“Putain, la vielle connasse du Vietnam, au magasin, elle a dit :
“pas de problèm’, vous le mettez UN minute au micro-ondes’ “
Mais putain, ça fait 20 ANS que tu es là et tu sais toujours pas qu’on dit UNE minute, merde, après j’ai honte d’être un jaune aussi, on va croire quoi ?
Non, je sais que t’es un sale raciste, ta gueule gros pédé ! Suisso français, français suisse, on sait pas là…”
Cher Louis,
j’ai beau avoir ignoré beaucoup de tes appels et cherché des tonnes d’excuses bidons pour pas te voir le dimanche, pas venir “faire un barbeuke” chez toi, tu me manques souvent.
Evidement, c’est con, tout le monde étant jaune ici, ça aide…Je dis juste ça parce que tu aimais les remarques brillantes comme ça, genre tout le monde dans le même sac, bol de riz et baguettes, etc. Très français.
D’avoir vu ta photo, rayonnant, le Louis que j’ai rencontré, que j’ai aimé, avec qui j’ai adoré perdre des heures au cafés en te voyant siroter un maigre expresso avec des clopes chinoises hors de prix et ta forfanterie qui allait avec (”8 euros le paquet ! j’en ais 3 cartouches…” ) pendant que je broutais consciencieusement toutes les olives…
Toi avec qui j’ai redécouvert le billard malgré cette position absconse et fort suggestive qui te faisait rentrer beaucoup de boules dans les trous, toi qui fut le seul Chinois que j’ai rencontré doté de gentes 17 pouces et d’accent marseillais de série, toi donc, dont la photo sur le cercueil et la douleur de tes parents m’ont fendu le cœur, je te regrette souvent.
Mais tu as fait le choix, et si je ne suis pas le seul à repenser à toi la gorge noué, après un an d’absence, après tout, il ne reste plus qu’a te souhaiter “porte-toi bien”, si ces paroles ont un sens là où tu te trouves.
Bien à toi, Ismaël

Merde, tu fous les jetons…
Histoire de faire quand même dans le léger, tu crois sincèrement que c’est français de mettre tout le monde dans le même sac ? Je pense que c’est avant tout de l’humour, à prendre au second degré non ? Du moins, c’est comme çà que je pratique de temps en temps. Au même titre, je communique bien volontiers sur le fait que le français de base ne se lave qu’une fois les mains par jour, lorsqu’il se pisse dessus. Hum.
Pour le même sac, il faut dire que le japon fournit des versions 15 litres, tant ils aiment les clichés…”Ils” (les joies de la généralisation…) sont trop contents de rencontrer une personne à qui balancer “Ah la France ? Le vin, le foie gras, Paris, Nice, Sophie Marceau” ou autre chose (c’est du vécu, ces exemples.
Il faut comprendre (et une phrase qui commence comme ça pue, généralement, alors faisez gaffe) que le Japon vie sur le mode de la classification : chaque chose à sa place, et si possible définit par des éléments immuables et invariables. Les allemands font des saucisses et des voitures, les italiens des sacs et des pizzas, les Kyotoïtes sont brutaux dans leurs manières et les gens de Niigata mangent tous du bon riz.
Comme ça, il y a un début de conversation, une approche sociale.
Non pas que le pauvre mec d’Osaka à qui on va parler de ses duos comiques va se sentir concerné, ni qu’il va nier, d’ailleurs (il peut pas, il créerais une “mauvaise ambiance”…), mais, en approuvant vaguement ou nuançant, il permet de discuter.
Ce genre de question d’etnologie de comptoir me trottent en tête depuis quelques temps, je vais essayer de poster là dessus.
何をしているか。
salut ismael!
dis moi c’est tes copains les mecs de “entenduaparis”
c’est trés drôle et je voudrais bien ecrire dedans…moi aussi j’ai des perles en stock!
en tout cas, je te lis de temps en temps et tu me fait autant rire qu’il y a 10 ans…paf, dans nos tronches..10 ans..trop zarb la trentième année ( j’suis de novembre…j’ai encore un sursis..)
allez, bisous
et…tu passes à paris dès fois?
Amélie
Oh mais ta gueule, gros pedeeeeeee !