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Summertime_rs

Pas une bouse mais pas le cœur du poulet non plus, un film léger et regardable si on est bon public sur la comédie pour teen-agers japonais, style légèrement atroce sur les bords quand on y réfléchit.

En fait, l’humour japonais tout court, c’est souvent atroce. J’aurais envie de dire “pour un Occidental“, histoire de rationaliser et de passer moins pour un nazi, mais en fait non.

Si vous n’en êtes pas convaincu tout seul, vous êtes un con de hippy fan de naruto japanophile beat bouffeur de cup-ramen et vous serez tondu à la libération, à moins que vous ne lisiez ça + l’intégrale de Kenzaburo Oe pour demain midi, pétantes.

Après quoi, revoyez STMB comme une histoire qui détend le cerveau, riez aussi bêtement que moi devant les quelques bons gags du film (c’est rare et mérite d’être signalé), et amusez-vous a faire des EeeeEeeh ?” de surprise feinte devant le montage astucieux du film.

Musique honnête, acteurs pas trop insupportables (à part “Mr.Vidal Sassoon“, que je peux pas blairer)…C’est léger comme le scénario (qui tient sur un demi-cheveu de Jeanne Mas), ça se laisse voir.

Vague histoire :
Le club de science-fiction du lycée est en émoi parce que la télécommande de la clim tombe en panne. Survient une machine à remonter dans le temps, solutions idéales, mais…

2,5/5

Vivre dans la peur.

Sebastein Tellier II rs

Malgré une photo très ”Action Directe” et un titre à mi-chemin entre le film de Kurosawa et un bouquin new-age à la con, c’est un essai bien académique en 3 parties, mais sans annonce du plan (-2 )


Il y a beaucoup de choses bizarres dans le fait de bloguer
et de lire les autres blogs. Des interrogations sur le pourquoi mais aussi le comment: Pourquoi écrire, pour qui, de quoi ?

1 – Depuis que je suis ici –soit environ 1 an et un mois-, j’ai eu l’occasion de passer quelques entretiens d’embauche, pour…manger survivre, rassurer ma copine et faire comme les autres. Pas beaucoup, en tout cas, d’où un certain nombre de soucis.

取り乱す

とりみだす ・ torimidasu ・s’affoler , paniquer

Il y a quelques mois, je paniquais : pas possible d’obtenir le visa escompté (par mon resto, le dossier ne passant pas faute d’expérience), donc peu de solutions pour rester au Japon :
- Devenir clandestin (a.k.a. bosser beaucoup pour un siège éjectable et aucun avenir…ou comme le disait Akhenathon avant qu’il ne décide de transformer sa bouche en usine à vacuités rentre-pognon :

“J’évoque une existence pathétique
Dix balles en poches par mois, dis-moi, c’est ridicule
Tout comme tafer comme un clebs pour un bosse qui t’encule”

- Devenir étudiant (a.k.a bosser que dalle et augmenter mon japonais… en dormant sous les ponts.
- Devenir marié (a.k.a. bosser comme un con pour payer un Vui-thon à ta femme qui te tient par les couilles…)
- Devenir autre chose : trouver dare-dare un travail visatifiant (la classe, ce néologisme!)

Ciel gris

Chiaki refusant de se marier (c’est rare : c’est censé être le rêve de toute femme de ce pays), l’argent faisant défaut pour le reste, j’ai passé quelques nuits blanches, eu quelques sueurs froides et harcelé le Tout-Tokyo des écoles de langues et importateurs de vin, deux créneaux qui me semblaient susceptibles de marcher.

” - Et les boîtes de consulting ?”
[me demande Philippe que je remercie en passant.]
- J’ai essayé East West jadis, c’était…bizarre…
- Ah mais c’est les pires, c’est bien connu !
- Comment ça, “connu” ?”

Après quoi, j’ai rencontré James, qui travaille dans le domaine et qui me l’a dit encore. Ah, c’est connu ? Mais de qui ?


Entre temps, j’ai touché la terre promise, Dieu me tripota dans mon sommeil (comme le révérend père du collège Jésuite le fit pour mon père, maudite Belgique ! ) et Manu m’appela, après quoi ce fut Michel, et j’ai donc le visa ET le travail pour l’instant…je croise jusqu’aux doigts de pieds en mageant du pain azyme tous les jours pour les garder (les job et visa, mais aussi les orteils) et croise même les cheveux pour l’appart que je cherche encore.
Je dors à nouveau après mes journées de servile esclave de l’économie locale et si jamais je ne dormais pas, c’est à cause de cette fichue saison 4 de ReGenesis et pas parce que je me tape du mailing de CV trilingue toute la nuit.

御目出度

おめでとう ・ omedetou ・félicitation , bravo

Oui, omedeto. Merci !
Mais la question qui me retravaille, du coup, c’est l’autocensure.

vivredanslapeur2 – Les blogs des francophones parlent peu de leur travail, ce qui concentre pourtant une majeure partie de commentaires naïfs des aspirants à l’exil nippon dont je fus aussi. Manque d’intérêt de l’auteur pour le sujet ? Envie de ne pas dévoiler sa vie privée et de se concentrer sur l’essentiel (comme le vélo et les parapluies, 2 dangers publics locaux nécessitant sûrement des articles de 800 mots) ?
C’est pas la chine : en chine, t’es tranquille parce que victime. Ici, tu choisis de t’autocensurer.

