La vie sexuelle et amoureuse des Japonais continue à m’intriguer, et si Chiaki a eu l’occasion de tâter ma mansuétude incommensurable (eeeh…je me touche la nuit, voui…) en se rendant à un Gōkon sans moi, je n’ai pas eu loisir de participer encore à une de ces rencontres équilibrées homme-zé-femmes, dont le but assez explicité pour engendrer des fanfarons et des enthousiastes feints est de caser les célibataires en présence.
合コン
ごうこん ・ goukon ・rendez-vous arrangé pour trouver une petite amie.
Je n’en parlerais donc pas plus, regardez plutôt cet excellent film sur ce sujet, Go-Con: Japanese Love Culture.
Je commence à déceler chez les burnés bipèdes de ce pays les rouages du matage de rue, qui sont de l’ordre sylvo-cédriquiennes, le coup d’œil tellement furtif qu’il met à l’amende le pentagone, la silhouette suivie discrètement sous prétexte de regarder sa montre, l’oreille qui frétille à l’approche des talons, alors que moi…je…suis méditerranéen !
Ma vie sera la tienne, méditerranéenne
Aux Saintes Maries que j’aime
Y’a danger pour l’étranger
Hervé Vilard – Méditerranéenne (1983)
Un monde assez discret mais pas inexistant.
Puis, je me suis fait allumer.
Brutalement, directement !
Ce soir au comptoir, 4 personnes en 2 groupes me font face, pendant que je m’astique le manche des verres à pied, parce que c’est vrai, merde, faut que ça brille !
2 Japonaises germanophones quarantenaires éclusent avec constance et jovialité, nous discutons avec animation tandis qu’a coté…un vieux photographe accompagné d’une jeune gourde mentono-acnéico-goitrée (j’exagère, c’est pour le plaisir du néologisme sauvage) et sponsorisé de ce fait par une anecdotique marque de fond de teint liquide ou en passe de le redevenir sous l’effet de la chaleur discutaillent mollement, du moins pour lui, transpercé par la voix de crécelle de jeune trentenaire dont le ton montait encore pour mieux fracturer le tympan avec sa surarticulation de trisomique en primaire anglophone.
偽善者
ぎぜんしゃ ・ gizensha ・ hypocrite
Elle n’a pas dû se rendre compte que même sans avoir à me poser des questions incongrues épisodiquement, pour attitrer l’attention, elle m’agaçait déjà pas mal….Ni que demander des glaçons dans son vin blanc avait déclenché chez moi le pire des sourires de faux-cul concupiscent que j’ai eu en stock.
Passons…©.
Sentant approcher le départ, son ancêtre ayant épuisé de détailler le dernier catalogue de chez Canon, elle me dit tout de go (3 bières + 2 blancs dans le nez):
“J’aimerais apprendre les langues européennes !”
Ah ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ ・ Et alors ?
Puis, comme je comprenais décidément rien, elle me demande le pourquoi de ma présence au Japon. Culture et copine. Ah ? Marié ? Non ? pourquoi ?
“Pas envie de s’enfermer de suite “
Aaaaaaaaaah !
Et, comme un semi-remorque en pleine tronche au détour d’un virage de départementale Corse, elle m’achève:
“Si tu es libre, moi je suis libre aussi, tu sais, tu peux venir chez moi, j’ai un grand appartement, y’à plusieurs pièces, tu pourrais rester si tu veux.”
O_O” ~~~~*£%# WTF ?!
Une annonce tellement brutale, avec sa voix, son regard de poisson mort, son air de conasse candide, les oreilles tuméfiées des clients alentour…Je suis resté con.
J’ai fait le mec qui saisit pas trop, et la patronne m’a sauvé (l’oreille en point comme d’habitude) en m’appelant dans la cuisine.
Do I look like a Man-whore ? J’étais vert.
link: le chapitre 1
Mais de diou, comment font-ils pour se rencontrer hommes et femmes, hommes et hommes, femmes et femmes, au Japon, avec toute cette distance et cette timidité omniprésente ?
