabines).

Ce blog n’a pas une volonté éducative à la jésuite : Je n’ai pas la conviction de vous convertir à quoi que ce soit, ni au zoroaroisme (c’est presque tentant, notez), ni au culte d’Ichikawa Miwako (les Égyptiens avaient le dieu à tête de chien, Ganesh une tête d’éléphant, et Ichikawa Miwako une tête de mérou, alors ça tient la route), ni au VJ (le Vrai Japon, censé être la religion de la plupart des étrangers blogueurs ici, ou ailleurs d’ailleurs, qui ont absolument à défendre leur exégèse du pays , qu’ils aient un truc intelligent à dire, ou pas).

L’idée, c’est de parler de ma vie personnelle (subjective, par essence), de faire les phrases les plus tarabiscotées possibles dans un élan de discipline d’écriture sado-masochiste, d’étaler ma maigre contre-culture comme de la gelée de coing (message subliminal : envoyez-moi-z-en tas d’enculés!) en espérant être un jour pigiste freelance sans envergure pour Teknikart (ça existe encore?) ou poête pour Vice (dans la rubrique : « le vers tue ! »), et espérer vaguement que l’ironie des situations vous fera réfléchir un peu.

Oui, je suis un optimiste : j’imagine que si une majorité de personne pense que « Pourrais-je avoir un café ?» et « Puis-je avoir un café ?» se résume juste à une question de politesse, j’espère que quelques-unes sont capables de voir qu’il s’agit aussi du niveau de confiance en soi du locuteur.

Ainsi va-il de ce blog. Vous y verrez le Japon (ou pas) que vous voulez, vous n’y verrez rien ou vous y verrez bien plus que prévu, à y repenser entre 2 levrettes basques (avec les mains qui pelotent le nichon) ou 2 sandwichs grecs (pas d’images, ça va comme ça?). Mais je ne vais pas vous prendre par la main pour vous expliquer, j’ai bien d’autres choses à foutre. Mater des culs, par exemple.

5 gigas de photos transférées sur le disque dur, c’est de l’archéologie pour les yeux et le coeur, des couleurs d’une autre saison, l’odeur des mauves que le corps reconstitue cérébralement, le soleil qui se couche sur le dépôt de train.

J’aime bien mon appart...certes, j’entends l’eau couler quand la voisine prend sa douche, un truc bizarre bourdonne non-stop dans la rue, mais sinon, rien à dire.

J’aurais pu faire un article composé uniquement de jérémiades sur combien c’est dur de trouver un appart.

J’aurais pu cracher ma bile sur le racisme des proprios qui te refuse tellement systématiquement les étrangers que l’agent immobilier doit improviser en disant en disant que t’es prof d’université sans quoi ça raccroche aussi sec. Qu’il t’explique qu’il choisit de demander « Acceptez-vous les Français ?» et non « Acceptez-vous les étrangers ?», sans quoi, le proprio penserait que je suis peut-être coréen, voire pire, Chinois, et faut bien dire entre nous que c’est un peu une sale race, hein… Parce qu’ils viennent et s’installent à 8 dans un studio, font du bruit et puent, sans compter le loyer qu’ils ne payent pas ?

  • Ah, ben on voit que vous les connaissez, hein…
  • Mais ils ne sont pas tous pareils, rassurez-moi ?
  • Ah, c’est vrai, il doit y en avoir des biens, mais comprenez…

Ahah. Il suffit de se faire une petite session « Le petit Bruno Mègret illustré et ses 100 clichés sur les métèques » pour que l’amicale des agents immobiliers entonne du Claude Barzotti en choeur.

Alors que c’était déjà un peu éprouvant de les côtoyer pendant des heures durant, avec leur conversation de bambou mort (« et sinon, vous aimez bien boire un coup ? Moi j’aime la bière… »…wow…), avec leur face de similihost de seconde zone, chaussures pointues, MAIS carrées parce que buziness-iz-buziness, coupe de semi-perruche moitié déluge de gel moitié David Beckham en décalage horaire, costards à rayure juste assez clinquant pour éviter d’être pris au sérieux autant par l’internationale des gens stylés que par les nénettes qui ont le moindre goût, bref, avec leur touche cheap d’aspirants-symbole de la bulle économique, il faut en plus se farcir leur fausse condescendance face à ton statut de bougnoule du Japon.

Pas que ça hérisse tout le monde, hein ? Il y en a qui ne te prennent pas en traître et qui te disent que ça ne va pas être possible à peine tu as poussé la porte de leur placard à dossier (communément appelé AGENCE, ici).

Mention spéciale à celui de Shoinjijamae qui répondit que c’était déjà loué quand je lui disais que je m’intéressais aux apparts vantés sur les affiches qu’il posait devant mes yeux. Après quoi, comme je lui demandais ce qu’il avait d’autre, il a dit : rien.