Histoire de taper sur un truc facile, un exemple : après l’entretien d’East West, j’avais envie de poster sur cette expérience. Je ne savais pas quoi en penser, mais pas grand-chose en fait…sauf un certain sentiment de pantalonnade. Je ne poste alors pas parce que…j’ai peur.
Peur de quoi ? De ne pas avoir le travail, d’être cataloguer “connard que vous devez éviter d’embaucher” : alors que personne ne lit ce blog, on imagine toujours un mec de l’entreprise en train de googlizer votre nom. Et d’ailleurs, j’ai souvent mon nom dans les sujets de recherches des statistiques du blog. Qui donc, alors ?

Au début, je réfléchis pas, j’attends la réponse. Je relance. Rien.
L’envie d’écrire s’estompe, on passe à autre chose.
Maintenant, je repense à l’entretien, chépluqui me dit qu’ils ont un gros turnover…Avec le recul, je pense que si on pouvait lire quelque chose là-dessus quelque part avant d’aller voir des gens faire du speed dating d’entreprise et vous réciter le contenu du site web en 12 minutes, ça serait déjà pas mal…

Savoir qu’un Français va vous faire un exposé en anglais pour vous évaluer sans vous en laisser placer une est intéressant aussi.

Ah mais j’ai compris : c’est ça la compétition : impose ta parole, crève lui les yeux, grimpe au sommet brandissant son oesophage arraché d’une main vers le ciel rempli de néons de cabinet de consulting et de lumières tamisées d’izakaya pré-gerbi de station de métro (attention aux Weston, n’est pas Roland Dumas qui veut).
Mais c’est pas très passionnant ni spécial, au fond.
Children of israelCe qui m’inquiète plus, c’est que je n’ose toujours pas parler des autres recrutements : Dans un élan de paranoïa de type sémito-schizostalinien, j’ai les angoisses virulentes, je m’imagine déjà mouton noir, qui balance et ne trouvera donc plus de travail “sérieux”, ferra donc des baitos jusqu’à épuisement, après quoi sa copine le larguera par qu’il ne pourra jamais payer le Gucci quand même et qu’en plus ils ne se verront plus, elle qui justement se fait tourner autour par le cadre sup de sa boîte, qu’elle épousera pour sa carte bleue et qu’il ne touchera plus après qu’a la suite d’un viol a peut prêt consenti, elle tombât enceinte, après quoi elle sera une mère et il rentrera avec le dernier train en transpirant le shochu et le nichon de collégienne qui rit même à ses blagues les plus pourries - à 20,000¥ de l’heure, tu me diras, manquerait plus qu’elle ne le fasse pas…Parce que je vais te dire, les femmes, c’est…blabla…

Science occulteEt moi, dans mon coin, après avoir été licencié aussi de mon travail de nettoyage des rampes d’escalier roulant du métro toute la nuit, je ferais du Tai-chi avec les vieux dans le parc le matin, jusqu’à ce qu’on me fasse comprendre que ma petite maison en carton dans le parc a pris feu, après quoi je dormirais dans le toboggan- poulpe en béton dans lequel je vomirai mon saké en tétrabrick et ferais peur aux enfants en exhibant mes parties intimes.

Mais je suis plutôt optimiste, en fait.

We have no holiday mother fuckersfalling_down

3 -Ormeta sur les écoles de langue : Le working holiday est un kleenex, une marchandise jetable…Tous pleurent sur la situation d’il y a dix ans, à croire que personne n’a fait ni histoire ni sociologie, j’ose pas dire philosophie et j’en suis à me demander si certains ont fait des études tout court, à rabâcher comme ça sur la notion d’âge d’or ou les français étaient peu nombreux et les écoles aussi, du coup. De toute façon, ils étaient dans les premiers. Ha !

自慢

じまん ・ jiman・orgueil , vantardise

“Mon école c’est la meilleure, c’est pas l’usine, ici on est exigeants, qualifiés…”Quand s’arrête la fatuité ? Toujours pas de nom, mais juste les boules…

Je ne fais plus de visa de travail. Les Working Holiday arrivent chaque année, alors je sponsorise les indispensables, et encore…[…]

N’importe quelle femme d’expat’ donne des cours, à domicile ou dans les centres bénévoles, elles sont désœuvrées et elles ont envie d’argent de poche, de faire des contacts, on les comprend, mais…ça nous casse la clientèle, c’est fini l’époque où…[…]

Nous, on donne les meilleurs cours possible […]Comment ça, qu’est-ce que vous entendez par “suivi des élèves” ? […] Le système est simple: y’a des élèves, vous travaillez, et sinon…ben…ça marche comme ça : je vous appelle mardi et on fixe vos horaires du mercredi. Puis, mercredi soir, ceux de jeudi, etc. Je réorganise la grille chaque jour”.

C’est juste un aperçu des choses qu’on peut entendre.
C’est un microcosme et je pense que je ne me fais pas de film sur leur connections : tous se renseignent pour savoir qui vous a fait le visa, combien vous travaillez chez eux, quel livre/méthode, combien d’élèves…parfois c’est gentil et parfois ça pue le nid de vipères, le rotary club des langues de putes, clinquant, cliché, nourri au “on est au top” mais “c’est la crise, nous n’embauchons pas en ce moment”.
Certes.

shibubuCouloir de la mort

Au final, pourquoi en parler si c’est pour ne citer personne ?
Si, je vais citer, dans un article suivant, ceux qui m’ont paru différents, et pour qui je travaille en grande partie.
En attendant, c’est vrai, silence sur ceux qui s’enfoncent déjà très bien tous seuls, sur ceux qui n’ont pas besoin de se faire de la pub sur mon dos si parmi les 100 lecteurs (plus ou moins) de ce blog, il s’en trouvait un qui veut faire un procès pour diffamation (ça existe au japon, ça ?).

