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Joshibi_Défilé_bande blanche front

J’aimerais pouvoir vous raconter un défilé intéressant comme ceux que peut voir Garance Doré, mais ce n’était pas le même niveau.
Apparemment, pas grand monde dans ce pays ne connais le superbe film de William Klein, « Qui êtes vous, Polly Magoo ? », mais moi, j’ai eu du mal à ne pas y penser.

Joshibi_Défilé_bande blanche

Polly Magoo, c’était il y a 50 ans.

Voire le même genre de coupes, d’approches, de matières aujourd’hui est un peu déprimant. Paco Rabanne et Courrèges auront été « à l’honneur » , avec toutes ces matières plastiques, métaux, trucs qui pendent...Ce qui est intéressant, c’est que ça intègre presque les 30 dernières années de trucs accessibles au péquin armé de sa machine à coudre. Je dis accessible : pas question d’avoir des trucs fins comme du Yves Saint Laurent, hein ?

Joshibi_Défilé_papier alu
Joshibi_Défilé_balotin

Yohji Yamamoto et ses froissés, Issey Miyake et ses pantalons-pagnes, Courrèges et ses doudounes de l’espace, bien d’autres…Pas Bernard Wilhelm ? Dommage, j’aurais bien aimé voir François Sagat, sa tronche de superhéros de la robotique et son sexe de roumain au vent dans une fac de filles aux yeux pétillants…

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C’est pas désagréable tout ça, mais ça reste intéressant au niveau du processus de création national, où beaucoup peinent à se démarquer de leur modèle. J’entends « modèle » par opposition à l’inspiration, qui est partout, tout le temps, dans tout ce qu’on voit et nous plait.

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Par modèle, j’entends que cet amour d’une œuvre va mener à la copie, à la parodie, au tribute au lieu de rester dans la zone de l’influence assimilée dans sa créativité propre. On va essayer de REFAIRE, parce qu’on aime trop, parce qu’on n’arrive pas à prendre du recul par rapport à nos influences, parce que c’est facile, peut-être aussi.

Joshibi_Défilé_podium
Joshibi_Défilé_rang d'oignons

C’est pas juste une histoire de couture, ce comportement, même si ça l’est en grande partie ; ici, pays de l’uniforme, tu t’achètes un chapeau, des fausses lunettes sans tain, des bottines à fermeture éclair à porter avec un pantalon retroussé  ”feu de plancher”, un petit sac à dos et le cendrier portable Vivienne Westwood qui en pend, une chemise à carreaux sur 3 t-shirts et des mitaines italiennes pour faire du pignon fixe fluo.

Ça sera ça, TON style, complètement différent de celui de ton voisin qui a vu la même chose dans les 20 magazines qui montrent la même chose.

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Mais voilà : Ici, il n’y a pas de honte à faire comme tout le monde, le déjà-vu n’est pas du plagiat, c’est un hommage, un cadeau offert à la vue que de te caler dans le sillon d’une identité forte.
Donc, le défilé manquait d’originalité pour moi, mais ce n’est pas dit que les autres en aient pensé la même chose.
Mais certains modèles étaient charmants (un indice pour nos téléspectateurs : double sens inside…)

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C’est pas foncièrement passionnant, mais la section packaging avait visiblement bossé sur un ou deux trucs inspirants troublants de sensibilité.

Voilà une série sur les packs de lait, par exemple. Je pense que pour une fois, ça se passe de commentaire, tellement c’est puissant et subtil. Ja !

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Mes excuses pour le calembour demi-écrémé du titre. J’ai honte.

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Ben finalement, petit détour par le bâtiment graphisme et packaging.

Sans y connaître grand-chose, la typographie est pour moi quelque chose de très attirant. Bien écrire, c’est d’abord l’envie du beau tracé, de la dynamique…L’informatique a un peu changé la donne, mais c’est toujours fascinant.