Ah.

Il aurait bien mérité de se faire pourrir, mais j’étais déjà épuisé, autant par sa connerie que par la recherche.

9 agences, 34 apparts visités, 48 refus préalables pour étrangéitée. Plusieurs désistements après accord préalable, comme celui de Futako-shinchi : pas cher, bien situé, lumineux…

Le proprio répond que c’est OK, en plus sa femme parler un peu français, ils adorent le Poitou-Charente, mais pensent que Ségolène devrait arrêter de dire n’importe quoi pour faire son intéressante, et ils ont un chalet en Savoie, où ils dégustent un petit reblochon arrosé d’une bouteille de roussette du coin, les soirs d’août quand la montagne fraîchit et que la lumière change, les longs couchers de soleil rougissants annonçant l’automne, ses pluies et la rentrée des classes pour laquelle il faudra acheter un nouveau cartable, d’ailleurs Naoto chante « T’AS TON TANN’S ?! » à tue-tête dans toutes les collines, il a encore du manger des champignons avec son grand frère.

Je le sentais bien, mais 2 jours plus tard, ils ont changé d’avis : ON (notez combien c’est précis…genre, le frère du gendre du marchand de légumes connaît quelqu’un qui…) leur avait dit que les étrangers ne faisaient rien que des problèmes.

Retour à la case départ.

Revisites, re-mailing intensif, cette fois avec Fukamin, un copain agent immobilier qui m’aidera beaucoup dans la manoeuvre, négociera, organisera et qui finalement dénichera l’appartement qui va bien et où je suis désormais. Et je le remercie de tout coeur.

Voilà, la life continue. Avec un peu de chance, la situation économique devrait se débloquer doucement, et je pourrai sans doute rembourser les 150.000 yens de téléphone que je dois à une Jacqueline (qui a eu la gentillesse de ne pas me les réclamer) avant novembre. D’ici là, j’aurai aussi l’occasion de poster autre chose que des banalités et des photos.

Pour l’immobilier, vous penserez à faire un tour ICI.

Ça vous instruira bien plus que mon verbe.

Ode to gallantry cover

Ode to gallantry est un shaw brother qui joue la corde du brave crétin au bon cœur, et même que c’est pas sa faute si c’est un crétin, c’est juste qu’il a été élevé par une connasse , comme beaucoup de crétins dans la vraie vie.

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C’est donc un film pédagogique sur la place déterminante des parents dans l’éducation des crétins, et une critique de la famille monoparentale par la même occasion, puisqu’il n’a pas de père, ayant été enlevé à ses vrais parents dans l’enfance.
C’est aussi un film qui te fait ressentir le fait d’être un crétin, tellement l’intrigue et le nombre de protagonistes semblent avoir été écrits sur un puzzle 20.000 pièces puis lâchés sur la Sologne depuis un dirigeable. Pourquoi la Sologne ? Parce qu’au final c’est aussi clair que le bilan économique des années Mitterrand et qu’un labrador et une canne blanche ne seraient pas de trop pour s’y retrouver entre les noms des 4 clans qui s’affrontent pour une raison tellement obscure que j’ai douté de ma propre interprétation des mots.

1982.Ode.to.Gallantry.Oh, j'ai eu la feve.jpg

En gros, 4 clans DOIVENT s’entretuer pour une promesse faite à un vieux con sûrement financé par l’industrie des agrocarburants qui va finir de détruire l’Amazonie, c’est sûr, aussi sûr que Bono ne vaut plus rien sinon comme porte-lunettes. Il détruit des arbres* juste avec des rayons qui sortent de ses mains, c’est dire.

*Des arbres en plastique, bien sûr. Aucun arbre n’a été maltraité pendant le tournage de ce film.

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Le vieux est sylvophobe, mais son kung-fu envoie du bois, alors forcément, suivant la règle de classement dichotomique des Chinois à barbe blanche, selon laquelle il a une chance sur deux d’être un méchant, forcément, c’est un méchant.

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Pourquoi, forcément ? Personne ne le sait, pas même les scénaristes qui hésitent tout le long du film entre en faire un sage respectable et une crapule sous botox.  Le scénariste principal finira sûrement sa vie en épandant du fumier humain (un coup à gauche, un coup à droite, comme Tanguy) dans le nord-est de la Chine, comme tous ces intellos pourris à la solde des idées bourgeoises et impérialistes : il a beaucoup de mal à définir les personnages sans leur coller une personnalité schizophrène plus ou moins affirmée. Les revirements s’enchainent comme les coups de bite dans « Pump My Ass Full Of Cum 2 », un classique du cinéma art et essai qui ne fait pas de quartier non plus.