Et toujours la peur de se griller auprès de toutes les écoles, qui aussi antagonistes qu’elles soient, se retrouvent souvent par des connexions indirectes et dans un mélange de mentalités japonaises (tu acceptes ou tu peux rentrer dans ton pays da ne ?) et expatriées (crache dans la soupe mais pas la mienne, parce que j’ai des amis pour te griller, tu sais ?).

À suivre.

Noroi (Japon, 2005)

Noroi_rs

Ça semble cliché à résumer : on a retrouvé la cassette vidéo de  Masafumi Kobayashi, qui enquêtait sur les phénomènes paranormaux  et a disparu depuis l’incendie de sa maison dans  lequel  sa femme a péri, etc.

Cliché aussi en apparence, la forme : une cassette vidéo montée pour le commerce, avec de la mise en scène de très cheap, des extraits d’émissions TV, de la caméra à l’épaule, de la dramatisation

呪い

のろい ・ noroi ・malédiction

En fait, c’est très sympa.
Ça ne fait pas excessivement peur sur le moment, mais c’est jouissif par l’exercice de style.

Soit c’est excessivement bien foutu, soit l’acteur joue vraiment comme ça et c’est grave, toujours est-il que ça fonctionne a fond les ballons : Le coté “je me mets en scène dans mes propres cassettes” permet de filmer d’une manière interdite dans le cinéma, avec des flous, des saccades, du n’importe quoi en grain d’image, du mauvais goût assumé en musique tapageuse, de la VHS, des images fantômes, des ralentis pourris, des gros plans sur des visages crétinement expressifs

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Et aussi des personnages savoureux ou truculents (oué, j’lai placé !), comme ces énergumènes savant de village de dégénérés retraités qui ont toujours 2 magnétoscopes pour faire des copies, ou ces mères au foyer, amies d’enfance qui n’ont rien à dire mais sont ravies de l’exprimer devant la caméra…

Et surtout, un fabuleux médium tout vêtu de chiffons recouverts de papiers d’alu, une vraie psychose en puissance qui joue vraiment super bien.

noroi2

C’est un peu un pendant pas drôle (enfin, volontairement sérieux, plutôt) à Trick, le film comme la série, avec ses péquenots superstitieux des montagnes, ses malédictions millénaires et ses danses folkloriques d’éloignement du démon mais-forcement-la-danseuse-(fille-vierge-du prêtre)-s’écroule-en-gémissant-sous-les-convulsions-etc. Le grand classique, mais avec la classe.

L’esthétique est bien foutue, avec ses tricotages à la con de fils divers et variés, ses pigeons suicidaires et ces psychosés du quotidien.

noroi1

Et c’est là qu’est la vraie angoisse du film, si on habite au Japon, du moins; le lendemain matin, je me réveille…8 pigeons sont posés sur le toit de tôle d’en face… ça rappelle un truc.

En sortant, dans le parc d’en face, un gamin se cache dans un coin… les maisons sont du même genre… le même ballon dégonflé et blanchi par le soleil… les mêmes volets de papiers, déchirés et jamais remplacés.

La maison qu’on démolit, et la tractopelle a butée sur une grosse pierre…Argh…

Franchement pas trop mal : 4,1/5

Mieux

Au Japon, les accents sont une vraie passion typographique. Pas de gateaux, des gâteaux : on n’oublie pas les circonflexes.
À défaut, on met des accents là où ils n’ont pas lieu d’être, prouvent encore une fois qu’en effet, le mieux est l’ennemi du bien (ça y est, je viens de rentrer dans le 3ème âge avec cette phrase, uh uh …)

Nb. C’est amusant de voir combien c’est répandu dans le paysage urbain, alors que c’est la misère à faire avec un clavier qwerty.

Lycee

Je jure que je n’ai touché à rien, c’était tel quel dans une pharmacie de Chofu

Mushishi (Japon, 2006)

Liens IMDB

a.k.a.Bugmaster

Ça s’annonçait bien : Odagiri Joe (belle gueule du cinéma nippon et accessoirement pas mauvais acteur) + Une adaptation d’un anime/manga assez atypique + Otomo Katsushiro à la réalisation (précisons pour les imberbes de la culture pop japonaise : l’auteur-dessinateur d’Akira, entre autres).

Synopsis rapide :
Notre héros aux cheveux blancs (comme dans le morceau, que vous pouvez chanter aussi à condition d’avoir un balais espagnol sur la tête) voit les ectoplasmes des forêts qui tourmentent les hommes…il se trimbale une caisse de bois remplie de poudres de perlimpinpin pour les guérir, ou autre chose, après tout le film reste évasif…aussi bien il y cache ces godemichés en jelly violette assortis de poils de brosse à dent vibrants si chers aux érotomanes insulaires locaux.

Bref…C’est pas un boute-en-train, et il rencontre des gens qui suintent de l’oreille sans écouter Van Halen, qui ont les cornes qui poussent sans même avoir de conjoint et qui ont des tatouages amovibles bien mieux que les sales trucs cancérigènes au henné pourri, salamandre de l’aine ou papillon des reins, tribal des plages et kanji à l’envers…passons.


Mais chaque héros se doit d’avoir une enfance difficile
, et un présent frappé du sceau du destin, patati-patata.

L’image est léchée, la musique discrète et donc sympa, le jeu pas mal, l’histoire pas inintéressante…voilà tout le problème. C’est pas seulement fade face à l’anime, c’est un peu fade tout court: pas de gros morceaux de bravoure.

