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Suggestion musicale du moment…

As Friends Rust : A Young Trophy Band… EP

AFR

Dans la série qui ne change pas, AFR a beau évoluer depuis ses débuts, j’aime toujours autant.

Assez facile, cet EP : du Boys Sets Fire époque « after the eulogy » prit d’une envie de chanter du Danzig, alternant passages old schools et emo moderne et bien catchy (pas du Deep Elm et autres « je pleurniche parce qu’on a cassé mes lunettes en écaille » sur une mélodie indéfinie).

Bizarrement, même les passages « rappés » échappent à l’atroce (= « néo-métal »).

Pas gagné de ne pas l’avoir en tête avec tellement de singalongs (trademark du groupe ). Mentions spéciales aux titres (bien trouvés), comme Born with a silver spoon up your ass ou More than just music, it’s a hairstyle”.

Assez consensuel pour plaire à presque tous amateurs de rock, sans être putassier comme Avril Lavigne.

Bobby Lapointe : Avanie et Framboise

Avanie

Voilà, je vieillis et comme le lecteur de Télérama, je commence à apprécier Bobby Lapointe. Avant je faisais juste semblant.

Parce qu’on dirait que tout le monde doit aimer ça sous peine être le peigne-cul ultime qui ne connaît pas ce qui est bon ou se sent au dessus de la culture et sera donc tondu à la libération.

« Un monument de la rhétorique drolatique, ah ça voui ! Uh uh !.. »Moi je trouvais ça secrètement bidon, ces onomatopées, allitérations, une chanson paillarde sans le cul, genre.

Avec plus de bouteille mais étonnement à jeun, je remarque que je ne déteste plus, en fait. Le côté  » je raconte une histoire sans queue ni tête, pour le plaisir des mots » me guide lentement mais sûrement vers le clan de ceux qui achètent encore l’almanach Vermot, mais j’assume : c’est sympa.

À écouter au casque pour tout comprendre, et parce que c’est peu fashionable musicalement (ou plus exactement, pour empêcher ma copine de faire la conne pendant que j’écoute).

Guilt : Further

Guilt_Further

Guilt, c’est le groupe dont je ne trouve presque plus de trace sur le net, alors que ça me semblait être une référence du genre jadis. Et je dois pas être le seul à penser ça, vu le nombre de groupes qui digèrent encore cette influence.

Guilt, c’est le groupe qui sort un EP gris dont tous les titres s’appellent « Untitled » mais satellisent ta mère en 3 riffs schizophréniques, et ce n’est que le début puisqu’un morceau tourne souvent avec 10 riffs de plus qu’un morceau « compliqué » des Ramones (époque « Road To Ruins », par exemple).

Guilt, c’est une montée monstrueuse de 6 minutes, basse-batterie, puis guitares libératrices – une bande-son pour ton apéro-sabbat, une défloration mentale à la perceuse à béton pour ton imagination musicale enchâssée par des années de Lara Fabian au rayon sopalin™ de Géant Casino®.

Guilt c’est ce son acide, qui attaque, comme si tes oreilles étaient des huîtres et ce disque, le jus de citron. Accroches ultra rock couillu mais émotivité à fendre les pierres, disque sexy, agressif, adulte. Pas loin être le EP parfait (dans le genre).

Glass Candy – Tour CD

Glass Candy - Tour CD

Imaginons Gorgio Moroder revenant d’une soirée minimal tek et en pleine descente d’acides.

Hugues se souviendra sûrement de cet été (il y a 5 ans environ) où je lui ai cassé les couilles et les baffles pendant une heure en lui infligeant de l’italo-disco à la chaîne dans sa propre bagnole, sous prétexte que  » tu verras, ça va revenir après le revival new wave, en même temps que la dance 90’s « .

Comment c’est prétentieux de se la péter prophète comme ça ! Ayaa !

Disons donc juste que ce n’est pas Kiko et son électro-italo-disco (que j’aime beaucoup), très Sparks, très Salsoul, très propre : Ici, pas vraiment de nappes de violons, ni de beats binaires (c’est pas très dansant pour une appellation « disco », au fond), juste l’emphase sexy, les claps biens placés, des voix féminines chuintantes, comme Samantha Fox qui ne serait pas sorti de sa poubelle.

Faussement dansant (sauf « Beatific »), bien digital, très bien

Envy – Insomniac Doze

Envy

Journal de bord, 12 mai

Il a fait beau. hier, Sylvain et moi avons beaucoup marché.