1982.Ode.to.Gallantry.Mais je sais manger une crevette à la fourchette, monsieur.jpg

Exemple, dès l’ouverture, plus de 10 types en plein revival glam-rock se font planter à grand coup d’épée dans le ventre pendant que le héros cherche à manger les croissants tombés par terre pendant qu’ils se battent. 2 minutes après, les 2 gangs rivaux discutent calmement ensemble en se plaignant du vieux con, vraiment pas cool, puisqu’ils sont bien obligés de s’entretuer parce qu’il l’a demandé, “mais si ça ne tenait qu’a nous, on ouvrirait un boite gay appelé Le Gary Glitter et vous seriez tous invités à la soirée d’ouverture, on s’en mettrait plein la narine et on se ferait des shots de tequila au sel rose de l’Himalaya, y’aurait même Beigbeder, mais pas dans les backroom, il pourrait vouloir écrire un livre après.

1982.Ode.to.Gallantry._oh, elle est grosse.jpg

C’est donc une comédie, vaguement, si on fait abstraction des 62 morts en 1h23, mais après tout, c’est facile, ils se ressemblent tous ces Chinois, si ça se trouve ils étaient clonés.

1982.Ode.to.Gallantry.Putain c'est vrai qu'elle est grosse.jpg

Pas clone mais vrai jumeau d’un connard (un enfant gâté, de l’aveu de ses propres parents…je vous ai dit que c’est un film sur la pédagogie), notre héros crétin joue la comédie comme un pied, mais c’est ça qui est bon dans un Shaw Brother.

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Pas un classique absolu, Ode To Gallantry (wtf le titre?) est un plaidoyer pour l’éducation raisonnée et un sudoku pour tes neurones après un pichet de rouge. La bonté de coeur des idiots, l’inutilité de la vengeance et la culture proverbiale corse sont aussi abordées, avec des nuances : l’idiot qui tue n’est pas responsable de ses actes, ou alors il a été piègé et tout le monde lui pardonne. La vengeance est obsolète, sauf quand les méchants ne comprennent vraiment rien, alors vaut mieux les tuer tous, ça soulage. Enfin, illustrant la citation de Jean-Doumé Corndequoccu « un accident est vite arrivé », le sort délivre souvent les braves du fardeau de la culpabilité.

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Tout est bien qui finit bien, 80% des protagonistes sont morts ou repentis, et les combats (pas cablés ou presque) tiennent la route dans le style « je fais semblant de ne pas savoir me battre », option « cerveau noix de cajou mais corps taillé dans l’acajou ».

Pas typiquement un film d’usine (Chang Cheh aux manettes) ni mauvais Shaw, en tout cas.

Miyajima_trognes_6

Bon, il manquait quelque chose. Il manque toujours quelque chose, de toute manière. Un peu de jus de truffe à vos tournedos Rossini, un peu de fantaisie aux Nippones, un peu de seins à Céline, un peu de fric dans ma poche. Non, beaucoup de fric en fait. Je suis venu au Japon pour quoi, être pauvre, au juste ? Ah non, c’est vrai, je suis comme les autres, je suis venu ici parce que je n’avais pas d’avenir professionnel en France. Génération Working-Holiday.

Comme toute bonne et mollassonne victime autoproclamée, je vais pleurer un coup que n’ai pas souvent senti la partie Holiday de mon ex-visa, tout ça. Mais encore une fois, tel Maman faisant un virement pour que Julien (tous les Français s’appellent Julien au Japon) puisse payer sa Sakura-House, le BDSM* est intervenu et m’a bien aidé. Le 21 mars, après un brainstorming unilatéral digne des dernières heures du Grand Reich dans l’aile ouest du bunker, il fut décidé de faire un raid sur Miyajima.

*Boddicker’s, Division du Super- Mécénat.

Kaïo

Mais d’abord, un petit rap :

Opération Barbarossi, poil au Gucci !

Opération Barbarosson, poil au Vuitton

Opération Barbaroach, poil au Coach

Opération Barbaramantha, poil au Thavasa.

Yo.

Miyajima_En faceMiyajima_liners
Miyajima_racaille du portMiyajima_Nihon liberation front

Après un long trajet en V2 (oui, les V12, c’est has-been), nous atterrissions en face de l’île à portique rouge, célèbre dans le monde entier depuis que Judith (dont nous tairons le lien qui l’unit à Céline, précédemment citée) sue sang et larmes à promouvoir ce fleuron nº2 des lieux qui attirent le touriste avec des moules accrochées sur des rondins. Voici une illustration du nº1.

Deuxième service

Opération

« procès dans ta gueule pour violation de droit d’auteur sans lubrifiant »

C’est joli, plein de monde et de têtes photogéniques, on retrouve fortement ce plaisir de juste regarder la face des gens et d’avoir envie d’en garder l’expression quelques instants, ce plaisir vraiment exacerbé et généralement sans risque au Japon, où les risques que le gars vienne vous en coller une avant de postillonner « kess t’as à m’regarder fiss d’pûte, hein ? Vé le l’autre enculé d’sa race comment il me regarde, vas-y baisse les yeux j’vais t’bruler la con de tes morts ! » avant d’argumenter « y’m’manque d’respect c’fils de pute ».