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Ici, ça commence par une salle à laquelle je ne comprends rien. Yukari, occupée ailleurs, m’expliquera plus tard qu’il s’agit “d’art graphique”. Mouais…J’aime laisser l’esprit s’y balader. Une sorte d’écriture qui n’exprimerait pas de mots, mais juste des émotions ?

Rorschach
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Avant ou après les tests de Rorschach (je sais plus, et le Talisker que je descends en écrivant n’aide pas), petit passage du côté de la mise en page et des affiches.

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Le nombre de photos est conséquent, mais ça ne veut pas dire que tout mérite quelque chose. Peut-être que quelqu’un de plus calé dans le domaine comme Étienne (dont j’aime beaucoup le site) y verra plus que je n’y vois. Donc, c’est un peu « pour archive ».

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Autant je ne suis pas ébahi par les affiches « utilitaires » qui marquent mon quotidien de preneur de train, autant il faut reconnaître que pour les événements avec plus d’envergure artistique,on voit du très bon dans le domaine.

Au niveau de la conception des magazines et de leur mise en page, il faut voir que, comme tout le reste, c’est un immense bizness ici, un marché très concurrentiel, avec beaucoup d’offres et pas mal de demandes également, d’où, à mon avis, une certaine qualité globale.

(cette remarque fait de moi un sale capitaliste néolibéral qui pue, je sais)

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Par globale, j’entends “les magazines avec un minimum d’exigences graphiques”, ce qui exclu une majorité des magazines féminins ou masculins de mode, qui ne sont que de gros catalogues d’uniformes librement consentis et hors de prix (les vêtements comme les magazines, en rapport à leurs qualités respectives).

Parler de domaines qu’on ne connait pas, mais qui nous tiennent à coeur est périlleux ; vos avis de spécialistes sont les bienvenus.

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Une des premières salles du bâtiment comptait les réalisations de la section packaging.
Là aussi, du très cliché comme de jolies séries acidulées, comme celle de Kiri, par exemple.

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Dans le post suivant, il sera question de ce qui sort quand on touche des tétons.

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La section design et architecture semble être sortie du passé, pas tant ses élèves (bonnes, très bonnes, oh my fucking eyes !) que ses profs, dont on devine les tares dans les sujets imposés…

Je vous épargne les salles pleines d’ouvre-lettres en plexiglas et autres projets d’atroces d’assiettes en plastique affligeantes pour tous.

porte-verre

Le seul projet valable dans ce tas de merdes polluantes.

Sans quoi, quelques projets sortent du lot, au milieu. Un projet de cabine téléphonique à domicile comme dans les années 60, genre horreur revival en plastoc mastard BEIGE, exactement ce qu’il faut dans les maisons de poupée japonaises.

Chair phone

telephone de 12kilos

Le genre qui sert vachement pour tout ce temps où t’es seul à la maison et que ni tu ne manges, ni tu ne te lobotomises avec la télé imbécile, ni que tu ne dors. Donc jamais. Bienvenue au Japon.

Alors évidement, s’il s’agit d’un élan volontaire pour se foutre de la tronche du voisin qui a fait un de ces énièmes téléphones désignés comme un concept-car, c’est réussi.

D’ailleurs, qui a dit que l’humour n’avait pas de place dans la création ? L’université, c’est le moment d’en profiter, tu peux rigoler à la tronche du monde parce que ça ne te fait pas encore perdre un demi-million.
Rencontre du 3ème type

Les lampes, c’est Habitat en pire, si ce n’est ce projet de matelas cancérigène parce que blindé de câblage, juste histoire que tu puisses lire Gay Pied tranquille la nuit sans t’esquinter la vue avec une lampe de poche.

matelas lampetrucmuche en bambou

Un lien cause à effet ?

Aussi, un étonnant concept de cibleur de veines pour infirmières débutantes…au moins, ça change. C’est censé rassurer le client aussi, ce dont je doute…

set de picureDes chaises

Soudain, une pièce pleine de chaises en bois m’excite l’oeil; après 3 minutes, j’en ressors avec un mal au cul virtuel, les formes tarabiscotées ayant agacé mon hémorroïde imaginaire.

mal au culLe corbiusier - je t'aime

La dernière salle, le coup de grâce, c’est l’architecture. Le Japon digère encore son amour du Corbusier, et les maquettes en sentent le béton froid sans en trouver la grâce. En même temps, il y a peu de réalisations, et si j’étais callé en archi, je pourrais dire à quoi ces trucs ressemblent.