Visuellement, c’est bien quand même, faut dire ce qui est : ultra graphique, très “animation” dans les découpages. Mais le jeu d’acteur est sans grande conviction hélas : ça assure le steak, mais pas sur la garniture…quoique vu le coefficient de verdure du film, mon image tombe à l’eau (croupie et hantée comme de rigueur)…C’est un peu le Cinéma Flunch : des trucs pas dégueu à volonté, plutôt équilibrés, mais pas le souvenir mémorable.

Peu de relief, dommage…le film est agréable mais l’attente plaçait la barre plus haute. À voir avec un œil vierge, ça doit être bien. 3,76/5

Liens : IMDB + Bande annonce

Les clefs de la ville

Quand faut finir, faut finir…patience, plus qu’un post et on repasse à la normale insignifiance du quotidien bloguifique…Fini les titres de posts qui sonnent comme de noms de groupes émo…Youpi…

Contrairement à Crystal Waters qui me marave le cerveau depuis quelque temps, destination non pas la Calabre mais Lyon, la ville ou les MC jactent vite, comme le disent le grandiose Cassus Belli, prix Nobel d’honneur catégorie “le ridicule ne tue pas (mais presque)” .

Oui, il est pas seul, et oui, c’était pas plus la peine d’enfoncer les néo-riches du recyclage d’accordéons bling-bling que les faux pauvres nostalgiques d’un age précédent leur naissance, tektonik, fluokids, Chal et babs, chinchilla, patchouli, pèche melba, la magie des mots m’emporte…

Bref, je préfère cibler les racailles à 2 yens (Ils valent mieux, mais tant qu’à faire écoutez Shonan No Kaze, tiens ! Ils ont des bonnes voix, au moins…)

À propos, ça me fait penser que pour le post précédent, j’aurais pu mettre un lien vers ce vieux morceau de Regliss‘, ça passait bien avec l’histoire des concombres…(ne cliquez pas ici)

Vive les croquants

Lyon héberge Vincent, qui nous héberge à son tour, c’est formidabl’ c’que l’môônde est beau, comme dirait Linda Lemay ou une autre chanteuse francophone réjouissant les professeurs de FLE expatriés de par le monde (entre 2 cours de danse africaine et l’analyse de leur passion pour le Kit-Kat au melon vert dans leur profil Facebook). Bref.

ForcementTranchéespoting

Je suis peu inspiré mais c’est dommage : on n’a que peu d’amis comme Vincent, qui vous referons faire 1000 fois le tour de la ville à chaque fois que vous y allez, qui peut faire de la magie et de la guitare et qui est même arrivé à se mettre au déo après quelques années de résistance à cette technologie d’outre-aisselle… C’est dire s’il fait des efforts…

Straigt to hellLyon c’est toujours sympa : le projet d’y habiter un jour n’a pas disparu de nos têtes malgré le peu d’opportunité que Chiaki semble avoir de revenir en France dans l’immédiat.

Lyon en couleur

Lyon c’est coloré, Lyon c’est vieux ET classe, Lyon c’est moderne ET (souvent) pas moche, Lyon c’est bourgeois ET ouvrier, a Lyon t’as envie de prendre des photos, de te promener et à Lyon tu manges bien ta race !

Avec Vincent, on part dire bonjour à un pote à lui (Stephane) qui a une super collection d’instruments de toutes sortes, poils, fils, caisses, cuirs, cuivres, cordes, molettes et pédales…Le groupe qu’ils font ensemble s’appelle Aeon Lodge, et ils n’aiment pas John Williams, ce qui les rend respectables d’entrée de jeu. À suivre.

The groove I have 2The groove I have 1

Ploing ploingMoi, par contre, je ne vaux rien avec une guitare dans les mains. Et puis je ne fais pas le poids face aux grands artistes de la dechéante modernité urbaine lyonnaise, par exemple “69 La TriK“. “Classe un jour, classe toujours” (pour citer Yves Duteil ou Bruno masure, je ne sais plus trop…)

ライトモチーフ ・ raitomochiifu ・leitmotiv

En montant à Lyon, sur le bord de la route, des flammes : un camion en feu. Pas le chargement : la cabine en train de brûler avec des trucs de 3 mètres de haut, élégamment déportés sur le coté par le vent, comme une pochette improbable de Scorpions ou le final d’un clone italien de Duel. Chiaki hallucine…

En descendant, à Lyon, il y a ce virage sur le périph’ que je déteste, vers la gauche et penché vers l’extérieur…“Chakki ! Mitteeee !!!” : Une voiture sur le toit, comme une savonnette qu’on aurait jetée dans la baignoire vide et qui aurait rebondi sur les bords (appelés communément “rambardes” dans notre cas de figure).

Pluie de merde jusqu’à la maison des parents.

Abuneeeee

Courage ça va passer

Jeudi, direction une grotte secrète : entrée camouflée sous les feuilles qui sont sur les pierres qui sont sur les madriers…Je suis ravi d’avoir une copine qui n’est pas claustro et qui se régale visiblement.

Elle n’est plus du tout la Japonaise estivale refusant de sortir parce que le soleil risque de lui donner des taches sur la peau et que marcher est fatiguant : elle saute, grimpe, rampe, se jette…Je suis scié.

Lache pas le rocherMerci, les étoiles dans tes yeux en ont donné dans les miens. (c’est rare, mais parfois elle lit le blog, et on dit pas assez souvent merci aux personnes dont on partage le quotidien…je sais que c’est pas intéressant à lire, mais y’a des photos, faites pas chier).

