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Ben maintenant, ducon !


Fleurs Sancha
« Ojamashimaaaaaassu~~~~! »

Et depuis quelques mois, quand même.

[ce billet s’était perdu dans les limbes de « j’ai pas le temps » et est destiné à ceux qui ne le sauraient pas encore.]

sancha douteuxFinalement, à presque 31 ans, arrive le moment où pour la première fois, j’habite avec une fille, renonçant en apparence à tant de masturbations solitaires et impudiques, à tant de navets regardés en étant défoncé comme un âne au soleil, à tant de caleçons sâles éparpillés dans les moutons du dessous de lit et autres vaisselles remises au(x) lendemain(x).

Sancha_bureauVous croyez que je vais vraiment vous en sortir beaucoup, des phrases de trentenaires pourries comme ça ? Vous m’avez pris pour Benabar ou quoi ?

Revenons aux faits : au début, j‘ai habité à Inokashira-Koen, à cote du parc, de Kichijoji et des ses 1000 et unes jolies filles, de ses dramas locaux (Last Friends, dernier en date), de GTO, du musée Ghilbli, Gihhbli, Ghibbly, Chibblib-ibmli, GHIBLI (merde alors!) et du studio 4C.

Mais la guest house à 80.000 la chambre, même avec une bonne ambiance, des gens vraiment sympa et des barbecues dans le « jardin », ça fait cher.

J’ai déménagé à Ichigaya, ou plutot Ushigome-Kagurazaka.
Quartier de français, trop d’expat’s, trop de hauts fonctionnaires, de résidences froides qui puent le luxe abrutissant des classes dirigeantes déconnectées de la vie des travailleurs exploités mais volontaires. C’était bien comme expérience, et je regrette la formidable Ashleigh, courageuse colocataire exilée au Japon avec sa seule curiosité pour bagage, Baby-sitter et coach sportif privé, gentillesse et tolérance exemplaire, blabla.
Et surtout, pas peur de se retrouver avec un mec plus vieux de 12 ans qu’elle, avec sa sale tronche de pervers (effectif)…Chapeau.

Fin février, je rentrais en France pour un court séjour, et il fallait trouver un appartement en Juin, l’heureuse collocation ayant une durée limitée. (Laissons de coté les angoisses jalousico-culturelles de ma Chofuïte…j’ai compris en discutant avec d’autres mâles locaux : pas un pour jurer qu’il aurait pu resister à sauter la coloc’-pourtant pas une manequin, mais bon… Hormis leur problème d’hormones, y’a a pas un que la notion de consentement mutuel a effleuré. Bravo.)

Faut savoir que c’est pas forcement évident d’être en collocation ici : Il y a ceux qui cherchent des étrangers en espérant parler anglais et améliorer leur niveau pour pas un rond, et ceux pour qui c’est l’occasion de réclamer une part de loyer anormalement élevée (dans ce cas de figure, c’est pas forcement que des japonais…cf.la copine de Shiki, jadis en colloc avec un jamaïquaine qui lui demandais pour des raisons diverses +40%).

CouloirLampe

C’est le danger de la location pour gaijin : on sait que vous êtes vulnérables.
Oh certes, pas tous pareil, mais généralement, les jeunes (dont je ne suis plus, mais bon…) le sont : impossibilité de trouver un garant et de payer les premiers mois d’un appart « normal », donc obligé d’être en guest-house ou colloc dans le meilleur des cas (voir au pair, mais c’est un autre problème)

Sancha tatamiSancha_1

Donc, après avoir visité bien des apparts, souscrit, payé 500.000ens d’emblée (2 mois de caution à 110.000, un mois de caution, un mois de frais d’agence plus un mois et demi de vrai loyer), loué un fourgon à 22h23, attendu Taiki, cherché un frigo, une machine à laver et une TV à Ikebukuro avant de foncer à Ichigaya bourrer tous mes cartons dedans, puis tracé à Sangenjaya, tourné en rond sous la pluie dans le dédale, fait une marche arrière de 350 mètres dans un esquiche-coude, déchargé, rembarqué, rendu la fourgonette à Yotsuya, crevé la dalle et avoir l’appétit coupé dés les fesses posées au Johnathan’s (un effet récurrent pour moi…les family restaurant me coupent l’appétit, avec une petite réserve pour Denny’s, moins dégueu), après avoir essayé 1000 fois de dissuader chiaki de l’utilité d’acheter des rideaux à 10.000ens, après y être arrivé, après avoir arpenté Ikea, FrancFranc et autres magasins d’articles vaguement design et franchement surtaxés, bref, après installation, nous avons pendu la crémaillère.

ShioriYusuke
Aki-chanhumour

Hélas, pas à la française comme je l’espérais, c’est à dire au début, avant les meubles, avec la sâle musique et tout le monde qui fait le DJ baltringue, un gobelet en plastique à la main, le mégot écrasé sur la moquette, les bouteilles qui s’entassent mais personne n’a amené de jus et personne n’a le courage de boire la vodka brute, la salade de riz que personne ne mange et qui s’oxyde mollement dans son saladier duralex, les curly’s qui collent aux dents, le joint qui tourne sur la terrasse, les plans de drague lourds et l’hasardeux retour en bagnole qui oblige de rester alors qu’on se fait déjà chier depuis une heure, etc.

Non, on a évité le pire : tout le monde assis autour d’une table basse, parlant à tour de rôle sans blesser personne ni exprimer d’opinion vraiment personnelle, picorant avec modération pour que tous en aient, s’excuser bruyamment de prendre le dernier morceau, musique banale, j-rock d’usine sans saveur particulière, tout le monde qui calcule sur son téléphone à la fin, une facturette de combini à la main, voila, ça fait 1633ens par personne, faites l’appoint, mata neeeeee !
Non, c’était un hybride plutôt réussi : musique salement électro, repas n’importe quoi mais bon, ambiance qui bouge, photos, propos débiles…Chiaki avait fait des Gyouza (raviolis de style chinois), et moi de la sangria, des maquereaux en gelée de vin blanc-groseille, salade bâtarde de spaghetti-crudité, flanc d’aubergine, charlotte chocolat-tofu.
Voila.

Coucher de soleil_sancha

C’est histoire de dire aux amis qu’on les attends désormais, avec notre petit 2LDK (2 chambres en bordel, une moquette et l’autre tatami+salon-cuisine+salle de bain pour nain de jardin+toilettes pour homme-tronc), son balcon sur lequels courrent les goya, pousse le mimosa et où il fait bon manger du warabi-mochi et parler avec quelqu’un d’intéressant (c’est rare de rencontrer des gens qui ont quelque chose a dire, ici)

Goya_3Goya 3

Je crois que j’ai échoué à éviter le syndrome Vincent Delerm / Benabar, le raccontage d’aventures de déménagement bidon et autres fêtes de trentenaires nostalgiques des années 80. Mes excuses.

Sancha plaque
À reciter d’une voix monotone comme le « chanteur » précédement évoqué : « 

La vie c’est un peu comme/ une plaque d’appart ou on/ n’aurait pas encore ecrit le nom/, parce qu’ils n’ont pas le temps et en fait,/ ils aiment pas trop etre amis avec les voisins… » ♪♫…ploing ploing…♪♫

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