Une pièce dont je n’avais qu’un vague souvenir de collège, et pourtant, quelle classe !

Le premier acte expose le « plot » avec une simplicité alarmante d’efficacité et laisse présager beaucoup ou beaucoup présager, c’est selon.

La femme du boulanger de ce village provençal, c’est celle qui part, attirée comme la mouche par la lampe bleue qui la cramera, attirée par ce fruit véreux de l’amour passionnel comme…ça suffit les images en bois ! Non mais ?!

浮気

うわき ・ uwaki ・ infidéliter , tromper

À défaut de pétrir sa compagne dans le passé, le boulanger ne pétrit plus rien dès lors, sinon des idées, poussant le monologue du sentiment du cocufié/délaissé jusqu’à son paroxysme.

パン屋さん

ぱんやさん ・ pan’yasan ・ boulanger

Giono détaille avec un talent dingue cette dégringolade par delà les différentes étapes, de la négation, des désespoirs, désirs destructeurs, de soi, de l’autre, nihilisme, rédemption…
Le début de la pièce regorge d’une poignée d’excellentes phrases que j’avais noté sur un papier et perdu, bien sûr.

Moi je me suis suicidé en état de légitime défense.

Par la suite, le discours suit progressivement les remous du cœur et embrouilles du cortex du pétrisseur, et deviens en l’occurrence plus obscur, mais d’une richesse folle.
Du bon théâtre à lire, peu de provençalismes, juste un homme qui sombre avec plus ou moins de résignation et de dignité.

Pour bien mentir il faut beaucoup de sincérité !

Biographie de Giono (expliquant les 2 dates…)

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