Quelques heures plus tard, on rebouche en famille, avec les amis (Guido, Régis, Bernard 2)…

洞窟探検

どうくつたんけん ・ doukutsutanken ・spéléologie

PopaLa spéléo tel que la vivent les gens sus-cités, moi et surtout mon père (avec sa parka grise “L’homme Moderne” en fibre expérimentale de l’armée Tadjik et son bonnet style “Mouloud-et-son-secateur-dans-les-vignes -en-octobre” avec le prépuce de Géant Vert sur la tête), c’est vraiment une activité magique, un dépaysement complet, physique mais antisportifl’opposé de la spéléo moderne, surtechnique et défouloir pour pompiers volontaires des villes moyennes de province), un grand moment d’émotion comme dirais je ne sais quel con de la télé (surtout quand il faut se déshabiller pour passer une chatière (=passage très étroit) parce que les vêtements ne passent même pas tellement c’est serré.

Comme Clarence, je dis “Merci Papa !“, merci de m’y avoir traîné dès que j’ai eu 5 ans…la passion n’est pas prête de mourir.

EeeeeehBernard II
La Jeune fille sous la stalactite et l’abominable Bernard des cavernes.

La fin du séjour est là…On repart de Marseille, par 2 avions séparés, mais à la même heure.

La pimbêche suprahautaine au body-check de l’aéroport (Tu travailles à MARIGNANE, ma vieille, t’as pas de grandes raisons d’être hautaine) me fait remarquer que je ne suis pas sans savoir que ma boîte de 1,75kg de cassoulet, j’aurais du la mettre dans la soute ou dans mon anus (justement, j’ai déjà mes disques durs et…), et que les boîtes de foie de morue et calamars à l’encre c’est non aussi.

Aaaaaah bon Pas grave

arrivé à la porte d’embarcation, la même hôtesse qui m’a dit OK pour mes 3 bagages à main annonce au micro qu’”un seul bagage à main en cabine, sinon le sous-capitaine viendra vous caresser les cuisses avec ses mains pleines de Pento® et parlera en calabrais à 4,786 cm de votre visage, afin que les effluves de risotto chargés d’ail vous parfume comme un tatouage olfactif Allitalia pour les 12 prochaines années“.

Passé l’annonce, esbroufe inutile (comment se débarrasser de bagages qu’on vous a acceptés ?), la vrai question qui se pose est la suivante : est-ce que j’aime beaucoup les Italiens ? Est-ce que je ne serais pas du genre à généraliser ? Est-ce que le Japon me mangerait pas un peu le cerveau ? Est-ce que c’est pas un peu facile mais très pratique de se chercher des excuses comme ça ? Fi !

Aix du cielAlpes italiennes

Bref, toujours est-il que je suis content d’avoir vu Aix et les Alpes transalpines (super vocabulaire…) du ciel après quoi…le repas était mauvais, le vin pas mal mais que j’en ai pas eu beaucoup, les stewards passant en courant et l’impression de toujours les déranger étant tenace…Pas dormi ou presque.

C’est beau la Sibérie au lever du jour…

Tadaima !

La sibérie au petit matin

Tigress of shaolin

Petite pause dans le récit des vacances, parce que je viens de voir ça et c’est tellement incroyablement mauvais qu’il faut en parler.

C’est typiquement le truc d’exploitation de mauvais goût, raté dans sa presque intégralité. Kara Hui est la seule personne relativement connue du casting, et encore, elle n’en branle pas une, sauf se faire massacrer par un des méchants à la fin dans un pur style girlfight (coups de griffes dans le dos) à 2 yuan (une fortune…).

Le héros, imbécile musculeux sans relief (mais le seul qui a une once d’énergie dans cette motte de pellicule) va en ville suite au décès de son père, qui le recommande à un maître qui dirige une bande de faux apothicaires -docteurs, vrais malfrats métèques pourris sans morale.

On demande Sylvain B au telephone

“On demande Sylvain B au téléphone…”

Parce que le film est brillant à cause de ça, faut dire : Les méchants sont des Tibétains, et c’est répété à longueur de métrage :


Le méchant :
- How dare you barge in here as an assassin

Le gentil :
- You display the flag from Tibet, it doesn’t matter if you celebrate your birthday, Bastard !

J’ai pas trouvé à quoi ça corresponds vraiment (les relations Chine-Tibet rentrent dans une nouvelle phase de “relâche” après 1978, mais ça ne devrais pas affecter HongKong en quoi que ce soit), toujours est-il que c’est à ranger avec les films bien racistes de l’époque dans le sens où il n’y a pas d’autre argument évoqué concernant la méchanceté des pourris de service.

- Why didn’t you kill him?
- Sooner or later
I’ve to kill one and wound the other
and show them off in the street,
So that others may know
how powerful our Lama Fist is !

T’as raison, laisse-le s’échapper qu’on ait encore du pim-pam-poum de n’importe quoi pendant les 20 minutes restantes. Les combats sont aussi de l’ordre du n’importenawak : échappé par 3 fois des affreux charlatans, notre jeune éphèbe au regard vif comme une loutre mourante s’entraîne dur. Comme c’est censé être aussi un film drôle, on a droit à un entraînement spécial “comment faire des gros pets biens gras pour se sentir mieux après le repas”.

Ah ah.
Le point (poing?) ultime, c’est le “style du Lépreux“, qu’on apprend avec de vrais lépreux qui savent boire un bol de thé sans les doigts ET sans en mettre partout. Ducon 1er ne sait pas, c’est clair que l’usurpateur a échoué au test, mais un lépreux n’a qu’une parole, puisqu’il ne peux pas croiser les doigts au moment de jurer (là, j’extrapole peut-être un peu).

Armand se la joue

“Meurs, crevure tibétaine, retourne au servage capitaliste, tu trinqueras avec le Dalai-Lama et Robert Redford en enfer!”