Neant architectural

Quoique certains ne ressemblent tout simplement à rien. Comme a-t’on osé proposer une telle merde ?

Direction la salle des tissus pour se remonter le moral…

Tableau chamaré

Dimanche 26 octobre, dernier jour pour aller voir l’exposition de travaux d‘élèves à Joshibi, l’université où Yukari étudie la teinture.

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On se retrouve donc à la gare, où j’arrive encore imbibé et me demandant comment j’ai pu boire tout ce lemoncello chez Mamoru la veille. J’essaye de masquer la sueur aigre avec un peu de crème à la griotte de chez body shop, crème qui tourne aussitôt de façon à ce que je sente comme un mélange de Kirsch frelaté et de pot de crème d’avant-guerre pour le reste de la journée.

La fac est à 20 minutes de bus de la gare, mais c’est pas grave parce qu’il est bondé de filles entre 18 et 23 ans. On aura connu pire.

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Grargotte_c

Ça faisait un bail que je n’avais plus mis les pieds dans une université, à en oublier l’effervescence juvénile qui y règne parmi les éruptions cutanées qui s’effacent, la liberté crâneuse, sexy et glauque qui peut y souffler.
Les stands sont partout, ça cuisine et lave des champignons jusque dans les lavabos de la section poterie, des groupes de pseudo visual key en bois qui ne perceront jamais attendent leur tour pour jouer ce qu’ils peuvent, les bâtiments sont en béton brut et on attaque par la peinture.

Le tigre, ouais

Oh putaing la cong de ta mèèèèère ?!?! WTF ?!

Alors attention, la peinture japonaise, toutes tendances confondues, ça peut faire mal.

Je ne suis pas fasciné à la base par les canons de la peinture classique, ni par les estampes. Un truc m’échappe, dans les couleurs, la perspective chamboulée…mes yeux semblent trop occidentaux, et les leurs définitivement en travers.
Après, faut voir au cas par cas : certains sumi-e sont bouleversants, des « rouleaux » (aucune idée du vrai nom) pareils….Mais pour les œuvres contemporaines, je pense qu’ils ont une propension innée à produire et triper sur des croutes.

Regardons ces œuvres, gavées de pathétique figuratif, clones poussifs d’artiste reconnus et surcotés ou non, hanteurs de FIAC ou ex-chouchous de François Pignon, tout ça.
Là où le contemporain chinois semble gavé d’idées neuves, le japonais universitaire vu ce jour peine à s’échapper du prout-prout. La preuve :

Monstruosités picturalles

Oh.My.God.

(livré avec un gode-ceinture si tu achète les 3…2 fois plus de plaisir pour tout le monde…)

Illustration à l'huile

Quelques peintures utilisant des techniques plus intelligentes

s’en sortent vaguement, mais honnêtement, c’est plus proche de l’illustration que de la peinture. Loin, très loin de vouloir dénigrer l’illustration, un art extraordinaire, mais le but n’est pas le même.

絵画

かいが ・ kaiga ・peinture

M’enfin, je suppose (Baptiste, tu m’arracheras les burnes une autre fois, OK ?)

pôtableMilitarisme sur toile

Contraste…

Le bois, le métal, le verre, la poterie, autant de domaines qui auraient pu être passionnants, mais dont on ne peut pas garder grand-chose. La verrerie glisse trop souvent dans un imparable kitsch de bibelot, et ce n’est hélas pas une coïncidence, comme l’expression sur la face des artistes en herbe le montre.

Verrerie

Comme bien souvent, on voudrait échapper aux installations contemporaines dès qu’on voit la première, ses matières ineptes et pauvres, ses messages incompréhensibles sans exégète torturé à veston de velours élimé (checke les patchs aux coudes ! Ouéééé) , ses couleurs de merde, une constante internationale.