C’est décidément beau, les Pyrénées.

Au petit matin, la fraîcheur de l’aube et les 2 litres de coca bus la veille tirent le petit Syl de son sac de couchage kaki acheté dans un surplus de l’armée, chenille de nylon déjà effilochée dont il s’extrait comme un pied de lépreux d’une chaussette de polyamide, laissant s’échapper dans la tente le restant de flatulences nocturnes qui n’y étaient pas déjà, une vapeur chaude et grasse, chargée de particules de cookies, sandwich aux rillettes Ed et 2 pots de nutellas qui ont symbiosé désormais le reste des aliments pour ce qui est de l’aspect visuel.

Enfilant aussitôt un pull a capuche commun sur une casquette qui ne l’a pas quittée depuis Édith Cresson, il frôle l’herbe humide de ses Van’s en soldes (parce que beiges, jadis…)et va se planter derrière un mélèze, au pied de la falaise mais pas trop, pour admirer le paysage des brumes matinales, qui le rendent mélan-colique, puisque *prouich*, on peut le dire *froutch !*, il *ahaa*…

ARGHARGHAAAAAAA !!!

Le son brut d’un râle animal, le hurlement sauvage qui s’échappe de la gorge de Syl-chan pendant que l’ours blennorragique, par l’odeur du Nutella alléché, déchire l’hymen rectal de mon blond ami, promesse de tant de nuits sur le ventre, des poils de bête collés dans la glaire anale, de bave chargée de phéromones vieux d’une hibernation, de tremblements de peur et de douleur pas larvée du tout, de rage et de désespoir, de vieillesse ennemie...C’est aussi ça un disque d’Envy.

« Ismaël, lâche ce putain de caméscope et viens m’aider ! »

Envy, c’est l’orgasme auditif sans les points de suture, l’émotion jouissive, le sadomasochisme du gros tambour (montons donc encore un peu le son, ces guitares acérées lacèrent grave).

On admirera la finesse des passages post-rock, tout en subtilités, et la voix toujours uniquement agressive mais intériorisée du hurleur-chanteur.

Un peu plus post-rock mais toujours ce HxC unique, ces mélodies entêtantes, et cette délicatesse cachée derrière un mur de guitares qui grésillent.

Un must-have.

The Promise Ring – Electric Pink EP

Promise ring

Encore un de ces groupes qui concourent pour le titre de “je suis un peu limite niveau chant mais ça passe”.

Un bon 4 titres de collège rock / emo bien foutu, facile et accrocheur.

We look like animals 7 days a week»

Electric Pink est peut-être le titre le moins excitant, mais Strictly Television et sa guitare quasi mécanique ont des accents d’Elliot Smith assez sympas. American Girl a le charme d’un morceau à la guitare, chantée dans la forêt autour d’un feu de bois pour remonter le moral d’un ami qu’un ours aurait…ah…passons.

Make me a mixtape est ma préférée : chant en décalage complet, nullissime, presque parle MAIS des mélodies « pelleteuses a cerveau », des textes qui parlent à tous ( Qui n’a jamais fait une cassette « spécialement pour une copine » et s’est senti con après ?)

« Don’t forget Hüsker Dü ! »

Name dropping bien géré en plus. Approuvé.

Figurine – The Heartfelt

Figurine

Il y a sans doute 5-6 ans, je tombais sur Figurine et leur premier mini-EP sur une plate-forme de téléchargement norvégienne a laquelle je ne comprenais rien, sauf « click here »

Je ne regrette pas.

Le son a un peu changé, c’est plus pop, plus frais, plus efficace. Bonne electropop/synthpop avec des instrus assez Warpiennes par moment, comme Aphex Twin qui essayerait de passer à l’Eurovision en remixant un morceau de Telex et Tear For Fears ensemble.

Écoutez donc « impossible » , morceau bien pop et classique, (rappelant un peu Console – écoutez « 14 zerozero » si vous ne connaissez pas), synthpop légère mais avec un gros « HuiIiiii » au milieu de chaque rythmique, comme une corne de brume samplée-pitchée qui rend le tout passablement agressif et donc efficace et pilonne le neurone.

Bref, « ça l’fait ! » comme disaient les blaireaux des années 2000. Voix cheap, synthés doucereux, pas super dansant, mais franchement pas un cauchemar.

The Pipettes – We are the pipettes

Pipettes

Grosse claque à la première écoute.

