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Noroi_rs

Ça semble cliché à résumer : on a retrouvé la cassette vidéo de  Masafumi Kobayashi, qui enquêtait sur les phénomènes paranormaux  et a disparu depuis l’incendie de sa maison dans  lequel  sa femme a péri, etc.

Cliché aussi en apparence, la forme : une cassette vidéo montée pour le commerce, avec de la mise en scène de très cheap, des extraits d’émissions TV, de la caméra à l’épaule, de la dramatisation

呪い

のろい ・ noroi ・malédiction

En fait, c’est très sympa.
Ça ne fait pas excessivement peur sur le moment, mais c’est jouissif par l’exercice de style.

Soit c’est excessivement bien foutu, soit l’acteur joue vraiment comme ça et c’est grave, toujours est-il que ça fonctionne a fond les ballons : Le coté « je me mets en scène dans mes propres cassettes » permet de filmer d’une manière interdite dans le cinéma, avec des flous, des saccades, du n’importe quoi en grain d’image, du mauvais goût assumé en musique tapageuse, de la VHS, des images fantômes, des ralentis pourris, des gros plans sur des visages crétinement expressifs

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Et aussi des personnages savoureux ou truculents (oué, j’lai placé !), comme ces énergumènes savant de village de dégénérés retraités qui ont toujours 2 magnétoscopes pour faire des copies, ou ces mères au foyer, amies d’enfance qui n’ont rien à dire mais sont ravies de l’exprimer devant la caméra…

Et surtout, un fabuleux médium tout vêtu de chiffons recouverts de papiers d’alu, une vraie psychose en puissance qui joue vraiment super bien.

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C’est un peu un pendant pas drôle (enfin, volontairement sérieux, plutôt) à Trick, le film comme la série, avec ses péquenots superstitieux des montagnes, ses malédictions millénaires et ses danses folkloriques d’éloignement du démon mais-forcement-la-danseuse-(fille-vierge-du prêtre)-s’écroule-en-gémissant-sous-les-convulsions-etc. Le grand classique, mais avec la classe.

L’esthétique est bien foutue, avec ses tricotages à la con de fils divers et variés, ses pigeons suicidaires et ces psychosés du quotidien.

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Et c’est là qu’est la vraie angoisse du film, si on habite au Japon, du moins; le lendemain matin, je me réveille…8 pigeons sont posés sur le toit de tôle d’en face… ça rappelle un truc.

En sortant, dans le parc d’en face, un gamin se cache dans un coin… les maisons sont du même genre… le même ballon dégonflé et blanchi par le soleil… les mêmes volets de papiers, déchirés et jamais remplacés.

La maison qu’on démolit, et la tractopelle a butée sur une grosse pierre…Argh…

Franchement pas trop mal : 4,1/5

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