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Loin de moi l’idée de vous rappeler de mauvais souvenirs si ça vous est arrivé ou si vous avez habité Marseille (le deuxième cas impliquant obligatoirement le premier). Mais tout ça pour dire que le Japon est un pays relativement safe. D’ailleurs, on a même mangé des huitres à la cafet à midi et fait de la randonnée l’après-midi, c’est dire.

Mais nous reparlerons de trucs à ourlet plus tard.

D’abord, les daims.

Comme à Nara, parait-il…c’est infâme, ça pue, mange n’importe quoi, comme des pigeons, version ongulée, mais pas casher non plus. L’un mangera le plan de Keiko pendant qu’un autre écoute le solo d’harmonica d’un vieux funky et qu’aucun n’acceptera de se faire égorger pour la photo. C’est des sales bêtes.

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Puis, le portique « vermillon », non, PAS ROUGE, pov’con ! Tu veux passer pour un sarkozyste à la ramasse où quoi ?

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C’est diantrement photogénique et je n’ai rien à en dire. Joli, sympa, émotion, promesses, glisse une pièce dans la fente, prend une photo, gosses qui courent dans les flaques, parents qui sourient, encule un mouton si t’es pas content.

Ah non, un daim, c’est vrai.

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Commence l’ascension de l’île. Décidant de snober le funiculaire, à la fois par radinerie extrême de ma part (c’est pas mon argent, mais ça me fait chier tout de même de le dépenser, surtout à 1800yens le trajet), comme par goût et habitude (j’aime marcher, je suis un enfant de la campagne) ou encore par esprit fanfaron (« ils disent que ça se fait en 70 minutes, voyons si on peut le faire en 40 et montrer aux femelles qui sont les hommes qui ont des couilles »).

Miyajima_Seuls les oiseauxMiyajima_témoins du drame

Départ sprinté, ralentissement notable, tombe la veste, souffle un coup, ne fait semblant de rien. Clarence s’obstine à garder son énorme gilet de coton tricoté triple épaisseur, imbibant de sa sueur une couche après l’autre au mépris d’un bien-être qui l’obligerait à abandonner son style gentleman-farmer d’Issy-les-Moulineaux. Mais je reste persuadé que mon avance dans le sprint de montée est liée au fait que mon épilation burnale me confère un aérodynamisme qu’il n’a pas. Le frottement du caleçon sur son afro roubignolesque a bien dû lui faire perdre un millième de seconde à chaque pas.

Mais cessons là, ça devient glissant comme nos rondelles transpirantes en haut de la butte.

Miyajima_panorama

La vue est superbe, et je remarquais aussitôt une jeune pouliche habillée dans la plus pure tradition des pauvrettes joufflues, un style qui attire le prédateur en quête de proies peu farouches que l’abstinence a affamé et pour qui 2 textos et une fleur suffisent à remplir les yeux d’étoiles et la bouche de foutre, après un bref laïus sur combien vous êtes tristes, mais heureux de la voir et que ça soulagerait pas mal si, enfin, t’as vu, tes lèvres sont tellement pulpeuses que je n’ai pu m’empêcher d’y penser et… ahahaaaaaaaah, voui, c’est çaaaaAAAAaaA !!!

C’est pourquoi je suivais vaguement ses fesses pleines avec cet air de ne pas y toucher tout en surjouant le sympathique métrosexuel en vacances avec son pote ;

« T’as vu ce rocher, fou, non ? »

Clarence pose pour la photo avec son inavouable bandeau (j’avoue qu’il a des cojones, respect, mec !), je pose, elle nous regarde, Françis Lai compose au piano à queue et la mienne pointe vers les étoiles qui brillent dans tes yeux, ma chérie, tu veux qu’on te prenne aussi, là, à même le rocher, avec ton sourire de bébé gibbon dans les bras de sa mère et ta braguette défaite ? Un visage rond comme ça, ça ne doit pas cracher sur un club sandwich de temps en temps, non ? Allez, viens avec nous qui sommes doux et avons le même appareil photo numérique sans même être pédés.

Miyajima_heidi

Ah, que c’est bon, la supériorité technologique. Ou alors, elle est trop futée : qui n’aurait pas pitié d’une fille qui demande aux vieux de passage d’appuyer fort sur le déclencheur de son appareil jetable ? Ça existe encore, sans déconner ? Ça sentait le traquenard, mais je n’ai rien vu venir, à cause de l’odeur des phéromones, ou des daims, ou des deux.