Joshibi_emokids qui discutentInstalation en bois

Pourtant, quelques instants, on laisse son imagination vagabonder dans ces cages d’escaliers triangulaires tendues de vinyle violet. Pas forcement original, mais efficace.

Cage d'escalier tendue
Direction la section design et archi.

Parlons peu, parlons de cul.

Le pauvre

Rhaaa, le pauvre.

Cooked Asses

Prononcé à l’anglaise, ça ne manque pas de prestige. Langues de chats pour culs encore chauds, ça sent le titre de film 80’s, ça.

Vierge dans le cerceuil

Soit elle est grave vierge et on peut imaginer qu’elle le restera, soit c’est de l’anglais et on peut imaginer qu’elle le restera aussi, pour très très longtemps*

*(sauf en Suède, si un groupe de black métaleux aviné passait par là et décidait d’offrir son hymen à Odin, mais c’est un autre problème).

Après séchage, l’appareil marchait encore…

Naeba_matsuri

Rentrez vite, y’a un gaijin dans les rues !

Naeba_petit matin

Naeba_Hvala_c

Blindés de vin ouvert à l’arrache, de bon nihonshu et de bières tiédies, la pension du père de Shiori ressemblait à un 4 étoile, s

i ce n’est que je ne comprendrais jamais l’envie des Japonais de s’agglutiner, y compris pour dormir.

Je pensais naïvement que c’est la surpopulation et le manque d’espace qui organisent l’espace japonais.
Qué chi ! Toutes les excuses sont bonnes pour se retrouver les uns sur les autres: ici, il fut décidé de fermer une des 2 pièces jouxtantes pour ne dormir que dans un seule, au plus près possible des haleines avinées, ronflements aigus, relents gastriques et pieds champignonés des uns et des autres. Peuple SM.

La pension est un vieux bâtiment en bois et tôle, dans le plus pur style païen-cheap de la campagne d’ici, mais avec un côté familial sympa et une décoration entièrement consacré au ballon, national ou non.

Dès l’entrée, un drapeau de supporters croates annonce la couleur. Des photos de joueurs, des drapeaux dédicacés, des poignées de main sur pellicule, des affiches et des posters suivront.
N. B. : Penser à envoyer une écharpe de l’OM au papa lors d’un prochain voyage….

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Réveillé à coup de cor français et hurlements de kendo-ka (une station en été, ça rentabilise avec des stages, séminaires, etc.), on fait un petit « suicawari » avant de repartir.

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Il s’agit d’un cassage de pastèque avec un bâton tout pourri sur une pauvre bâche en plastique, après quoi faut se jeter sur le fruit éclaté et le bouffer en s’en mettant un max dans les oreilles, mais vite,

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avant que le chien qui pue sa race ne lèche tous les morceaux, chose qui me dégoute rien qu’a y penser, mais ne gène personne ici, le chien étant l’égal de l’homme voire plus.

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“Casse-tooooaaaaaaaaaaaa !”

Un peuple qui idolâtre les chiens mérite les foudres de l’Éternel. Can’t wait for the next earthquake….

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Après quoi, on promena, vu la matsuri-crew locale porter un trucs de 20 tonnes sur leurs épaules meurtries mais le cul bien aéré à travers les immenses rues et avenues désertes, plus habituées aux bus qu’autre chose.

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Arrêt au stand dés légumes pas chers et retour pendant des heures et des heures d’embouteillages à jouer à shiritori, avant de prendre le train avec des kilos de pastèque, patates, pommes et autres jus de fruits dans les sacs.

Couchez ! sale bête

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Alors qu’il commence enfin à faire froid, remémorons-nous l’été et son farniente, que nous fuyions pendant ce week-end du 15 août pour aller à Naeba, dans la préfecture de Gumma, station de ski et peu accessoirement lieu du Fuji Rock.