Tu commences à répondre à la question (et je t’en remercie) : il faut avoir bu. Un peu. Beaucoup ? Passionnément…
Et quelque part, ce n’est pas si différent qu’en Europe !
Les choses changent parfois un peu, doucement, avec des avant-gardes…cela dit, une des 2 joviales d’hier me disait qu’elle regrettait l’Europe et ses contacts, fussent-ils amicaux, tellement plus chauds.
Lis aussi le chapitre 1 (lien: http://senbei.wordpress.com/2007/04/27/brassens-trosty-et-pierre-richard-ou-les-rapports-de-seduction-au-japon-chap1/), ça t’en dira plus sur la drague “sobre” ou presque.
Tu as raison sur le fond, je n’y avait pas songé si clairement, mais en effet, les japonaises que j’ai rencontré hors amitié/copinage ont bascullé dans une promiscuité douteuses sous l’effet de l’alcool…A explorer pour le chapitre 3, vu que ce soir, je vais à un Nomihoudai, un marathon de la beuverie, 3h en izakaya à se goinfrer, boissons à volonté et ce qui va avec.
Ravi de voir que tu es devenu european gigolo, nyahahaha !
En cas de branchage intempestif, voila un petit recapitulatif de tes options, jeune padawan :
1. Accepter l’offre. Au pire, bois quelques coups en plus avant. Risque : mauvais réveil + mariage.
2. Improviser façon l’homme le plus classe du monde, à gros renforts de rots et autres grattages incongrus.
3. Bredouiller en rigolant façon faux-cul, noyer le poisson (”Et vous pensez quoi de la politique économique du nouveau gouvernement ?”) et changer de tee-shirt dès que l’occasion se présente, le tien étant inondé de sueur.
4. Avouer une prétendue homosexualité, au risque de te griller dans tout Tokyo, et de décevoir ta présente copine, qui pensait te connaître mieux que ça, tiens.
5. Passer le numéro d’un copain lui aussi en manque et pas regardant (d’habitude je donne ton numéro).
6. Lui montrer tes talents au karaoke et/ou au DDR afin de t’en débarrasser. Memes risques qu’au 4.
7. Enlacer la première autre fille qui se présente à proximité. Risque : retomber dans la même situation, en un peu pire cette fois-ci.
8. Sortir la batte de derrière le bar et en mettre un coup sur sa gueule.
Ahah.
J’en ai aussi quelques unes de ce style en stock – apres quelques verres les Japonaises sont vraiment capables de tout.
@ Baptiste et Sylvain : vous êtes vraiment des trouducs à changer de pseudo à chaque fois, c’est la misère pour la gestion du site, mais j’adore. Continuez siouplait (et fouettez-moi avec une serviette humide dans un Onsen, oh oui j’aime ça…)
@Rmk: Ca se confirme de plus en plus O_o’…j’imagine qu’après un certain temps, ça impressionne moins, mais bon…
@Gérontovin a.k.a. syl”j’kiff-les-meuf-allant-sur-les-quatre-”vain a.k.a “Flétrie-yet-not-ugly #1 Lover Of the Century” a.k.a. “J’aime les pommes vertes parce qu’elles s’appellent GRANNY Smith” :
Merci, j’ai bien rigolé, on reconnaît ta rhétorique implacablement mysogyno-défiante du nouveau sexe fort (enfin…jadis appelé faible…je n’ose pas suggérer “mou” sans quoi on va dire que je cherche à t’enfoncer personnellement et ce serait lourd, n’est-ce pas ? :-}
(vous reprendrez bien un Gyoza, Sir ?)
Au fait, il se décide à poster son commentaire, Armand alias “The Golden Shlong From Shaolin” ?
@Ismael, dit “Bazooka” (en hommage à son DDR style), dit “Le Boeuf Asmathique”, dit “Patate Douce”, dit “Le Roméo des gouttières”, dit “Libido d’acier”, dit “Coussin péteur” (connu aussi en certains endroits de Tokyo sous le nom de “Golden Boy” ou encore “The French Touch”) :
Ca va chauffer pour ton cul, sale français !