Après un post digne d’un skyblog de collégien acnéico-gothique du 15ème, sans doute penserez-vous que je bois trop.
Voui.
La preuve:

Jean le troubadour

  • Château les Lauzettes, Cahors, 2002.
    Un Cahors moyen à 1200¥ vaut toujours mieux que beaucoup d’autres choses. C’est honnête, assez sec en bouche, tanins fort…j’étais étonné de trouver ça ici dans l’hégémonie de Bordeaux et Bourgognes à 3800¥ (et je suis gentil).
  • Jean Le Troubadour, Vin de Pays des Bouches du Rhône, 2005, Biologique.
    Juste l’énoncé du titre et l’étiquette devraient donner à Armand l’envie de se defenestrer (« Mais du rez-de chaussé, faut pas déconner, j’ai un cours de kung-fu demain !« ). Pourtant, contre toute attente, outre un excellent bouchon de liège véritable (j’abhorre ces modernes merdes de mousses lisses), le vin tient très bien la route, avec des notes très fruitées sans tomber dans le crumble, du poids, de la présence en bouche. Se développe bien aéré. Un bon choix pour 1450¥.
  • Les Hautes Vallées, Vin du Pays d’Oc, 2006, Biologique.
    On peut pas avoir de la chance à chaque fois, c’est comme espérer que les mouchoirs qu’on vous donne dans la rue ici ne vont pas lâcher en cas de rhume et que vous aurez les doigts palmés en plein Shibuya.
    Déjà, faudrait aimer le chardonnay, qui sied très bien le goût local, puisqu’on dirait un jus de fruit vaguement désucré à la base. J’exagère, c’était potable, mais le mal de crâne qu’on sent poindre dès le deuxième verre a fait que le reste est parti rejoindre les branches de thym dans une marinade d’aiguillettes de poulets grillées aux oignons et à la moutarde verte sur un lit de pommes purée au beurre salé, accompagné d’un petit médaillon de daikon frais rapé.

JanonCalvados

  • Château Janon, Bordeaux, 2004
    Un scratch sur l’étiquette, et hop, ça passe à 1000¥ ! Bien, ça.
    Si on aime les bordeaux, pas de problème. Comme c’est pas exactement ma tasse de thé à la vanille et aux copeaux de fûts de chêne, je vais juste dire que ça s’est bu facilement avec un bon film. Pas de mal de crâne, pas de souvenir impérissable non plus. Classique, efficace.
  • Château du Breuil, Calvados, 12 ans d’âge.
    Reçu par la poste comme un joyeux témoignage d’une amitié qui avoua peut-être ainsi son envie de me voir porter mes lèvres sur cet oblong objet au bout rouge cireux et visiblement bien astiqué, voilà un Calvados TTBM (=très très bien monté), excellent et probablement impayable, merci encore Armaninou.
    J’ai presque achevé de m’enfiler la bouteille tellement c’est bon, je dois avouer.

    aniane

  • Terrasses de Guilhem, Moulin de Gassac, Aniane, Vin de pays de l’Hérault, 2006
    Pour ceux qui l’ignorent encore alors que l’énorme film Mondovino en a parlé avec brio, Daumas-Gassac est un vignoble que les Mondavi, industriels de la vigne californiens à la solde du patronariat et du lisier impérialiste vendeurs de lessives, convoitèrent jadis pour produire leurs bouteilles à 100€ désormais fabriquées en Toscane.
    La pugnacité (j’adore ce mot…) d’ Aimé Guibert aura bouté les parvenus du Nouveau Monde vers d’autres terres, mais ça ne fait pas un vin de qualité pour autant, me direz-vous. Eh bien par un heureux hasard…C’est vraiment un très bon vin de table. Certes, il ne vaut pas les grandes bouteilles du domaine, mais à 1000¥, ça offre un feu d’artifice buccal de Syrah (assez dominant), grenache, cinsaults, bien souple, surprenant sans dérouter, pas lassant, fruité. J’adore.
  • Signum Aries, Salento Primitivo, 2005
    Un italien moins que basique, sans classe, acide sans avoir le charme de la piquette de campagne de René, plombant la bouche pour rien, aucun développement sinon un quelconque arôme de fond de cuve ferreux, plus Eros Ramazzoti que Frederico Fellini, comme quoi l’Italie part bien en couille (*que de racisme jouissivement gratuit ! eh eh !*)
    Sans doute bien pour la gardianne de toro.
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