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Ben voui, en gros pigeon naïf que j’étais, j’imaginais que le FUJI rock, c’était au pied du mont Fuji.  Que dalle : c’est pour dynamiser un des trucs des plus tristes qui soit, une station en été : béton baveux, désert humain, plastique criard affadi par le soleil blanchâtre, entretien zéro, herbes gangrenant un goudron comme des touffes d’hirsutes poils de culs chez la hardeuse en pré-retraite blennorragique, bref, ça me déprime.

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Mais la campagne, c’est aussi le bonheur de boire une bière au bord de l’eau (très) fraiche du torrent, de crapahuter dedans avec les tétons durs comme ces dégueulasses chocolats Hershey qu’affectionnent tant les nationaux, de se plonger la carcasse dans les remous de la petite cascade d’eau cristalline qui titille le tympan comme la plume le rectum, de rivaliser de fierté sur des trucs aussi fondamentaux que les ricochets, la capacité à sauter de pierre en pierre comme un bouquetin de zoo en surpoids, etc.

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Le retour en enfance.

Après quoi, ta copine fera tomber l’appareil photo dans l’eau, et tu seras vert, pas seulement pour ça, mais surtout pour ce qu’elle dit, « c’est pas grave, j’en achèterais un autre, c’est pas si important » vraiment trop capitaliste-japonais pour que tu l’acceptes.

“Bon, ça va, là, c’est bon quoi… “

scrogneugneureu-t’aurais pu faire gaffe putainnguuusueuuugneuugehhgjhfj pays de sales bourgeois-ghenehndejf….

“Comment ? Non, rien…”


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Alors pas de photos du soir, de cette matsuri où tous ont dansé le “bon-odori” , de toute cette petite ville éméchée en yukata, criant des « Oh! Ah! » comme Dschinghis Khan pendant le feu d’artifice, de la tombola où tout le monde gagnait quelque chose, du père de Shiori, sorti de nulle part mais rond comme un coing, grillant des saucisses avec ses voisins, assis sur des cagots de plastique, le barbecue posé dans la rue.

Naeba_bbqNaeba_couloir

Avant, nous avions préparé et englouti des kilos de viande, de poissons, de saucisses faites maison, de légumes mal cuits et autres délires alimentaires classiques, le tout en déclenchant 2 fois l’alarme incendie de la bicoque (paye ton futur cancer pour cause de bœuf persillé brulé).

Naeba_eau

Portaits_rouge hagard

On ne peut pas être tolérant pour tout, et d’ailleurs, la tolérance, y’a des maisons pour ça, comme disait mon vieux et vénéré prof d’allemand, M.Gérard Pistre, qui parlait si bien de Schiller qu’aux commissures de sa bouche asséchée par la passion et l’accent biterrois naissait de petites quenelles de substance blanche, miction désormais sèche qu’il chassait d’un coup de doigts, provoquant notre effroi qu’il puisse poser une main bienveillante sur notre épaule alors qu’il passait dans les rangs, venant du fond.

Mais qu’est-ce que vous avez toujours besoin de vous retourner comme ça ?

La passion, la bave et l’effroi, on y aura eu droit ce mardi soir où j’arrivais à annuler 2 leçons pour voir le concert avec Chiaki et Akage.

Pour ce qui est d’Akage et de sa face rousse et filandreuse de pirate cosmopolite, je ne me fais pas de soucis.Il avait une casquette d’une couleur incertaine, ça protège et donne un vague air authentiquement “crust-à-chiens” au personnage, alors que moi je suis franchement “crust-de-salons”.

Mais là n’est pas la question : il écrit bien, faut lire son ancien blog (parce qu’il n’a encore presque rien écrit sur le nouveau) et remarquer qu’il fait de bonnes photos avec son appareil à 15000 (ça c’est moins crust, du coup…). Et en plus, il est sympa ! Que dire ?