Tel fut pris, qui croyait prendre en levrette. Elle ne me lâchera plus. On rejoint belle-maman Boddicker et la petite belle-sœur. Je commence à me sentir mal à force d’avoir l’autre collée à moi : je veux bien jouer les charmants une heure, mais après, ça me fatigue un peu de sourire.

Ah, tu habites à Ueno, en fait ?

Tu voudrais des cours d’anglais ? Étonnant…et…

Et soudain, devant le télécabine pour descendre, je remarque que la famille a fait un pas en arrière au moment d’embarquer et que je suis seul avec elle dans cet espace clos, au-dessus du vide, ambiance d’ascenseur sans la musique, proximité aberrante, ah pardon c’était ta main, je…euh…

J’imagine comment une levrette sauvage ça doit être rigolo vu de l’œuf de derrière, la cabine ballotant au rythme des coups de fouet de mes couilles sur…ah mais non, ça c’est dans le film.

Ensuite, je reçus un à deux mails par jour jusqu’à ce que partant en Chine et lassée de mes délais de réponse abscons, elle décide de lâcher prise jusqu’à la semaine dernière. À suivre.

Miyajima_Seewead

Back to za city of the flamboyantes bitches

Le retour à Tokyo, c’est aussi un gros stress et une constatation/confirmation : celui que je ne suis plus heureux avec la fille qui m’a amené au Japon. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, autant elle que moi, mais les décisions sont dures à prendre. J’en ai encore mal au ventre.

Back To Tokyo_Shibuya palm

[édit ferroviaire : Oh vache...la fille en face de moi...certaines personnes ont reçu au berceau un don du ciel. Elle aussi, mais ça devait être un météorite dans les dents. Whaou...Elle a de la chance d’habiter au Japon, où le chaos dentaire est largement toléré. Et moi, je pense que je vais rester seul un temps.]

Back To Tokyo_Shibuya gaijin
Le péril gaijin.

D’autant qu’après une petite bataille administrative et linguistique, j’ai obtenu un prolongement de visa de 3 ans.
C’était inattendu, 3 ans ; en janvier, je pose la demande. L’employée me pose plein de questions concernant les taxes et la retraite, et pourquoi ce n’est pas mon entreprise qui fait la demande, blabla.

Napoléon réclame la clim

Je sens son incompétence m’éclabousser comme une pluie de couilles dans une soupe à la courge (ouais chuis un poëte maudit). Mais je n’aime pas les gens qui tapent sur les fonctionnaires par principe, sans rien y connaître. On force déjà ces gens à s’habiller tellement mal que ce serait vraiment trop sadique.

Kannon_poleBack To Tokyo_Rhaaa

J’aurais du, j’aurais pu…Une première lettre me demande un papier que je ne comprends pas. J’y retourne, explique, on me donne une fiche d’instruction avec tant de kanjis dessus qu’au début, j’ai pensé que c’était la version taiwanaise (Taiwan, le pays où la vue passive d’un journal suffit à t’hypnotiser), je la montre à tout le monde et PERSONNE, ni bougnoule blanc ni nipponisthanais de souche, personne ne comprend de quoi ça parle.

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J’y retourne passablement remonté et décide qu’il est temps de justifier le cliché du métèque qui fait peur : en parlant uniquement anglais, en bannissant absolument les mots d’excuse de mon vocabulaire et en sautant par dessus comptoir pour mieux pisser dans la bouche de la vilaine à combo chaussette presse-molets + mocassins mi-talons à fermeture éclair. Enfin, presque. J’ai abandonné, c’était un falot de sexe probablement masculin. Qui me redonne un papier. Et me dit qu’il faut que je show this to za compagny of staff, etoooo, compagny staff, and send back, etooo neee….

- OK, bouge pas, je le faxe immédiatement !

 - Uh ?

Je scanne le texte avec mon téléphone portable de merde dont la batterie dure désormais 10 minutes (au bout de seulement 16 mois, c’est dire si c’était de la qualité pour 84.000 yens, ça m’apprendra à être snob et ne pas prendre un iphone comme tout le monde) et je fais une recherche des kanjis avec google translate, la référence de la poësie absurde en ce bas monde.

Back to Tokyo_shinjuku

Round 2 : j’y retourne.

Bon, tu listen to me, ducon, voilà : j’ai PAS moyen d’obtenir ton papier de merde ; Personne dans mon école ne comprend, Google m’a traité de fils de pute quand j’ai tenté une recherche, la CIA et ses plombiers sont en train de monter une opération pour poser des micros dans mon anus pendant mon sommeil, au cas où, et je crains qu’ils ne soient pas déçus s’ils cherchent des trucs interdits par la convention de Genève, alors you take conscience que JE PAYE TOUTES MES TAXES ET FACTURES tout seul et que je suis un bougnoule du Japon sans tous tes avantages de fonctionnaire à la con.