Bref, les enchaînements sont en bois, et la seule chose qui empêche la léthargie, c’est la condition physique de M.Coupe-au-bol-comme-bruce, assez impressionnante.

Je sors jamais sans mon cerceuil

“Je sors jamais sans mon cercueil”

Les méchants sont super gratinés : Le classique cheveux blancs-moustache-natte, on vous l’épargne, mais ses 2 potes sont flambants : tronche-de-souris-sadique et son survêtement en soie jaune reçoit la palme du mauvais jeu d’acteur (enfin, tous postulent, hein ?) mais c’est surtout l’indien de service qui a un look à se faire découper à la scie circulaire dans la saison 3 de Dexter: Mi-hippy (Spartou, comme dit un jour Corbier dans le Club Dorothée), mi-Navajo de cosplay, voir pire, Leah Dizon en promo single, il se bat avec un peigne, une jambe pleine d’asticots, une fausse jambe de fer qu’il utilise comme un nunchaku, etc. C’est un vrai soulagement de le voir finir étranglé par ses propres tresses.

J'ai des fourches, ça craint
“Mmmmh, j’ai des fourches…”

Souvent les musiques de la Shaw, volant de bons thèmes par-ci par-là, ça colle bien. Mais là non plus, rien : c’est complètement à côté de la plaque, entre générique de fin de Benny Hill (certains combats sont accélérés, d’ailleurs) et chiptunes, musique de démo de jeu sur commodore 64 annulé 15 jours avant sa sortie.
0,2/5, pour le combat dans l’auberge avec le sidekick pelé qui meurt trop vite.

Un petit bisous
“Un p’tit bisous ?”

P.-S. : Bien sûr, aucune allusion à Shaolin ailleurs que dans le titre. Argument de vente as fuck..

La valentine

Parler de vacances où on a été logé et nourri partout, ça peut vite ressembler à la cérémonie des Césars, “et je remercie mon pote Nicolas pour sa formidable blanquette qui m’a donné la force de continuer, sans quoi je ne serais pas là aujourd’hui“, etc, ce qui est tout sauf intéressant.
Nommés donc au rang de l’hospitalité fulgurante, merci à tout ceux qui ont hébergé le couple de métèques SDF que nous furent. Voilà, c’est dit…Maintenant, place au sarcasme et au mauvais esprit.

Cours Mirabeau

Comme les amateurs de peaux de bananes à vidéo-gag, on fait dans le comique de répétition : Re-passage à Aix , re-courses, re-cours Mirabeau, puis une pizza digne de ce nom avec Baptiste, qui devrait faire un site pour qu’on l’aide un peu un jour, parce que c’est rare d’avoir un ami qui dessine aussi bien sur les cartons de pizza (entre autres).

Harry Potter, Scarlett Johansson et moi

Retourner au 6 rue Bédarrides, ça fait un peu bizarre, mais Chiaki vit le truc de manière plus intense que moi ; j’y ai habité 7 ans, mais si j’ai un peu la nostalgie, je suis content que Baptiste y soit. Merci mon petit !

Macaron2NicochonNatachatrix

Oaï un jour, Oaï toujoursAprès une halte d’une nuit à Aix, après avoir dormi dans le lit de Nicolas sans convoler, ni avec lui ni sa Polonaise de Martigues (détail important, si, si…), mangé ses provisions, revu Christine et Jean-Yves (Ceci n’est un pas un couple, merci de ne rien imaginer, sans quoi Laurel et Hardy portent plainte) , direction Marseille pour arpenter la Valentine, se perdre dans le dédale, manger de l’embouteillage local et apprécier le soleil dans la tronche avant de rejoindre l’Hôtel de la préfecture, que je vous conseille au nom de son prix, de son accueil chaleureux et d’un copinage odieux, puisque Sofiane et Ahmed s’en occupent.

Pas de photos des 2 concombres maous jetés du premier étage et vaguement éclatés dans la rue, mais une bonne histoire de couple qui s’éclate (vu la taille, c’est de rigueur) régulièrement avec en massacrant la chambre.

MarseilleOn cavale dans la Plaine pour trouver la boutique de Virginie Monroe, une créatrice à qui on avait acheté des bijoux l’an passé et qui avaient bien plus à Tomoko, la sœur de Chiaki. Elle a déménagé, dommage (Virginie, si tu lis ces lignes, lach’ un com’ steuplé !), mais on trouve d’autres boutiques sympaaaa, forcement, la Plaine c’est sympaaa, ça sent le petit créateur, le bobo et le pickpocket à plein nez.

Finalement, on trouve des trucs très chouettes que la sœur en question dédaignera complètement: J’ai du mal à comprendre comment on peut recevoir des cadeaux et te balancer dans la face que c’est naze et que t’as vraiment pas de goût.

Je me demande vraiment si c’est inhérent à une certaine mentalité d’enfant gâté, inapte à cacher son désarroi ou le transformant en cruauté pour avoir tout de même son compte de plaisir, ou si la politesse sociétale excessive des Japonais (une généralité grossière) leur permet juste de gérer vaguement l’incapacité d’évincer la violence dans leur communication quand la barrière de la distance de politesse tombe (autre exemple : dans un groupe qui boit, les agressions verbales deviennent vraiment violentes à un certain point d’ébriété - quand le fossé de la politesse permet de canoter plus proche sur les flots lugubres des alcools mélangés).

不孝

ふこう ・ fukou ・ingrat

Passons, mais j’ai du mal à faire avec ce comportement, parce qu’on s’est vraiment cassé le cul pour trouver des trucs sympaaaas©.

