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La pause entre le jour 1 et le jour 2 des vacances à Kyoto aura été longue, mais j’ai été un peu pris.

Strass de noel

D’aucuns esprits chagrins et sodomites dont l’anagramme du nom serait Anne-Sophie s’imagineraient volontiers que par « pris », j’entends d’improbables ruts fornicatoires râpeurs de genoux écorchés sur des tapis en raphia, entraînant d’autres rondelles sanglantes dont la grande morale que j’ai m’empêche de faire l’analyse, mais non.

La sinusite s’est occupée de prendre mon nez, en premier, et Dieu sait (s’il est enrhumé de temps à autre ) que cet orifice aussi peut faire mal à force de pousser la matière qui l’obstrue, et qu’a force d’introduction de doigts curateurs, un certain flétrissement rougeâtre se fit sentir…

Le 22, j’étais invité chez les parents de Chiaki pour manger des sushis, ce qui ne m’arrive pas souvent, faut le dire (peut être que c’est normal avec ce que je viens d’écrire, faut être motiver pour payer du thon cru à un satyre comme ça).

Forcement, mon beau-père me prenant pour son sommelier perso, une fois entamé il entama (bravo, c’est fin…) un pinarothon, un marathon post-ThonSurRizCollant, des bouteilles de Bordeaux, Châteauneûf-du-pâpe et autres merveilles qu’il sort de je ne sais où…après les 5 bières de rigueur pour ouvrir le repas, 4 bouteilles de vin c’était chaud, et j’ai pas spécialement été étonné de me moucher couleur rouge en sortant fumer ma clope. Par contre, un peu pompette, je me dis que c’est étonnant cette odeur de cadavre autour de la maison….

Je remonte, et l’odeur est toujours là, par phases…le lendemain, c’est clair : ça vient de mon nez. Heureusement, y’a que moi qui le sent..jusqu’au lendemain, où tout le monde au travail constate qu’en effet, une odeur d’œuf pourri exhale de ma narine gauche.

ZombiKleenex

Joie de vivre, plaisir de renifler des puanteurs atroces sorties de mes propres entrailles nasales, j’hésite entre le suicide collectif tout seul avec mes figurines d’otaku monomaniaque de One Piece ou la consultation d’un médecin qui me bourrera d’antibios abscons.

Alors que j’ai des courbatures depuis 3 jours, mais surtout un écoulement nasal couleur pourpre/lie de vin qui jure avec mon écharpe et sent la venaison, je vais travailler quand même, parce que c’est le Japon, merde!

Souvent, les Japonais se moquent de nos « faiblesses »: s’ils sont malades, ils prennent des fortifiants bien chimiques (ginseng de synthèse+ gingembre+acerola+eau bénite+couilles de colin et ADN de singe…impossible de savoir ce qu’il y a dedans) jusqu’à ce que le corps craque et qu’ils soient hospitalisés, ou guéris, c’est suivant.
Comme si ça ne suffisait pas, j’ai 2 gros aphtes, dont un au fond, côté amygdale, la classe, on dirait une amande qui aurait choppé la lèpre.
moco
C’est le cas de le dire…
Le jeudi, c’est le jour off des ORL, tout le monde sait ça, alors forcement, on se tape 4 échoppes fermées avant de trouver un un éléphant bleu pour nous accueillir (L’ami Robin a prouvé maintes fois que rien ne vaut une bonne mascotte pour attirer les chalands).

Beaucoup d’assistantes, et pour cause: on remplit un dossier, on attends qu’une voix flûtée vous effleure le gros tambour d’un « isumaeru-san ? », puis vous donnez votre manteau à une employée charismatique comme un porte-manteau, après quoi le médecin entouré de 2 filles en blouse vous regarde une seconde, merci au revoir, allez faire la radio (avec une autre assistante). Il voit 5 personnes en attendant, puis on vous rappelle et il donne le résultat, et vous rejoignez 2 assistantes à la caisse pendant que 2 autres préparent les médicaments.

Résultat: 8.000¥ de moins, pour apprendre que c’est une sinusite et que c’est le sinus maxillaire gauche qui est plein. Je le sentais bien, mais j’ai eu la preuve par l’image : 2 radios obligatoires et vente forcée d’un traitement antibiotique d’une semaine, 4 jours à doses de cheval et puis on diminue.

À la rigueur, il a juste fait son boulot. Ce que j’aime pas, c’est qu’il regarde mon tube d’homéopathie, il demande à ma copine ce que c’est et décrète que c’est compatible, voilà. Règle de survie essentielle à noter pour le Japon : « Mieux vaut dire n’importe quoi que montrer son impuissance« .
Finalement, je prends des antibios pour la première fois de ma vie et ça passe. Je mouche les derniers rejets…

Itadakimasuuuuuu

Pendant ce temps, il y aura eu Noël, qui ici est la fête des couples qui vont au resto…on fuit la famille et les décorations néo-teutonnes ramenées d’un voyage (à Koenji, la ville des antiquaires ?) pour les bougies et l‘insupportable/omniprésente musique de circonstance devant un menu gonflé à 60 euros.

BimbonoelC’est le Noël des restos, donc.

Je reste couché quelques jours, pour récupérer, et au moment de déménager, le 29, il se trouve que la colloc n’est pas là et la propriétaire n’a pas le double des clefs. Je négocie à l’arrache avec le gérant de la guest-house qu’il me laisse jusqu’au 4 dans la chambre, parce que le 1er, on part à la montagne avec Kanegon-mon-coiffeur-filiforme, Nino-sa-copine-guère-plus-grosse, KuaKua-le-vendeur-de-bijou et sa nouvelle copine (mais c’est long, donc je le raconterais plus tard).

Shinenkai_2Shinenkai_1

Le 31, on aura re-mangé chez les Shimoyama avec Heeji, copine de Corée qui vient de s’installer au Japon pour les études. Les médocs et le Médoc n’allant pas ensemble, j’ai du mal à comprendre tout ce qui se passe, mais on va au temple à Minuit, boit le saké, prie pour l’année qui vient et rentre tard puisque pour une fois les trains durent toute la nuit.

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