Shinagawahell_Collon

Alors le gars, qui ressemblait de plus en plus à un ballon de plastique abandonné dans un terrain vague (mou, terne, roulé dans un coin, piteux) me dit qu’en fait après « re-examen minutieux » (c’est le terme pour « feuilleter » chez les gens de sa race) de mon dossier , tout à l’air en ordre et je n’ai plus qu’à attendre ma carte postale la semaine prochaine, promis, juré, j’m’ouvre les veines avec une spatule tupperware si j’mens !

Back to Tokyo_KichiBack to Tokyo_Sancha
Back to Tokyo_Too hot for youBack to Tokyo_Ekiben

Cherchez l’intrus.

Oui, malgré le boom de l’ipad et les toilettes qui te susurrent des mots doux à ta rondelle d’amour quand tu sproutches du chutney comme un bègue indien, c’est un pays qui t’envoie une carte postale pour te dire que ton visa est arrivé.

Ou pas.

Je reçois un papier ambigu : « Veuillez vous présenter pour voir comment qu’il va votre visa et boire un thé à la menthe avec des macroute, des zharbalia et des loukoums, mais pas de cornes de gazelle, ça c’est supplément 2€, mais si tu veux, on fera une partie de domino pour compenser et on se fera la bise en partant ».

C’était alléchant. J’adore embrasser des barbus.

[It’s a trap!]

J’arrive en conquérant, jeune et yuppie, face de connard social 2.0, tête haute mains propres, mode Kenny Powers vs l’administration.

« Bonjour, voilà mon papelard. Ça veut dire oui ou non ? », demandais-je à l’anorexique tronche d’agent immobilier recalé pour avoir trop sucé de pastilles au citron vert.

« – Avez-vous le timbre ? 

-  Oui-da, le voici, sombre gargouille de dossiers partagés, pauvre merdouille laissé pour compte de la technologie moderne, le voici, t’es content ?»

« Remplissez ce papier », rétorque-t-il en jetant un formulaire sur la banque et en allant promener son altière allure de porteur de sac banane Prada ailleurs.

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Back to Tokyo_CoupleBack to Tokyo_Shibuyaaaaaaa

Et c’est là que ça devient formidable : il est 16h35. Le bureau ferme sous peu, et je vois l’autre face de branche de céleri administrative faire le tour des bureaux de derrière, attendant en vain qu’il revienne. Le tour de TOUS les bureaux, et JUSTE le tour : il ne fait même pas semblant de chercher un truc, sinon de perdre le plus de temps possible en musclant ses molets de pintade de bureau.

Back to Tokyo_Shinagawa

Soudain, il revient et s’occupe d’un grand indien qui trainait par là et attendait aussi depuis une plombe. Et ignorant mes regards langoureux de psychopathe en sortie de réclusion, repars avec le passeport de l’indien, pour refaire un tour. En 3 exemplaires.

Le moustachu (tous les indiens ont des moustaches en puissance, c’est scientifique) et moi-même, n’ayant pas eu la malchance de grandir sous une table comme 80% de ce pays, observons son petit footing d’un air assez décontenancé. On discute, en rigole et puis l’Indien l’alpague et moi j’attrape un autre pâlichon qui trainait derrière le comptoir :

« Bon, alors Mister, l’autre employée là, il n’est jamais come back, c’est what ce travail ? j’attends un visa, j’ai all the papers, je can’t see za problem, here’s mon passport, you tell me NOW, please. »

Bredouillage, courbettes, bruitages divers : 4 minutes après, je repartais avec un visa 3 ans.

Thank you, come again !

Voyons les choses en face : ce blog est le désert total, et ce post d’une vacuité abyssale. Il faut que je change quelques bricoles. Mais en attendant, je vais au moins poster quelques photos et souvenirs sans intérêt qui dorment sur le disque dur depuis des mois.

Fukuyama_Assoupi

Puis… TIME WRAP ! Retour un mois en arrière. De la néo-italo-disco (New-York flavor) pleine les oreilles, je suis à la bibliothèque municipale de Fukuyama et j’attends l’arrivée du boss de Drink Cold.

Je pense à rentrer à Tokyo, en espérant que toute la chaine alimentaire des environs ne soit pas contaminée et que la phase de tremblements non-stop des semaines passées soit terminée.

Fukuyama_window to the world

Re-TIME WRAP : Dans le train pour aller à mon boulot, je repense à tout ce dont j’aurais pu parler et dont les photos attestent, mais crains de ressombrer dans le bisounours ou l’autofiction.

Fukuyama_t'es bonne

Dasai is the new Oshare.

En fait, j’ai eu un peu d’autres chats à fouetter que de bloguer les meilleures semaines de ce début d’année 2011, préférant me laisser porter par leur souvenir et m’oublier dans un présent de phantasme paramilitaire, la Kalash de taliban alpin à la main dans Call Of Duty 4, dans l’amitié virile, dans le gros rouge de caserne à 1000yens et le porno éclateur de trous de balles (le leur, pas le mien).