Une grosse moule bien juteuse

La taverne de Maître Kanter a le mérite de servir de bonnes moules, là au moins on est sûr de pas se faire empapaouter par quelque chose, aussi frais et vert que ce soit. Pascal se tient mieux que d’habitude, tout va bien,ça fait plaisir, voilà (tu me manques, sale con) .

Pascal le déliquant juvénileSofiane le bruleur de caisses

En rentrant, on peut admirer les CRS (omniprésent, et pourtant je me sens à cran comme nulle part à Marseille, cherchez l’erreur) tchatcher avec les putes hôtesses de bar américain dont les nichons (pas une arnaque) font plus que dépasser de ce qui doit être un foulard pas vraiment saoudien lavé à 90°C sans assouplissant et recousu en robe minimaliste. Lovely, isn’t it ?

爆乳

ばくにゅうbakunyuu ・gros roberts, obus, flotteurs, etc.

Anne-SophieNavettes et CRS

Ça doit être sympa, CRS…Je vois pas trop qui leur cherche la merde avec les réputations qu’ils se traînent + on parle avec des filles + on achète des navettes comme n’importe quel touriste en branchant la quarantenaire qui s’est garée en double file sur le passage piéton pour en acheter aussi…la classe. Cela dit, c’est le côté de Marseille que j’aime, ce foutoir, ce laisser-aller…

St-Victor

Demain est un jour nouveau, direction ailleurs.

Awwwww

Allez, qu’on en finisse, de ces aventures françaises et repassons à ce qui vous passionne tous : des récits creux sur le japon où tout est “sugoi”, trop bien les kit-kat® au thé vert (gras comme ta mère !), trop la classe ces kimonos colorés, tradition et modernité, trop cool tes photos de ce pittoresque déjà vu sur 25 blogs, géniaux ces trains, ces pikniks sous les sakuras, ces izakaya où on boit et vomit ses tripes sur la voie publique, ouais ils savent pas boire mais ils sont sympas.

Bref, vivement qu’Ismaël arrête de nous les casser avec ses photos de familles arty-fartsy. Abrégeons donc.
Pour ceux que ça fait chier, il reste ça pour la branlette (site qui a le mérite de vous prendre ouvertement pour des cons, donc un peu sympa au fond).

Pas de socio de comptoir cette fois : Vacances, j’oublie tout.

Awwww 2Du coucher de soleil straight dans ta face, et franch’ment j’tle dis c’est vrai, la vérité, sur le Coran : j’ai un sale pincement au cœur.

Cet air, ce paysage, cet horizon, c’est vrai que c’est chez moi. Je sens que je suis né dans ce village, dans cette température (nonobstant Al Gore, le réchauffement climatique et la psychiatrie rétro-analytique, j’ai décidé que c’était pareil), au milieu des pacoulins joueurs de pétanque pétard au bec et autres consanguins arrosés au Casanis© dés le matin. (on a le snobisme qu’on peut: commander un casa quand tous boivent du 51, c’est de l’anarchisme de droite trotsko-PMU hardcore).

J’aurais voulu illustrer cette diatribe par un morceau d’As Friends Rust : “Home is where the heart aches”, mais YouTube et le reste n’ont pas ça en stock, donc cherchez vous-même ou faites-le faire par un âne, ça cherche bien un âne.

Heureusement qu’il reste “J’ai quitté mon pays” d’Enrico Macias (Oui, j’aime vraiment ça. 死ね!)

Okasan1er passage en week-end avec F&K avant d’y repasser seuls, et ma mère me semble vieilli, avec son pull rouge, ses rides et ses yeux pleins de larmes. C’est maintenant que je suis loin que j’ai lentement peur de la perdre et de n’être pas là, ni même capable d’être là, miséreux galérien japonicole sans économies ni billet retour. Mais après une heure, les pattes d’oies se sont un peu estompées, la rétine s’est habituée aux flamboyantes vagues platines du bosquet capillaire (je parle comme traduit avec google et j’assume, voui) et je suis à nouveau imbuvable avec tout le monde. Tout rentre dans l’ordre.

母の味 ・ははのあじhaha no aji 

Les Japonais (avec des couilles) ont une conception assez particulière du goût de la “bonne popote” familiale, que ne fait que maman, a priori. J’imagine pas le calvaire pour la pôvrette-à-Vuiton, femme de salaryman lambda qui doit s’évertuer à reproduire ce qui est de l’ordre du fantasme, un nikujyaga qui a le goût celui de Mme Tanaka mère, mais passons.

Le fait est que je sais pas du tout de quoi je parle, mais que j’ai remarqué que c’est assez classe de prononcer cette expression avec les autochtones, ça les fait sourire, de pitié ou de complicité, c’est suivant. N’hésitons pas à abuser des bonnes choses.


Le Lapin au chou qui tueLa frisée qui déchire ta race

Pour ce qui est ma mère, on ne peut pas vraiment dire qu’elle sache faire la cuisine dans le sens classique du terme, mais on s’est cassé le ventre quand même. Jadis d’avant-garde, sa cuisine est aussi épanouissante pour les bobos d’aujourd’hui qu’un anulingus pour le libertin d’hier : cuisson vapeur, tout bio, peu ou pas de sauces, savourez le vrai goût des aliments, peu de graisses, pas animales en tout cas, des trucs germés, des légumineuses, des races vintage déterrés du jardin, tout le tintouin.
Et ça fait 30 ans que ça dure, qu’on ne me la taxe pas d’arriviste.

Running up the hillsMy heart's like a jungle


La digestion ponctuée de secousses protoflatulentes, la promenade sur la colline s’impose, les couchés de soleil font parfois des cœurs dans les arbres, on se sent bien, la terre ne ment pas, travail vacances, famille, patrie.

