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Todoroki_Carte
Où est encore le nord ?!


Vous remarquerez avec un enthousiasme non feint combien les billets récents sont moins atrabilaires qu’ils ne fussent de par…de par avant.

C’est l’été. Comme le fait remarquer RP avec le verbe brutalement appréciable qui fait sa patte, « l’été c’est la saison où tu pues tellement que tu crois que c’est quelqu’un d’autre ».

Todoroki_Il pleut1

Moi ça me réjouit, mes narines à ailettes étant équipés de capteurs sélectifs qui non seulement dévient mes flux musqués vers les autres, mais aussi en sélectionnent les fragrances élégantes et fleuri-boisée pour n’en garder que l’appréciable. Bref, je me kiffe et les autres meurent. C’est le darwinisme olfactif.

Pendant que je sirote mon expresso éthiopien sous les goyas de la terrasse et que du four s’échappe le parfum torréfié des rochers « Michael Jackon »*, je repense à la vallée de Todoroki, sa fraicheur, ses odeurs d’humus, d’eau vaguement vaseuse, ses sources ferrugineuses…

Todoroki_Plots_2 Todoroki_plots_1

Todoroki est quelque part entre Futako-Tamagawa et Jiyugaoka, ce qui vous permet de tout faire d’un coup, à condition bien sûr de voir un intérêt à Jiyuka : présenté comme un quartier « à la française » pour une raison qui m’échappe (nous n’avons pas les mêmes valeurs…), c’est surtout un enchainement de boutiques, certes parfois sympas (le magasin Adidas défonce bien), mais globalement ça reste un PUTAIN de centre COMMERCIAL, comme quasiment tous les quartiers désignés comme « sympas » par les fraichement trépanés de l’université.
Par contre, les allées centrales avec des bancs sont très appréciables.

Avant ça…
Pour ceux qui n’auraient pas vu le superbe  « De l’eau tiède sous un pont rouge«  d’Imamura Shohei, on le conseillera.

Todoroki_Pont rouge Todoroki_Escalier

Moi je risque de me souvenir longtemps de la projection en salle, à Aix, alors qu’Oe Kenzaburo faisait une présentation sans grand rapport avec le sujet (« j’ai bien connu Shohei… », etc.) mais brillant tout de même, avec ce langage minutieux qui faisait transpirer lourdement l’interprète, gargouille d’entre deux âges affublée d’une tête d’une atterrante banalité traductrice à lunettes.
Dans les 10 premières minutes, alors qu’arrive la première scène de sexe, la salle sursautait d’un coup en remarquant que l’eau tiède en question, c’était celle de cette cleptomane femme-fontaine, et qu’il allait en couler pas mal sous le pont jouxtant la maison.

[bande-son : Pink Floyd x Barbet Schroeder – La vallée]

Ici, seule l’eau du ruisseau éclaboussa mes mollets velus sous le pont rouge, la timidité et le nombre de marcheurs dans la vallée n’encourageant pas d’autres effusions.

Todoroki_vallée 3Todoroki_Vallée1

C’est pourtant très humide, cette gorge profonde, ses berges humides glissantes de feuillages roux-brun…ce mince ruisseau qui coule comme pour accueillir la bouche sèche du promeneur égaré dans les tréfonds moites de la fente…Ce flot qui enfle et pulse alors que la pluie redouble de coups, les gouttes tombant en gerbes chaudes, l’orage excitant les esprits tandis que le cheveu mouillé colle au front et que le muscle se noue sous l’effort, quand on se hisse jusqu’au temple avoisinant.

Todoroki_Temple en bois

Là, une vielle employée nous offrit un parapluie pendant que je me demandais si ces drapeaux annoncent une prochaine gay pride, sont un souvenir d’Italie, les couleurs d’une de ces énièmes sectes absurdes qui travaillent le nippon en sous-main ou juste de la décoration de couleur.

Todoroki_temple en bois2

Après avoir fumé une clope assis au bord du lit, on rejoignait Jyugaoka, avant de finir au resto chinois. Fin.

Todoroki_repas chinoisTodoroki_Jyugaoka

*(40gr de sésame noir, 50gr de sésame blanc, 45 gr de farine, 60 gr de sucre de canne, 1 oeuf, un peu de poudre à lever, un peu d’eau, une goute de fleurs d’oranger, voila…)