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Chiaki, s’il lui arrive d’être moins sympa quand un truc lui déplait, s’est très bien tenue. Personne n’a été blessé.
D’ailleurs, avec les barrières de sécurité, je ne vois pas trop comment c’eut été possible. D’aucunes sous-merdes ignorantes de tout parmi vous l’ignorent surement, mais la vocation éducative de ce blog va vous sauver : un concert de hardcore n’est pas censé intégrer la notion de « barrières ».

L’idéal est que le groupe joue dans la fosse, ou plutôt sur l’absence de scène, avec une proximité/promiscuité directe du public qui casse son matos, tire le micro à lui pour brailler lui aussi son amour de ta maman et son rejet du capitalisme opprimant les masses laborieuses, marche sur les pieds et les pédales du groupe, te colle de toute sa sueur en bougeant hors rythme, mais essentiellement de la tête, mais sans ces cheveux ridicules des gens qui aiment les solos de guitare.

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Bon, en même temps, c’est fini 1988, et une scène peut présenter un certain confort, à la fois pour le public (nombreux) et les musiciens (pareil).

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Mais comme sur TF1, avant de parler de musique, parlons d’argent :
Déjà parce que le prix du concert est traumatisant : 6000yens les 4 groupes, c’est trop. Certes, la salle est (froide et) classe, mais je doute que les groupes soient vraiment tant payés que ça.
Après être descendu l’escalier, ça piétine. Pourquoi y a t’il 2 files ?

L’une, vide, mène à la salle.

L’autre, où ça bloque, mène à la distro, où tu peux acheter les CD, DVD, t-shirts, sweats, badges, auto-collants (il est pas né le groupe à qui j’achèterais un autocollant !) avant même le concert, pour te déguiser en fanboy. Très punk, voui !

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Heaven In Her Arms ouvre le bal : puissant, racé, énergiques, mais un set froid comme un cercueil sans doublure satin. Introverti et massif, le public fait de même.

Étonnamment, ma copine ne fuit pas : c’est pourtant son premier concert du genre, elle est loin de partager mes gouts musicaux (nous ne nous connaissions que depuis 3 jours qu’elle me prêtait un disque de MrChildren, c’est dire) et je ne pense pas que la vue du hxc-fashion-show (t-shirts Born Against, badges For The Living, tout ça) ne l’impressionne plus que ça. C’est la magie de ces müzikes : le live change tout.

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Arrive Z, avec un long discours pour dire qu’ils sont hyper super méga trop contents, mais avec plein d’explications en plus.

En fait d’ « ils », c’est plus « il », l’omnichanteur-clarinetto-saxophoniste (ouais, les deux en même temps, no shit !), accessoirement comédien-mime-onirique-tragédien-grec à ses heures, et c’est pas les heures qui manquent.
C’est pas foncièrement mauvais, mais c’est juste qu’ils ont trop de chanteurs (oui, un seul, mais il compte pour 20) et qu’ils ont un peu de mal à se situer musicalement (je manque de références aussi : Victim’s Family+ Les Favy Fav + Cerebrus Shoal ?) et que leur bassiste ressemble à un grand singe. Sinon, tout va bien.

Zed_clariflou2Zed_clariflou1

Ah ouais, ils ont 2 batteurs, mais ils arrivent à peine à la moitié de la puissance de celui de Catharsis. Dommage, ça aurait pu être intéressant.

Envy_long vert
Envy_long rouge
Envy_long bleu

Le chanteur d’Envy n’a pas grandi depuis leur passage au Chochol Sporting Club Granettois (c’était quand, merde ?), et leur musique passe désormais à la télé, mais ça reste de la balle. Certains se fatiguent des grandes montées en puissance, moi pas.

(Par contre, les clones se multiplient un peu trop dernièrement, dommage…)

Set puissant, maitrisé, émotif. C’est bien, mais ça reste un peu sage.

Portaits_regarde le ciel

Portrait of Past, ça m’avait un peu gavé d’entendre parler d’eux à l’époque d’HeartattaCk, parce qu’ils servaient sans cesse de référence pour chroniquer d’autres groupes, mais finalement, c’était bien bon : c’est plus subtil que ça en a l’air, moins chiant que ce que ça pouvait laisser prévoir, bien rock’ n’ roll sur les bords (ne serait-ce que les fringues des guitaristes, Chemise à jabot vs. Gilet de croupier mod).