Papounet fait le gros minouY’a pas que le thym à ramasser en embaumant les lapins à même le terrier de vapeurs chaudes et odorantes postbriffa (Chez ma mère, soit tu manges pas, soit tu acceptes un sponsoring Febrèze® après), heureusement.

Tu peux aussi aller à PontSaint-Esprit acheter du lubrifiant Durex hors de prix au Japon, ou te faire couper les cheveux chez Mektoub (comme la villa) pour 10 €, soit 8 fois plus qu’au bled mais avec la même ambiance chaleureuse (les claquettes Ellesse avec des chaussettes blanches, la classe internationale). Perso, j’ai renoncé.

Mektoub coiffure_detailSinon, rendre visite à mon ami David, essayer de caresser notre chat borgne (désormais surnommé “Chalbator“), prendre l’apéro avec les voisins qui désespèrent de pas avoir l’ADSL et constater que la liqueur de truffe, c’est abject autant comme concept que comme goût, donc faisez gaffe.

Mektoub coiffure

Voilà. Passionnant, isn’t it ?

Je suis fleur bleu

Le KFC, c’est une grande maison, des combles à aménager, un sentiment de grandeur qu’on avait oublié dans l’habitat tokyoïte plutôt écrasant (soit par exiguïté, soit parce que c’est pharaonique), un espace fonctionnel pour vos baffrades matinales de pain complet et confiture bios, une grande télé et un tapis moumoute pour larver après (ça sent fort le couple trentenaire tout ça :-D ), un jardin pour remarquer en déjeunant que l’air sent pas pareil en France, et pas seulement à cause du camembert “le rustique” et du chou fleur que nous mangeons désormais avec le bol de risotto aux artichauts du matin (n’importe quoi…)

Petit déjeuné au chou fleurStalker style

Le Big Jim de la maisonnée nous ayant gracieusement prêté son véhicule (utilitaire, sinon où c’est qu’on met la pompe a vider le bassin à carpes mortes ? Hein ?), plus un cellulaire (j’aime ce mot, ça sent bon les espèces de cabines portables des oligarques russes des early 90’s), nous vadrouillons à Aix et environs.

Aix a ouvert son nouveau pole en face de la rotonde, ça équilibre un peu le coté bourgeois suranné du centre ancien avec une posh-itude chico-froide du nouveau.

L’occasion de faire le plein de fausses fringues de Japonais chez H&M, boire un truc en terrasse, surpeuplées de fumeurs et infesté de troubadours tsiganes accordéonistes-brasseurs d’airs de merde qui partent plus de ta tête (Préférons Pol Pot au Melting Pot musical, comme disait quelqu’un, à moins que ce ne fût moi-même), Lambada+Les valses de Viennes+Remi Bricka+Le lundi au soleil+PadamPadam , etc…

Vous aimez la musique monsieur

Au Sextius, un pauvre étudiant en psycho(se) ou art plastique (un ennemi de notre bien-chéri président et du contribuable, donc) me rachète un paquet de clopes japonaises à 4 euros, la hype japonicool est pas prête de passer. Puis on voit un spectacle (merci Armand Sponsorship LTD) musical au nouvel opéra, puis on glande, promène, achète des omiyage, avant de partir chez mes parents.

Putain ça fait du bien de revoir les amis, mais je peux pas le dire trop fort, ce post sent assez la nostalgie d’expat’ comme ça.

En fait, pas du tout.

Pas dans l’autre sens non plus. Y’a tellement de trucs sur lesquels cracher au Japon que ça m’échappe quand j’entends des mecs clamer que c’est le renouveau de leur vraie vie qui n’avait de sens que pour s’épanouir ici, pwesentement, où ils ne remarquent pas que leur petite tatamisation qui sent des pieds moites cache un vide existentiel qui fouette franchement la vielle mycose trempée dans le natto.

(Des fans dAlphaville, peut-être, tout simplement)

Je dis pas ça parce que j’ai entendu ça ce week-end. Ou sans doute si. Bizarrement, on n’est pas trop rentré dans une optique de comparaison, on s’est contenté d’en prendre un maximum sur les bons cotés, de se faire plaisir. Je pense qu’on aime bien les deux pays, pas de larme à l’œil que j’ai glauque, comme le fait souvent remarquer ma dondon (on a bien mangé, ouais ! Ma mère aurait travaillé dans le sud-ouest avec des palmipèdes mangeables ça aurait été pareil).

Donc, chez Caro et Frank, nous mangeâmes, nous relaxâmes, et globalement avons profité des amis. Pour le reste, c’était presque le Japon:

  • Faire hanami sous les prunelliers, avec les cyprès qui balancent des kilos de pollen jaune fluo droit dans les narines de Chiaki.
  • Visiter Gardanne, charmante ville post-industrielle dont certains éléments rappellent Shibuya de manière troublante.

    GaruCercle de l'avenir

  • Regarder les carpes Koi dans l’étang, ou plutôt le basin en béton rempli d’eau saumâtre et de boue, l’une d’elle flottant insolemment le ventre à l’air avec un air de fonctionnaire corse, y’a pas a chier ils font même pas semblant de pas bosser dans ce pays. (après quoi, armé d’une pompe suscitée, Frank me bizuta mais sous peine d’avoir à expliciter le moment où je pris une grosse giclée grasse dans la face, peu glorieux en caleçon et chaussures de ninja, je m’abstiendrais.)

La prunelle devant mes yeux
Après quoi, il fallait bien aller faire pleurer ma mère pour justifier le titre.

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