Énormément de son Phil Spector, un coté cheap et psycho mais trop soul, fichtre, c’est quoi ? Une supercherie ? Mais alors, c’est vraiment super bien fait !

Des chansons toutes plus 60’s les unes que les autres, genre Tony Hatchet/Julie Grant, mais moderne. Anglais mais Motown, dansant mais gouailleur…rhaaaa…

Explication après avoir retrouvé internet : le groupe est un essai de transformer le bouquin de the KLF (que j’écoutais justement ces derniers temps, étonnante coïncidence, uhuh). La classe !

A écouter :   Pull Shape et July

Pistolita – Oliver under the Moon

Pistolita

J’ai écouté ce disque 10 fois en 3 jours, je pense. Puis soudain, ça m’a gavé. Trop facile ?

Un côté disco fort (comme chez Circle, l’enthousiasmant groupe belge) collé dans un rock bien calibré, assez saturé pour être dynamique mais pas trop pour rester accessible à ceux que ça rebuterait.

Un piano volé quelque part, des morceaux assez entraînants pour les garder en tête, mais…

Au final, en re-écoutant après un mois, une impression de lisse, de trop léché, de trop « tear-jerker pour émo-kid ». Pas mauvais mais pas foncièrement bon en écoutant plus de 6 fois.

Comme un tube d’Hinoi Team : facile et efficace, mais parfois lassant et pas forcement du meilleur goût.

Brandi Carlile – The Story

Carlile

Ça sent le sud, le blues (quelle horreur…),

le road-movie des 90’s où le héros rentre dans la maison du Minnesota en regardant son reflet dans le rétro du camion qui l’a pris en stop, la route défilant au fil de ses souvenirs de bluette de crétin, des années de vie en couple a manger les mêmes glaces dégueu aux parfums tape à l’œil, et maintenant elle est partie avec cet éditeur new-yorkais, ouin ouin…je me rase plus…ouh ouh…

Mais ça va, bientôt une amie d’enfance de passage chez les parents posera sa tête sur ton épaule et vous ferez l’amour comme des idiots sur 20 cm² de couverture à carreau, les mugs « friends » se renversant pendant votre missionnaire devant ce four de potier où elle est venu faire ses trucs, parce qu’il fallait que ce soit une artiste, quoi…bref.

Brandi ne fais pas du vin cuit mais du rock-pop qui tape, comme n’importe quelle chanteuse qui à une voix qui porte et sait écrire avec une guitare sèche, un peu comme Sheryl Crow si elle avait plus de talent et de bon goût.

Facile et parfois un peu déprimant, mais bien foutu.

Funkey Monkey Babys – 2

FMB

Déja, c’te tronche…

Les chanteuses japonaises, c’est un monde à part, comme l’analyse très bien R.Patrick. Ça peut reposer le neurone pour peu que ça ne vous exaspère pas.

Par contre, les mecs…C’est le style ultimement opportunisme, le style « j’ai peur de rien, je rappe sur de la dance d’usine avec une guitare sèche et du piano au fond et un break de guitare à la petite semaine ».

Toute chanson doit être facile à retenir, « positive » (=concon), le refrain fini avec « yeah! », le tout étant hurlé par le cœur de l’armée rouge sous MDMA lors du dernier couplet.

Points importants d’un bon disque de techno-rap-pop-folk-yaourt :

*Doubler systématiquement les voix, autant que possible. Ce disque est un des exemples les plus poussés : ils sont 3, certes, mais autant de vocaux en même temps c’est vraiment ridicule. Et dire qu’on se foutait de moi quand j’écoutais Oipoloi! en voiture…

Ici, les vocaux sont juste légèrement décalés pour avoir l’impression de puissance recherchée (les mouvements de masse, c’est le nerf de l’armée, hein ?).

*Cela dit, ils n’arrivent pas à la cheville d‘Yvan Rebroff, malgré un essai de passer autant de clichés dans les textes que le faux russe d’opérette : Et que je te braille des « sakura ! », et paye tes anglicismes, et envoie les rimes faciles à base de name-dropping de voies de chemin de fer (sans rire…), et achève le chaland avec un faux plan reggae au piano digital et bruits d’étoiles sur les breaks…

C’est du feel good qui t’envois des fléchettes de plastique dur dans la tête…du feel good…je suis atteint…je vais encore mettre une semaine a m’en remettre…

Trop pop et sucré pour ne pas être dangereux.

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