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Boddicker's_PruniersFukuyama_appartements

Le retour à Tokyo a été à la fois un soulagement et une inquiétude, soulagement de retrouver un chez-soi (je viens de déménager, donc) et de sentir que d’une manière ou d’une autre, la vie reprend son cours (une bonne phrase de vieux cul, tiens), sentiment un peu idiot dans le sens où la vigilance baisse et la situation atomique ne change pas vraiment.

Fukuyama_Bye Bye

On mange du chou je ne sais d’où avec Robin et Clarence, assis sur des caisses de plastoc dans les ruelles de Ginza : c’est ça. Tu fais gaffe aux étiquettes, les gaijins apprennent soudain les kanjis des préfectures par coeur, mais après 2 bières tu commandes n’importe quoi. De toute façon, que faire ? Arrêter de manger des produits transformés parce que traçabilité zéro ? Mouais…mais quand t’es crevé, tu achètes tout de même des gyouzas au supermarché.

Boddicker's_Softbank

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Onomichi est une chouette petite ville, très cinégénique, et pour preuve, Madame Boddicker m’apprend que nombre de films ont été tournés ici. Tokyo Monogatari, Toki wo kakeru shojo et bien d’autres.

Ramen+gyoza, montée à l’observatoire, balade dans les rues, parfait pour digèrer la nuit de débauche.

Onomichi_NaranderuOnomichi_Ramen
Onomichi_ShotengaiOnomichi_petite rue
Onomichi_passageOnomichi_ingdong
Onomichi_passage2Onomichi_petite rue2

J’aime bien les villes de construction navale, et c’est le cas. Un chapelet d’îles entoure les côtes et les protègent des tsunamis, ce qui n’est pas sans rassurer ma famille.

Onomichi_pano1_rs800

Shikoku n’est pas loin, le climat est assez clément, ça doit être sympa d’habiter dans le coin, surtout si on comprend le dialecte local. J’avoue que je ne comprends pas grand-chose aux dires des grands-parents de la famille qui m’héberge gracieusement, mais je m’y suis habitué doucement. Sinon, je me suis contenté de faire des tartes et des gâteaux, déjà assez gêné de ne pas arriver à me faire oublier comme ça. On a beau essayer de se faire petit, je suis comme un éléphant empêtre dans les ronces un jardin de bonsaï, ce qui est non seulement une image de merde, mais aussi insultante pour les éléphants. Bref, ils étaient tous très gentils, malgré le bordel qu’est un étranger dans une maison familiale rodée par l’habitude du quotidien.

Boddicker's_RedneckBonjour ! Je dérange ?

C’est foutrement inintéressant, ce post, non ? Heureusement qu’il y a des photos. Pas moyen de me foutre de la gueule des gens gentils ou de casser ce qui me plait. C’est plus un blog, c’est un lâcher de bisounours ! Diabétiques, passez votre chemin.

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J’hésite vaguement…

Que dire de Fukuyama ? Rien. C’est la ville de province par excellence, le genre de patelin que toute personne venant d’une ville guère plus grande méprisera naturellement. Non pas qu’il n’y ait pas tout ce dont tu as besoin : le Japon est un pays assez étonnant puisqu’où que l’on aille, il y a toujours ce petit café sympa avec des Partagas n°3 édition limitée 2006 (un rêve de cuir de cigare, une partouze de saveurs subtiles dans ta bouche), ce boui-boui qui fait des ramen de folie, cette boulangerie qui fait autre chose que des éponges (d’ailleurs, quant à la grosse pénurie de pain de mie dont parlent les médias français, l’explication est assez simple : on a tout utilisé pour éponger le tsunami).

Fukuyama-ku_Ville de provinceFukuyama-ku_café
Fukuyama-ku_sucreFukuyama-ku_café expresso
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Mais dans l’esprit des gens qui n’y habitent pas (ou qui y habitent aussi), c’est la campagne, comme si c’était une mauvaise chose.

Chaussures rouges

En tout cas, le coin donne envie d’y revenir. Potentiellement, en terme d’enseignement et de putafranges aux jambes interminables qui te cassent l’iris en une microseconde, je ne sais pas, mais en terme de tourisme, de qualité de vie, de climat et de figues molles (fou ce qu’il y a comme figuiers), ça l’effectue.

Setonaikai_la jetée

Borgore – Love

Hiroshima_Soleil Noir

Hiroshima, voilà une ville où l’on se sent protégé des radiations. Déjà, c’est très dégagé, on se demande pourquoi. Les dimensions de la ville sont très agréables. L’ambiance est sympa, avec ces tramways, ces longues longues rues commerçantes pleines de cafés, de magasins hypes et toutes ces choses dont Jud vous parlera mieux que moi.

