
“Let’s do the time warp again !”
De retour du musée Ghibli, l’atroce porteuse de ferraille buccale assoupie qui s’avachit par coup de boules sur les cloisons du train ne laisse rien présager de bon.
En effet : quelques heures plus tard, nous attendions Klux-Klu-Klarence et son Emi-nence à Sangenjaya, où la ville nous gratifiait d’un insoutenablement funky dévot de T-Rex ou Marc Bolan en consolation de l’heure de retard des 2 zigotos.
Retour au crasseux Senta après un petit détour qui vous permet d’admirer LA POSE « Clarence », soit la méthode infaillible pour se faire bomber la tronche en prenant des photos dans le métro.
Rien de spécial à dire, si ce n’est que les 2 barbus mangent pour 4 et que Clarence-en-claquettes-dior prend en photo les gens tatoués même s’ils disent non. Infaillible, on vous dit !
On finit au McDo avec une Emi-plégie muette de shochu, histoire d’absorber tout dans la junk-food.
Pendant ce temps, Chiaki prépare son mariage du lendemain à la maison, un énorme truc plein de paillettes et de pseudojolies-filles enlaidies par des truelles de fond de teint et autres brillances grasses qui laisseront des taches indétachables (en l’absence de K2R et de machine lavant vraiment, c’est inévitable) sur leurs robes à frou-frou saumon/vieux rose, une traditionnelle chiffonnade de jambon de Paris que les filles d’ici revêtent en espérant être la plus banalement belle dans un mariage d’opérette.
“Don’t dream it, be it !”
Nous lui laisserons l’appareil photo et n’aurons donc pas loisir de photographier les vieilles de Sugamo, le Harajuku du troisième âge (on pourrait parfois dire “du 3e type” , vu les teintures steampunk violettes dont elles s’affligent).
Petit quartier tranquille, une grosse rue commerçante, en somme. Des magasins de trucs traditionnels, et un petit train qui nous mène vers Ikebukuro-la-décadente, ses parcs glauques comme il n’y en a que peu dans la ville (ou à Paris, comme on le faisait remarquer précédement) , ses professionnelles de la détente du sguège, son multiculturalisme du stupre et du vide existentiel…
Passez votre chemin.


Pause-clope à Shibuya pour se ressourcer…
Le soir, Koki vient prendre des photos de notre illustrateur maison, doué pour ça, avec ou sans masque.
Koki est un jeune assistant-photographe parmi d’autres, un ami de Ken-Chan-Coiffeur-Coloriste-pour-Dames.
Vaguement (très !) anglophone, il fut déjà capable de me diriger lors d’un premier shooting à Yokohama, jadis, alors que je posais incrédule et amusé par le fait qu’on puisse vouloir une photo de moi autre que pour jouer à la fléchette dessus (voyez cette abnégation feinte, ce rabaissement volontaire afin d’arracher un commentaire amical et rassurant ! Quelle roublardise que la mienne…).
Son hétérosexualité est hypothétique, mais c’est un bon photographe, attentionné et doux, musclé, masculin…ah…On peut d’ailleurs voir d’autres photos sur son portfolio en ligne, ici :
Je dis ça hors considération amicale, mais c’est parfois étonnant combien le simple fait d’être étranger change au niveau de l’image : Koki travaille avec des modèles japonais, mais il dit que c’est rare : dans 90 % du temps, il a l’impression de prendre des photos de pub pour salon de coiffure. Enjeu zéro.
J’attends les résultats avec The Bunk (=Baptiste, cf. son site… c’est le jour du copinage…).












Présentation un peu désuète, mais goût soigné : les entrées sont fraîches, la viande tellement fondante que Baptiste a un orgasme spontané et le homard d’Hitomi assez moyen, à dire franchement, mais c’est pas nous qui allions le commander, donc…



























Le cadre était vraiment classe, avec la roue à aubes qui actionne le moulin à sarrasin, pilonné comme par Charles Martel à Poitiers, mais je m’égare et elle était facile.


























Je ne connait personnellement personne qui pense sérieusement « je vais pouvoir baiser sans risque qu’il me demande en mariage », tant l’institution semble avoir de l’importance.













Comme vous l’aurez remarqué, Baptiste ne souhaite pas que sa frimousse pouponne de tanuki sauvagement burné par les années de couscous monoprix (ne nie, je l’ai vu) soit affichée sur le net.













On marche sur le bord de la plage, les enfants jouent, les shonan-iens font du surf et les ex-zokus jouent du djembé carré (bizarrement supportable…sans doute l’absence de pétards et de t-shirt « Free Tibet »…et pas besoin de le tondre, ils l’ont déjà fait), les filles roulent dans le sable en bikini en jouant au beach-volley à trois (un grand moment de masochisme), des jeunes mamans à gros seins, tout ça. La routine. Le soleil est superbe, le vent ébouriffe et le soleil se couche alors qu’on se rêve avec un chapeau de paille et une canne à pèche entre les mains, taquinant le mérou coincé entre les rochers, voire plus si affinités.






La parade nuptiale du Japonais est incompréhensible.






























