3 mois que mon patron me bavait sur les rouleaux avec un “on va boire ensemble, hein ? Vite fait bien fait, hop hop ! HEIN !? “.
OK, mouais…o_O’
C’est arrivé un samedi, après un de ces raouts pour comité d’entreprise (Mercedes, si je ne m’abuse) qui louent tout le resto pour une murge express entrecoupée de discours lénifiants même sans les comprendre.
Étonnant hasard, l’izakaya le plus proche est encore une fois au sous-sol, et non content d’être pas dégueu, c’est aussi le moins cher que j’ai jamais vu.
Ensemble, on ressemble à un colloque de crétins interstellaires, genre joyeux mongolien de Serbie hurlant sa passion pour la porcelaine de sèvres à un pakistanais hysterico-hockeyeur en ligue semi-pro : beaucoup d’agitation, d’enthousiasme communicationnel mais peu de résultats sinon celui du choc des onomatopées, des mots jetés comme si on pêchait le requin avec un lapin assommé mais hémophile, des gestuelles à ressusciter le Mime Marceau et rendre austère un napolitain, un hommage insultant aux grands singes qui s’éteignent, ou comment communiquer peut diminuer l’intelligence mutuelle plutôt que l’inverse.
ちんぷんかんぷんな ・incompréhensible
Alors maintenant, imaginez si on se met à boire devant un poisson mort (entre autres).
……………………………….
Il en descend, le bougre, je suis médusé en mangeant mon poulpe; 2 bières (toreaezu) puis un shouchu au sésame noir sur glace, puis un autre à la patate douce, puis un avec une prune dedans…Il recommande, on est assis depuis 20 minutes…
Direction Ginza, marchant comme un Kenyan dont la furieuse envie de pisser n’aurait pas coupé l’envie de s’entraîner. On quadrille le quartier au trot, à la recherche du second job du serveur alors absent (vous suivez ?).
鮪
まぐろ ・ maguro ・thon
Igarashi-kun nous amène notre tranche de tête de thon grillée accompagnée d’une inévitable Sapporo, et je me demande encore une fois pourquoi les restaurateurs s’obstinent à servir la plus mauvaise bière du marché, partout, toujours.
吃驚
びっくり ・ bikkuri ・surprise
On quitte le Magurosan (“Maître Thon“, en gros) après un petit tartare de thon (surprise !) et arrive la culbute fatidique devant un resto espagnol qui sent l’esbroufe à plein nez.
Gagné.
Pour une note qui passe comme si un proctologue stagiaire vous massait le foie de l’intérieur, on peut déguster du chorizo japonais sans saveur ni piquant, que même les employées de soap-land rechigneraient a mettre en bouche, des “moules marinières” (ça devient encore thématique…) vraisemblablement décongelées au micro-onde et arrosée de grandes giclées de vinaigrette blanche un peu âpre, le tableau des coquillages ouverts bavant leur cyprine tiède sur l’assiette n’avait d’égal que le goût foutrement atroce.
汚い
きたない ・ kitanai ・sale , dégoûtant ; vulgaire
Je vous épargne la paella, n’importe quoi de l’extrême, sauvons juste le vin (un Rioja correct) de l’ensemble.
Traitant désormais une haine commune du japonais travesti en Espingouin de telenovella, le chef fonce titubant vers un bar à vin…Ambiance cosy, piano à queue et lumière tamisée, mais sans loups ni backrooms. L’entrée de la cave à vin permet pourtant l’anal-ogie : première bouteille soulevée à 38.000¥, seconde à 95.000¥, etc. (achetez du papier millimétré exponentiel et tracez une courbe).
M.Igarashi, 35 ans aujourd’hui, séduisant célibataire…
Tel Peg’ accroché à la chemise à carreau d’Al Bundy pour lui soutirer quelques dollars, je scotche au patron qui quoique bien éjecté, est encore assez dynamique pour prendre un Vosne-Romanée et nous foutre sur la paille (on partage les additions, au japon).
On s’en sort avec un californien honnête sous tous les aspects, mais repart avec les poches aussi vides que le regard de Lara Fabian.
Fin.
Enfin, presque fin.
Je commence à désespérer un peu pour mon visa de travail :
nous pensions tous les deux le faire au resto, mais les obstacles s’accumulent : prix exorbitant pour le patron, et grosse difficulté à trouver les pièces requises ; en effet, il faut justifier de 9 ans de travail dans la restauration, et encore c’est pas gagné. Y’en a qui vont recevoir des mails bientôt…:-°
Sans quoi, franchement, je fais le miséreux, mais n’hésitez pas à m’écrire vos suggestions…JE CHERCHE DU TRAVAIL !
Enfin, surtout un qui donne un visa…Bien sûr, j’ai fait que des trucs qui ne servent à rien : je suis diplômé d’histoire et d’allemand, j’ai enseigné un peu, je sais me servir d’un ordi, fais des traductions…mais rien de tout cela ne semble potentiellement rémunérateur ici.
Au secours, épargnez-moi le charter…. Merci.


Va voir tu-sais-qui. Je t’a pas filé une lettre de recommandation pour rien, même si l’anglais qui y est employé est pas top niveau, loin de là. Na.
Ah oui, et envoie-moi un mail pour savoir la situation de l’appart aussi, il reste peu de temps…
Merci et des bisous !
le pastis c’est un bon jutsu; toi ta fountch avec un peu de zinc un sourire à la Orochimaru tous le pays et pour toi…….
Décidément, je suis fan de ces phrases de vieux culs !
Ola kopin!!! de ce que je comprends tu veux rester (^^;) he h ehe !! Si tu veux je peux essayer de voir avec mes parents (meme si c’est un hotel…). On en discutera lors de mon passage le mois prochain!!
le korbo
Pour le visa, je suis pas sur sur mais la justification d’environ 10 années de travail, c’est quand tu n’as pas de diplome (au moins bac+3).
@Oldergod : je ne sais pas trop, en fait…difficile en tout cas pour moi de prétendre avoir bac +3 en cuisine( ?!?) avec ma licence d’histoire…
Pour répondre à Ahmed aussi, je dois me renseigner demain à Hello Work, peut-être qu’ils sauront mieux me dire (si les hôtels ça compte aussi, par exemple)
[mode "あにきいいい!!" ON]
@Snippin’Ahmed: Merci Kopin, ça me touche jusqu’au fond du sentiment !
[mode " みんああああ! T_T" ON]
Merci à vous tous de vos remarques et soutiens, vraiment !
@ Daisy Adair : ça y est, j’ai enfin écrit une bafouille. Je t’envoies un mèl.
@Le chevalier Aiguèzote : Tu sais comment tu peux me rendre service ? :-°
@Chocopunk : Merci, ça fait plaisir
hoooooo ben dis moi c’qu’il te faut comme permis ?