Onsen Soleil

Le 10 octobre, il faisait un temps magnifique ici, ce dont vous aurez probablement rien à foutre vu que vous habitez ailleurs (et qu’en plus c’est fini).
Toujours est-il qu’on part pour Nikko (日光), visiter pleins de temples sans pause clope, malgré le nom de la ville (mais passons…).

Jzou_nikko

Nikko_2 Passé un petit templounet à l’écart, fort sympathique et désert, il faut se rendre à l’évidence:

観光

かんこう ・ kankou ・tourisme

C’est touristique, c’est blindé de français et assez vite, la batterie de l’appareil rend l’âme, comme d’hab’. Les temples sont en effet grandioses, mais surpeuplés de photographes du dimanche comme moi, prenant telle dorure, d’autre telle ciselure, un souvenir, un pan de lambris, peu importe.

Nikko_ciselléNikko_1
Nikko_faste1Nikko_Faste 2

En fait, c’est pas mal de ne pas photographier non plus, ça fait tomber la béatitude et le désir de possession. Certes c’est grandiose, mais…les dorures et débauches de richesses du bouddhisme me laissent assez froid, comme les églises surchargées de chez nous dont on vend le faste, mais au final, où est l’esprit, hein, ma p’tit dame ?

静める

しずめる ・ shizumeru ・apaiser , calmer ; réconforter

Dans le dernier temple visité, pardine ! Celui au fond, l’excentré, le spirituel, celui face auquel on se sent écrasé, par le calme et l’harmonie du lieu, par le poids des milliards d’heures de travail qui ont transformé un vallon sauvage en havre nivelé de plateaux, décorés avec soin, planté, taillé, entretenu, chéri.

Erables_nikko

Ça valait le coup, et contraste beaucoup avec le reste, du coup, malgré le speech trépanant du besogneur de cerveau d’office dans la salle principale, vantant une flèche d’or dont on pouvait acheter des répliques juste à côté, dans le temple même. Ils ont loupé le passage où Jésus donnait des coups de sandales dans tout ça. Quoi, je me suis encore embrouillé ?

 

Pour ceux qui auraient aussi envie d’être désabusés face à ce bouddhisme doré et « étatique », et accessoirement lire une bonne bédé, ressortez Ikkyu, de l’extraordinaire Hisashi Sakaguchi, encore trouvable chez Glénat en France en petit format, 4 volumes, le grand étant un massacre (recoupe absconte des pages et des volumes, fautes d’orthographe, prix prohibitifs…).

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