Assez moderne, contre toute attente.

Portaits_guitarmods

Voilà, veni, vidi, acheti des t-shirts finalement aussi, puis retour à la zonmé. Yo.

Soirée Ebisu_pedro autumn

C’était y’a quoi…un an ? Encore un de ces anniversaires anonymes, dans un café gentiment anonyme aux tuyauteries anonymement peintes en blanc.

Le genre où tu sais plus qui invite, et inévitablement y’a une fille avec un chandail rose saumoné qui tire la tronche dans un cercle d’un mètre autour de la personne à qui t’as demandé ce qu’on fout là, au juste. C’est elle. Tant pis, faut encaisser.

Soirée EbisuSoirée Ebisu_Yusuke la sape

Beaucoup de jeunes, beaucoup de beaux. Les yeux se croisent, ça chauffe de l’oeil tout en se cachant dans son groupe et sa banalité conversative, scotchée dans le confort distant de la banquette.
Moi aussi, je mate à décoller la rétine alors que Yusuke n’arrive pas a faire la mise au point sur les culs qu’il entend photographier avec mon appareil. Fallait amener le tien, poulet, le mien vaut rien au dessus de 400 asa.

Je suis le seul blanc, ils sont près de 100. Dont ma copine. Fait pas le con.

Soirée Ebisu_gin tonic

Les gin-tonics s’enchainent et je le deviens aussi, je suis comme un rappeur à la petite semaine qui sourit en trouvant sa rime riche qui déchire, « ouech, chuis tonique dans mon jean, hinch ! », avant de devenir la risée des potes de la MJC le lendemain.
Moi aussi, je souris…je souris du sourire idiot de ceux qui sont observés, mais à qui personne ne parle, du sourire forcé de ceux à qui finalement on parle mais pour ne rien dire (le gaijin bavard, un mythe durable), du sourire de celui qui voudrait évaluer du doigt le coefficient de perméabilité rectale de ses maudites porteuses de mini-jupes qui ne se détachent JUSTE pas assez pour voir, mais tout de même trop pour ne pas espérer. Je souris parce que…

Soirée Ebisu_Banc de fletans

T. parle à tout le monde, comme d’habitude. Avec une aisance déconcertante, il virevolte d’un groupe gloussant à l’autre, distribuant les cartes de visite sous l’oeil soudain réprobateur de celles qui ont senti le renard. C’est d’un ringard, neee ?

T. viens me chercher : “Tu vois la fille, là-bas ? Elle aimerait bien LE faire avec un étranger, elle n’a jamais essayé avec un Européen. Tu viens ?”

T. draguouille la bonne copine dont les yeux lui envoient des fax comportant la mention « BREDOUILLE » en gras, italique, souligné, surligné, mais T. ne vois rien.

Moi je n’entends rien, ne pense rien. Même pas à cette anodine et vague mignonnette avec qui je mène un bout de conversation hygiénique, pas même au petit cul sous la robe rayée, ni à l’expression de son visage si elle jouissait, rien. Je ne suis pas assez Houlbecquien, j’imagine.
Je reste juste éxitonné (ou etoxité, c’est selon…on n’est pas à un néologisme près) par l’approche, le contact direct, attends je te donne mon numéro, à bientôt, hihihi.

Soirée Ebisu_pablo et chéplu

Pourquoi ? Parce que j’étais le seul ? Parce qu’elle avait chaud ? Parce que, c’est tout ?

Quelques mails plus loin, le contact s’effiloche et disparaît, comme l’excitation des premiers jours, happés par le rythme de travail qui ne laisse pas de temps pour se voir. Les horaires, les trains, les aléas…C’est mieux comme ça.

Parce que de toute façon, j’ai pas les nerfs d’avoir ce genre de plans.

Le quotidien vainc.

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