Ray Jackson: What the hell is a Dim Mack?


Official: Death touch.

Dédicacé à BossTanaka/Cédric, qui casserais Shabbat pour regarder Bloodsport sur TF1 s’il passait.

À 16h aujourd’hui, j’avais donc rendez-vous au sein de l’École de Paris de Kichijoji pour un entretien…

Comme à mon habitude, j’avais zappé les pièces demandées, à savoir copie de diplôme, de passeport, visa, photo, recommandations…Donc, je fonce au centre, trouve un cybercafé Manboo!, ce qui est assez cher (300¥ l’heure pour les hommes, 200 pour les femmes ? WTF ?!) mais motivé par le fait qu’on peut y zieuter moulon de manga, magazines et autres vidéos de filles plus ou moins habillées. On loue un espace cabine, en fait, comportant un écran, une télé, une PS2, un fauteuil ou une banquette, les boissons sont à volonté, plus ou moins bonnes et fournies suivant les endroits…

On peut avoir une couverture, des coussins…D’ailleurs, phénomène assez récent, de plus en plus de gens dorment et vivent là dedans…tu manges au distributeur, tu bois gratis, tu dors avec ta carte d’abonnement (c’est moins cher)…de temps en temps, tu changes et vas au McDo 24/24, mais ils ont maintenant des débusqueurs de squatters, alors dur la junklife de SDF moderne au Japon, ouech frère, tu le sais !

Je vous épargne l’état des poumons dans un lieu où ça empeste la vieille clope, où les odeurs de pieds sautent parfois les cloisons, ne parlons pas de votre bouche, ravagé par les sodas et le café au lait sucré, vos oreilles flinguées par le ronron des machines

不 安 定

ふあんてい, fuantei, instabilité / précarité

Bref, j’arrive finalement à imprimer mes papelards, aidé d’un mec que ça amusait visiblement le faux-salaryman gaijin perdu devant leur système d’impression (pas comme la fille visiblement gâchée qui m’avait accueilli d’une voix d’ovaire contrarié, la joie de vivre incarnée dégoûtée de se taper le sale boulot, c’est à dire me montrer le papier explicatif en anglais avec 0,23% de sourire en option, le reste étant réservé pour les représentants de chez Vuiton©…).

J’arrive devant l’école, j’ai mes 10 minutes d’avance règlementaires…

Ascenseur…

Et une porte fermée. Les 3 femmes qui sont devant me regardent dans ce petit escalier tournant (oui, l’ascenseur donne sur un escalier, c’est inédit) et me demandent

– Vous êtes professeur ?

– Non, mais j’aimerais !

Sur la porte, une série de papiers, des adresses mails, des contacts téléphoniques…

l’École vient de fermer, tout le monde est au chômage !!!

……….*Pouf pouf*………….

Donc, la vielle de mon entretien, l’école a fait faillite, comme l’indiquait un communiqué dans les forums que vous trouverez dans les liens.

Ça calme, parce qu’ils continuaient à recruter, et pas que moi…des gens se sont expatriés, avec des mois difficiles en guesthouse, des revenus pas transcendants, des espoirs, des familles parfois (j’arrête, sinon Aznavour va faire un disque). Ils ne sont pas sûrs d’être payés, ni même de retrouver leurs objets personnels restés dans les locaux fermés avec un joli papier d’avocats placardé dessus.

破 産

はさん, hasan, faillite

Pour moi, ben c’est décevant, ça semblait idéal et pas plus. Mais pour eux, la misère.

Cela dit, pour moi aussi, sans doute, parce que ça jette sur le marché du travail plein de profs compétents, à caser…La concurrence, en fait !

Donc, là, c’est parti dans la course aux CV, youpi !!!

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