Le 4 novembre, j’ai une attaque de naïveté.
純情
じゅんじょう ・ junjou ・ ingenuité , naiveté
Nous avons changé d’hôtel, et le nouveau est un peu vétuste, à l’image de son téléphone. Le tatami sent la paille humide, le vieux foin dans lequel le cousin de Besançon dépucellera la gueuse lors des vacances de l’été, après quoi ils iront au village larmoyant, elle acheter un test de grossesse mais maudissant le bus qui emporte son décapsuleur et premier amour, lui crevant de démangeaison parce que son sang riche en acides gras de garçon des villes lui à fait subir l’attaque des 108 puces affamées de n’avoir qu’un vieil épagneul à sucer le soir au coin du poil/poële.
(A droite: le premier hôtel)
Dans mon oreille pâteuse retentit “joyeux anniversaire!”, exactement comme la veille au soir, et point de fête de la marmotte dans ce pays, faudra s’y faire: ah, merde, déjà 30 ans. Heureusement, une jolie poitrine ferme de 23 ans remue à mes côtés.
J’ai la chance d’avoir reçu plein de vivres et de cadeaux de France dans le premier hôtel, F+C ayant ramené pèle une tondeuse à barbe, des la tapenade en guise de mousse à raser, du Rasteau en guise d’after-shave, du pâté pas dentifrice et d’autres choses délicieuses…J’allais faire un calembour pourri sur palet/palais, c’est vraiment la preuve que je vieillis. Je m’abstiendrais donc.
Forcement, y’a du monde, mais fichtre, c’est énoôorme ! Rien que par la taille des allées alentour, on imagine les corvées infligées…”Tu veux pas couper le gazon avec un coupe-ongles ? Ah ouais ? Ben t’iras numéroter les graviers de l’allée, alors !“. Bigre…
でかい ・ dekai ・grand , énorme , colossal
C’est rouge vermillon et blanc, pimpant mais impressionnant de maîtrise technique (les toits sont des lamelles de cyprès assemblées de manière experte…).
Dans un élan puéril, on joue au caribou sortant du bois, festoie, je suis désormais serti d’une belle tocante (cadeau de ma Nippone préféré) et de la saison 1 de Twin Peaks, qui vont très bien avec ce serre-tête nordico-ikeasque.
À propos des Pixies, c’est tout de même amusant de voir que Frank Black essaye de ressembler à Frank Blond sur la vidéo linkée ci-dessus o_0
Le pavillon d’or est également bien peuplé, ça me subjugue bizarrement pas énormément ce déluge de métal brillant, j’ai pas la soif de l’or, ça me semble assez anecdotique : petit, un sentiment de vide malgré la foule, un endroit dont on a essayé de forcer l’harmonie et qui se traîne à 2 doigts du baroque, donc….
金
きん ・ kin ・or
肥った
ふとった ・ futotta ・gros
La gare de Kyoto est énorme, un monstre pas franchement pratique où on fait le plein d’omiyage (légumes marinés, biscuits…) en laissant partir les français vers Nara, achetant une obentobako pour le train…Retour au travail le lendemain.
弁当箱
べんとうばこ ・ bentoubako ・ boîte repas













Je suis un peu comme toi, le pavillon d’argent (Ginkaku-ji) m’a plus impressionné que le pavillon d’or (Kinkaku-ji), va savoir pourquoi… Probablement, cette expertise en pâtés de sable comme tu dis.
Mais c’est dommage, vous avez dû louper tout au bout du chemin de la philosophie, il y avait un temple hébergeant des moines appelé Eikan-do, vraiment très chouette à visiter.
Enfin bon, merci surtout de me refaire visiter cette ville où j’ai séjourné une quinzaine de jours il y a maintenant plus d’un an. J’espère y retourner en fin d’année 2008. Croisons les doigts !
Je ne sais pas si Black Francis a déniaisé Kim Deal à Vesoul, mais l’anecdote du cousin sequane est d’une telle justesse qu’on la croirait tout droit sortie d’une expérience personnelle.
@Romain : En fait, on y est allé.
Le chemin de la philosophie était un vrai régal, j’uploaderais des photos sur zoomr dès que j’aurais le courage de me frapper le renommage, mais les temples au bout sont en effet sympa. Si c’est ceux qu’on trouve après la porte monstrueuse (la photo qu’on dirait sortie d’une autre époque, là, à côté du pâté de sable…). Je dois cependant avouer une certaine lassitude sur les temples.
Pas seulement parce que c’est vraiment le truc pour gaijin par excellence (les Japonais conchient souvent ce qui est vieux, sauf à Kyoto, musée de leur mémoire…à Tokyo, vouloir visiter des temples autres que Meijjingu et Asakusa relève de la “yappari~~gaijindaneeee!”-ite aiguë, bien souvent ), mais surtout parce que je commence trop à faire des parallèles entre ce que disent les guides, ce que j’ai lu sur l‘histoire religieuse du Japon (pas vraiment rose, en fait), la crédulité incroyable des personnes avalant les discours des guides, le formidable marketing autour, et globalement, ultimement le pire pour moi, je commence à trouver de vaches ressemblances avec le catholicisme, là où je ne pensais pas le voir.
La pompe, les mensonges bê(a)tifiants, les dorures, le kitsch, les luttes de pouvoir, les rites automatisés…C’est inhérent ni à l’une ou à l’autre des religions, mais à une certaine forme du sentiment religieux, si on ose parler comme (ça me fait mal au cul de parler de “sentiment” dans un cas comme ça, mais..), et pas celui que j’apprécie, où qu’il soit.
Parfois, on a des surprises sympa. Genre, à Nikko, un temple à l’écart, avec une jolie simplicité et un panneau qui me chatouille agréablement le neurone :
http://www.zooomr.com/photos/senbei/4131312/
(à enregistrer et lire en plein écran)