Je me suis donc décidé à lire en entier (et pas juste feuilleter dans les toilettes chez Anne, comme la première fois) ce monument d’ineptie suffisante, cette pièce de gloriole auto-ero-biographique, cette merveille se hissant droite et turgescente ver(ge)s le ciel ou plutôt l’étagère en fornica, posé entre les éditions reliées 1983 et 1984 du magazine Union, dont le contenu mérite autant l’appellation « littérature » que ce machin.

La pornographie, c’est l’érotisme des autres. (André Breton)

On objectera que j’en connais un rayon dans le style emphasé, mais Catherine Millet peut rayer des portières de BMW avec le sien.

« Je serais, moi, hydrocéphale et callipyge, les deux protubérances reliées par un inconsistant bras de mollusque (j’ai du mal à faire exister ma poitrine), le tout posé sur 2 poteaux qui entravent mes mouvements plus qu’ils ne le facilitent[…] »

On varie donc entre l’introspection ampoulée qui-fait-lire-en-biais (la branlette mentale sus(e?)-citée) et la description qui m’eu donné jadis cete vague erection que je cherchais enfant en allant lire en cachette les Newlook et Union chez le voisin absent.

Surprise ou pas, pas de madeleine fendue de Proust pour une hypothétique demi-molle, perdu par ses descriptions surdétaillées de « pompiers« , triolisme avec des mulets et autres partouzes fleurant la nostalgie vintage pré-SIDA à plein nez.

変態(の)

へんたい ・ hentai ・ perversion , anormalité / métamorphose, transformation (adj.)

Parfois assez sordide comme on peut l’imaginer, parfois juste barbant, le livre n’a d’autre trame que l’agencement autour de 4 axes (c’est en adéquation avec le contenu….), à savoir le nombre, l’espace 1 et 2 et des détails, souvenirs interminables, descriptions de pattes peloteuses plus ou moins propres, giclées de foutre et d’urine plus ou moins anonyme, avec une complaisance à la fausse modestie fabuleuse ;

Fuck me I’m Famous vs I’ve been fucked and am Famous now…Quel intérêt dans les 2 cas ?

« Paris Hilton vs.Catherine Millet: Fight For New Cock » bientôt sur PS3 ?

ちんこchinko ・ bite

Soyons honnêtes, j’avais décidé de ne pas aimer ce livre et le descendre.
Chose faite, sans doute…Ça renvois trop à une sorte d’impossibilité à assumer la dualité en moi, compulsif téléchargeur de vidéos sodomites et père-la-morale jetant son regard plein d’opprobre à qui fornique tous azimuts.
On assume ou pas. Elle oui, moi pas.

« Sur la route, comme j’avais demandé que l’on s’arrête pour faire pipi, André est venu me regarder et me caresser alors que j’étais accroupie […] C’est peut-être dés ce moment-là que j’ai appris à me sortir de l’embarras en plongeant le visage vers l’entrejambe et en prenant la queue dans ma bouche« 

Je pourrais sembler jaloux, alors…

Le problème à casser ce genre de trucs, c’est qu’on est actuellement dans une telle logique de pensée sociétale néo-late-70’s/post-gay-friends que ne pas aimer ce genre de trucs ou à plus fort titre ne pas le voir d’un œil complaisant fait de moi un vieux cul frustré, incapable d’assumer ses pulsions….
Ne pas adhérer à ce genre d’extrospections voyeuristes, cherchant l’attention dans le dernier domaine accessible aux déjà célèbres qui ne veulent pas céder à l’attrait du disque de reprises bossa dont on dira que c’est facile (et à laquelle « l’artiste » répondra qu’il l’a fait avant tout pour lui…foutaises!), le sexe, donc, l’exploitation imaginée ou effective de tous les fantasmatiques lieux communs datés du cortex masculin lecteur de magazine de filles à gros seins…Je veux pas.


Donc pas de critique possible sans « avouer ».
Le fait de trouver ça de la mauvaise littérature facile stylistiquement parlant sera forcement passé au second plan. Me défendre serait pire, restons-en là.

1/5, Union et Freud sont en bateau…ça rame. Je vais relire du Pierre Louÿs, plutôt.

D’autres extraits ici: http://www.arlindo-correia.com/catherine_millet_2.html

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