Hiroshima_tramway2Hiroshima_TramwayHiroshima_quais2Hiroshima_shotengaiHiroshima_NYNY

Les Japonais sont un peuple qui ne fait pas vraiment confiance au kiki des hommes. Jacqueline me fit un scandale pas possible, une jalousie terrible face au fait que j’allais à Hiroshima et que je n’y connais qu’une femme. J’aurais décidé de visiter la côte de Fukushima en pédalo qu’elle aurait accepté, mais aller boire une pina-colada avec une femme mariée à Hiroshima, ça ne passait pas. Nous n’avons pas la même échelle de valeurs, visiblement, et que ça soit culturel ou non, ça ne passe pas pour moi. Je l’ai mauvaise.

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Alors « What happened in Hiroshima », finalement ?

Premier jour : Beaucoup d’imoshochu, beaucoup de parlottes et un bon mal de crâne au réveil. Puis, je partais direction Fukuyama, chez Madame Boddicker et Famille. Il fut convenu que je reviendrais à Hiroshima vendredi soir, histoire qu’on se fasse le boule, quand même. Donc, place au…

Deuxième jour à Hiroshima :

Hiroshima_Musée

Le musée de la bombe atomique est extrêmement émouvant, ça te colle un steak tartare de restoroute dans le ventre façon mois d’aout, tu n’y fais pas le malin. Je conseille très fortement, même si ce n’est clairement pas le meilleur préliminaire pour sortir faire la bringue.

Hiroshima_Izakaya_rc

Quelques cafés forts (au New York New York, sympathique café-bistro), campari orange et izakaya plus tard, nous chantons du Donna Summer et du Sade au BrackOut, bar karaoké.

Hiroshima_Jud à l'izakayaHiroshima_brackout

En fait, Jud chante, et plutôt bien…mon voisin de comptoir, nippon-chiffon-carpette, resté dans les toilettes des éternités pour des raisons qui ne doivent pas être bien jolies, quelles qu’elles soient, bref, il doit compter dans les 8 personnes au Japon qui n’aiment pas Sade, puisqu’il décide de balancer un verre dans un coin de la salle, un truc qui siffle à 10 centimètres de nos têtes. Ambiance fermeture de discothèque à Bar-Le-Duc, 6h du matin…La tension monte d’un cran, quand il s’engaste avec le gérant, qui fait environ 20 kilos les jours de pluie et que j’admire parce que non seulement, l’avenir prouve qu’il a des couilles, mais aussi parce qu’il comprend les sons qui sortent de la bouche du crétin-pète-cul-de-verre.
Ce dernier sort en à la hâte pour revenir plus tard particulièrement remonté, accompagné d’un figurant dont on ne saura jamais le rôle exact, si ce n’est dans l’inutilité absolue.

Hiroshima_Smooth operator

Ayant visiblement une dent contre Jud pour une raison qui nous échappe tous (il déteste les Coréens, ça, il nous l’a dit, mais c’est pas exactement comme si on avait la tête de Yon-sama), ça va être festival : insultes, crachat et finalement, il empoigne un verre à pied et le brise sur le comptoir, à 40cm de Judi-chan, qui a juste le temps de protéger son visage et s’en tire avec le choc et un coup de mou, mais aucune blessure.

Yokataaaaa

D’un point de vue extérieur et égo centré, c’est frustrant comme tu restes con quand ça arrive. Il y avait 2 mecs derrière lui, moi derrière Jud, mais le temps qu’il prenne le verre et le pète, ça dure une seconde et tu n’as le temps de rien faire (l’alcool n’aidant personne), même tes mains arrivent en retard pour protéger. Le mec fut empoigné, trainé dehors, je ramassais le pied du verre ensanglanté (il a du bien s’ouvrir, le con) et le figurant s’excusait en nous enjoignant de laisser tomber, « il est malade, vous comprenez ». Noooon ?

La violence a tendance à me faire flipper, mais je pense quand même qu’il aurait pris cher s’il était revenu. En même temps, c’est facile de dire ça après coup.

Hiroshima_hiromarseille, même combatHiroshima_la plaine
Hiroshima-Marseille.

Hiroshima Yokosooo !

Le reste de la nuit sembla presque conventionnel : boire, changer de bar, fumer des paquets de clopes, reboire jusqu’au matin, refumer…La nuit blanche classique. Avec l’option téléphone arabe en plus, tous les barmen appelant le karaoké pour en savoir plus.

Hiroshima_gaijin desepéré

Après 30 ans, j’avoue que les nuits blanches font un peu plus souffrir qu’avant. Surtout le lendemain, quand tu te réveilles dans le bus et que tu es sur un pont autoroutier menant dans les îles après Onomichi, signe manifeste que tu as oublié de descendre à ton arrêt.

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