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Je suis fleur bleu

Le KFC, c’est une grande maison, des combles à aménager, un sentiment de grandeur qu’on avait oublié dans l’habitat tokyoïte plutôt écrasant (soit par exiguïté, soit parce que c’est pharaonique), un espace fonctionnel pour vos baffrades matinales de pain complet et confiture bios, une grande télé et un tapis moumoute pour larver après (ça sent fort le couple trentenaire tout ça 😀 ), un jardin pour remarquer en déjeunant que l’air sent pas pareil en France, et pas seulement à cause du camembert « le rustique » et du chou fleur que nous mangeons désormais avec le bol de risotto aux artichauts du matin (n’importe quoi…)

Petit déjeuné au chou fleurStalker style

Le Big Jim de la maisonnée nous ayant gracieusement prêté son véhicule (utilitaire, sinon où c’est qu’on met la pompe a vider le bassin à carpes mortes ? Hein ?), plus un cellulaire (j’aime ce mot, ça sent bon les espèces de cabines portables des oligarques russes des early 90’s), nous vadrouillons à Aix et environs.

Aix a ouvert son nouveau pole en face de la rotonde, ça équilibre un peu le coté bourgeois suranné du centre ancien avec une posh-itude chico-froide du nouveau.

L’occasion de faire le plein de fausses fringues de Japonais chez H&M, boire un truc en terrasse, surpeuplées de fumeurs et infesté de troubadours tsiganes accordéonistes-brasseurs d’airs de merde qui partent plus de ta tête (Préférons Pol Pot au Melting Pot musical, comme disait quelqu’un, à moins que ce ne fût moi-même), Lambada+Les valses de Viennes+Remi Bricka+Le lundi au soleil+PadamPadam , etc…

Vous aimez la musique monsieur

Au Sextius, un pauvre étudiant en psycho(se) ou art plastique (un ennemi de notre bien-chéri président et du contribuable, donc) me rachète un paquet de clopes japonaises à 4 euros, la hype japonicool est pas prête de passer. Puis on voit un spectacle (merci Armand Sponsorship LTD) musical au nouvel opéra, puis on glande, promène, achète des omiyage, avant de partir chez mes parents.

Putain ça fait du bien de revoir les amis, mais je peux pas le dire trop fort, ce post sent assez la nostalgie d’expat’ comme ça.

En fait, pas du tout.

Pas dans l’autre sens non plus. Y’a tellement de trucs sur lesquels cracher au Japon que ça m’échappe quand j’entends des mecs clamer que c’est le renouveau de leur vraie vie qui n’avait de sens que pour s’épanouir ici, pwesentement, où ils ne remarquent pas que leur petite tatamisation qui sent des pieds moites cache un vide existentiel qui fouette franchement la vielle mycose trempée dans le natto.

(Des fans dAlphaville, peut-être, tout simplement)

Je dis pas ça parce que j’ai entendu ça ce week-end. Ou sans doute si. Bizarrement, on n’est pas trop rentré dans une optique de comparaison, on s’est contenté d’en prendre un maximum sur les bons cotés, de se faire plaisir. Je pense qu’on aime bien les deux pays, pas de larme à l’œil que j’ai glauque, comme le fait souvent remarquer ma dondon (on a bien mangé, ouais ! Ma mère aurait travaillé dans le sud-ouest avec des palmipèdes mangeables ça aurait été pareil).

Donc, chez Caro et Frank, nous mangeâmes, nous relaxâmes, et globalement avons profité des amis. Pour le reste, c’était presque le Japon:

  • Faire hanami sous les prunelliers, avec les cyprès qui balancent des kilos de pollen jaune fluo droit dans les narines de Chiaki.
  • Visiter Gardanne, charmante ville post-industrielle dont certains éléments rappellent Shibuya de manière troublante.

    GaruCercle de l'avenir

  • Regarder les carpes Koi dans l’étang, ou plutôt le basin en béton rempli d’eau saumâtre et de boue, l’une d’elle flottant insolemment le ventre à l’air avec un air de fonctionnaire corse, y’a pas a chier ils font même pas semblant de pas bosser dans ce pays. (après quoi, armé d’une pompe suscitée, Frank me bizuta mais sous peine d’avoir à expliciter le moment où je pris une grosse giclée grasse dans la face, peu glorieux en caleçon et chaussures de ninja, je m’abstiendrais.)

La prunelle devant mes yeux
Après quoi, il fallait bien aller faire pleurer ma mère pour justifier le titre.
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