Your Mom’s Gonna Cry Again, Part 3 : Sunset-Spotting Farts and Tears-Soaked Wrinkles.
avril 3, 2008 par senbei
Allez, qu’on en finisse, de ces aventures françaises et repassons à ce qui vous passionne tous : des récits creux sur le japon où tout est “sugoi”, trop bien les kit-kat® au thé vert (gras comme ta mère !), trop la classe ces kimonos colorés, tradition et modernité, trop cool tes photos de ce pittoresque déjà vu sur 25 blogs, géniaux ces trains, ces pikniks sous les sakuras, ces izakaya où on boit et vomit ses tripes sur la voie publique, ouais ils savent pas boire mais ils sont sympas.
Bref, vivement qu’Ismaël arrête de nous les casser avec ses photos de familles arty-fartsy. Abrégeons donc.
Pour ceux que ça fait chier, il reste ça pour la branlette (site qui a le mérite de vous prendre ouvertement pour des cons, donc un peu sympa au fond).
Pas de socio de comptoir cette fois : Vacances, j’oublie tout.
Du coucher de soleil straight dans ta face, et franch’ment j’tle dis c’est vrai, la vérité, sur le Coran : j’ai un sale pincement au cœur.Cet air, ce paysage, cet horizon, c’est vrai que c’est chez moi. Je sens que je suis né dans ce village, dans cette température (nonobstant Al Gore, le réchauffement climatique et la psychiatrie rétro-analytique, j’ai décidé que c’était pareil), au milieu des pacoulins joueurs de pétanque pétard au bec et autres consanguins arrosés au Casanis© dés le matin. (on a le snobisme qu’on peut: commander un casa quand tous boivent du 51, c’est de l’anarchisme de droite trotsko-PMU hardcore).
J’aurais voulu illustrer cette diatribe par un morceau d’As Friends Rust : “Home is where the heart aches”, mais YouTube et le reste n’ont pas ça en stock, donc cherchez vous-même ou faites-le faire par un âne, ça cherche bien un âne.
Heureusement qu’il reste “J’ai quitté mon pays” d’Enrico Macias (Oui, j’aime vraiment ça. 死ね!)
1er passage en week-end avec F&K avant d’y repasser seuls, et ma mère me semble vieilli, avec son pull rouge, ses rides et ses yeux pleins de larmes. C’est maintenant que je suis loin que j’ai lentement peur de la perdre et de n’être pas là, ni même capable d’être là, miséreux galérien japonicole sans économies ni billet retour. Mais après une heure, les pattes d’oies se sont un peu estompées, la rétine s’est habituée aux flamboyantes vagues platines du bosquet capillaire (je parle comme traduit avec google et j’assume, voui) et je suis à nouveau imbuvable avec tout le monde. Tout rentre dans l’ordre.
母の味 ・ははのあじ・haha no aji
Les Japonais (avec des couilles) ont une conception assez particulière du goût de la “bonne popote” familiale, que ne fait que maman, a priori. J’imagine pas le calvaire pour la pôvrette-à-Vuiton, femme de salaryman lambda qui doit s’évertuer à reproduire ce qui est de l’ordre du fantasme, un nikujyaga qui a le goût celui de Mme Tanaka mère, mais passons.
Pour ce qui est ma mère, on ne peut pas vraiment dire qu’elle sache faire la cuisine dans le sens classique du terme, mais on s’est cassé le ventre quand même. Jadis d’avant-garde, sa cuisine est aussi épanouissante pour les bobos d’aujourd’hui qu’un anulingus pour le libertin d’hier : cuisson vapeur, tout bio, peu ou pas de sauces, savourez le vrai goût des aliments, peu de graisses, pas animales en tout cas, des trucs germés, des légumineuses, des races vintage déterrés du jardin, tout le tintouin.
Et ça fait 30 ans que ça dure, qu’on ne me la taxe pas d’arriviste.
La digestion ponctuée de secousses protoflatulentes, la promenade sur la colline s’impose, les couchés de soleil font parfois des cœurs dans les arbres, on se sent bien, la terre ne ment pas, travail vacances, famille, patrie.
Y’a pas que le thym à ramasser en embaumant les lapins à même le terrier de vapeurs chaudes et odorantes postbriffa (Chez ma mère, soit tu manges pas, soit tu acceptes un sponsoring Febrèze® après), heureusement.
Tu peux aussi aller à PontSaint-Esprit acheter du lubrifiant Durex hors de prix au Japon, ou te faire couper les cheveux chez Mektoub (comme la villa) pour 10 €, soit 8 fois plus qu’au bled mais avec la même ambiance chaleureuse (les claquettes Ellesse avec des chaussettes blanches, la classe internationale). Perso, j’ai renoncé.
Sinon, rendre visite à mon ami David, essayer de caresser notre chat borgne (désormais surnommé “Chalbator“), prendre l’apéro avec les voisins qui désespèrent de pas avoir l’ADSL et constater que la liqueur de truffe, c’est abject autant comme concept que comme goût, donc faisez gaffe.
Voilà. Passionnant, isn’t it ?






Oh putain !!!! Des mois que j’essaye de faire passer le concept qu’Elegance et Kazero c’était mille fois plus classe et trendy que Tristan !
Toute cette merde, ça gère ! Et Gérard Blanc et Nilda Fernandez, c’étaient de sacrés crooners…
Ca m’arrache des larmes, autant que le passage gloubi glouba de ta maman sauce bio. Finalement, c’est ça le pire dans l’expatriation, cette nostalgie diffuse qui vous prend côté affectif.
J’aurai préféré crever que de laisser mon voyou de père casser sa pipe sans la présence de son rejeton préféré.
Bon, je laisse là la philosophie de comptoir, Danièle, un perroquet !
Clarence, de bonne bonne humeur aujourd’hui !
T’as raison tous des consanguins !!!!
Ah ouais, alors tu ressembles à ça, quand tu fais pas la grimace, le con, etc et que, en plus, tu es passé chez le coiffeur ??? Ben, finalement, je ne t’aurais pas forcément reconnu, dans le parc près duquel tu ne vis plus !
Et donc… On attend un fait du hasard ou bien ???!!!
Désolé, ça fait une semaine que j’enchaine les boulots, les entretiens, les scéances d’essais…et le fêtes, ce week-end, le tout sans un rond (je dois 50.000yens à ma proprio T_T).
The bright life in Tokyo, mais à crédit. Naze.
La semaine qui viens, toujours fauché et souvent martau, bien sur, je devrais être plus libre. Un jour de préférence ?
mercredi, jeudi ou vendredi. Si tu as un moment dans l’aprèm, je t’invite pour un café/thé quelque part dans la ville. Si ça te dit, laisse-moi un mail et si tu n’es pas libre, ce sera pour un jour, un autre, plus tard !
Très joli post à mon avis. Nostalgique, chaleureux, assez touchant même.
Rien à voir : découvert récemment INTERLUDE, screamo à la française, pas mal (très “amanda woodward-like”, mais est-ce vraiment un défaut ?).