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Tigress of shaolin

Petite pause dans le récit des vacances, parce que je viens de voir ça et c’est tellement incroyablement mauvais qu’il faut en parler.

C’est typiquement le truc d’exploitation de mauvais goût, raté dans sa presque intégralité. Kara Hui est la seule personne relativement connue du casting, et encore, elle n’en branle pas une, sauf se faire massacrer par un des méchants à la fin dans un pur style girlfight (coups de griffes dans le dos) à 2 yuan (une fortune…).

Le héros, imbécile musculeux sans relief (mais le seul qui a une once d’énergie dans cette motte de pellicule) va en ville suite au décès de son père, qui le recommande à un maître qui dirige une bande de faux apothicaires -docteurs, vrais malfrats métèques pourris sans morale.

On demande Sylvain B au telephone

« On demande Sylvain B au téléphone… »

Parce que le film est brillant à cause de ça, faut dire : Les méchants sont des Tibétains, et c’est répété à longueur de métrage :


Le méchant :
How dare you barge in here as an assassin

Le gentil :
You display the flag from Tibet, it doesn’t matter if you celebrate your birthday, Bastard !

J’ai pas trouvé à quoi ça corresponds vraiment (les relations Chine-Tibet rentrent dans une nouvelle phase de « relâche » après 1978, mais ça ne devrais pas affecter HongKong en quoi que ce soit), toujours est-il que c’est à ranger avec les films bien racistes de l’époque dans le sens où il n’y a pas d’autre argument évoqué concernant la méchanceté des pourris de service.

– Why didn’t you kill him?
– Sooner or later
I’ve to kill one and wound the other
and show them off in the street,
So that others may know
how powerful our Lama Fist is !

T’as raison, laisse-le s’échapper qu’on ait encore du pim-pam-poum de n’importe quoi pendant les 20 minutes restantes. Les combats sont aussi de l’ordre du n’importenawak : échappé par 3 fois des affreux charlatans, notre jeune éphèbe au regard vif comme une loutre mourante s’entraîne dur. Comme c’est censé être aussi un film drôle, on a droit à un entraînement spécial « comment faire des gros pets biens gras pour se sentir mieux après le repas ».

Ah ah.
Le point (poing?) ultime, c’est le « style du Lépreux« , qu’on apprend avec de vrais lépreux qui savent boire un bol de thé sans les doigts ET sans en mettre partout. Ducon 1er ne sait pas, c’est clair que l’usurpateur a échoué au test, mais un lépreux n’a qu’une parole, puisqu’il ne peux pas croiser les doigts au moment de jurer (là, j’extrapole peut-être un peu).

Armand se la joue

« Meurs, crevure tibétaine, retourne au servage capitaliste, tu trinqueras avec le Dalai-Lama et Robert Redford en enfer! »

Bref, les enchaînements sont en bois, et la seule chose qui empêche la léthargie, c’est la condition physique de M.Coupe-au-bol-comme-bruce, assez impressionnante.

Je sors jamais sans mon cerceuil

« Je sors jamais sans mon cercueil »

Les méchants sont super gratinés : Le classique cheveux blancs-moustache-natte, on vous l’épargne, mais ses 2 potes sont flambants : tronche-de-souris-sadique et son survêtement en soie jaune reçoit la palme du mauvais jeu d’acteur (enfin, tous postulent, hein ?) mais c’est surtout l’indien de service qui a un look à se faire découper à la scie circulaire dans la saison 3 de Dexter: Mi-hippy (Spartou, comme dit un jour Corbier dans le Club Dorothée), mi-Navajo de cosplay, voir pire, Leah Dizon en promo single, il se bat avec un peigne, une jambe pleine d’asticots, une fausse jambe de fer qu’il utilise comme un nunchaku, etc. C’est un vrai soulagement de le voir finir étranglé par ses propres tresses.

J'ai des fourches, ça craint
« Mmmmh, j’ai des fourches… »

Souvent les musiques de la Shaw, volant de bons thèmes par-ci par-là, ça colle bien. Mais là non plus, rien : c’est complètement à côté de la plaque, entre générique de fin de Benny Hill (certains combats sont accélérés, d’ailleurs) et chiptunes, musique de démo de jeu sur commodore 64 annulé 15 jours avant sa sortie.
0,2/5, pour le combat dans l’auberge avec le sidekick pelé qui meurt trop vite.

Un petit bisous
« Un p’tit bisous ? »

P.-S. : Bien sûr, aucune allusion à Shaolin ailleurs que dans le titre. Argument de vente as fuck..

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