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Arrete ou ma mereÀ force de trouver que tout et n’importe quoi, ou n’importe qui en l’occurrence, est culte, ma génération -et la votre aussi (enfin, pas Robin, hein…ma prostate va bien, merci)- enjolive tout et n’importe quoi sous prétexte que c’est « so 80’s », « c’est fou, Stallone, tu vois, trop imposant à son age »,etc.

[Sylvester Staline : I Don’t Pay To Fuck]

The Italian Stallion (ou encore Hercules à New York, pour le cas de l’autre autrichien) est en effet plus ou moins culte, mais à part Armand, dont le goût vraiment trop hétérosexué cache surement quelques turpitudes, je ne vois pas qui pourrait qualifier le film du titre d’autre chose qu’une grosse merde infâme. Mais là n’est pas le sujet.

[Paragraf 119: Fuld Af Lort]

Maman au Japon_Hello l'horreur
Le bus perso de Ma Sainte Mère arrive...

Le 27 aout est désormais une date commémorative : ce mercredi-là, ma mère débarquait à Obaba beach avec armes et pacquages, fruits secs générateurs de troubles gastriques pré-gaz moutarde, saucisson d’assaut et cabequou de combat interdits par la convention de Genève.

Après avoir pris l’express (que j’avais pris sans ticket à l’allée, et dont on m’obligeait à payer la reservation QUAND MÊME !), je remarquais que les cheveux méga-blancs-super-cosplay de ma mère allaient lui conférer un avantage de taille : les Japonais la croient tellement vieille qu’ils lui laissent TOUJOURS une place assise dans le traino_O

Maman au Japon_shimotakaido-c
Mais où est Charlie Marianne ?

C’est vrai qu’à 72 ans, les autres brouteurs de wakamé arborent une crinière noire ou violette du meilleur effet, voire un toupet à l’ancienne, mais aucunement la coupe d’Andy Warhol.

Du coup, ma mère a l’air paléolithique et force le respect. Ouéééé.

[Calabrese : Voices of the Dead]

Maman au Japon_Devant Kabukiza

Le premier jour, laissons tomber.
Le jeudi, c’est la dernière du Kabuki-za dans sa forme actuelle : le bâtiment fermait le lendemain pour rénovation, alors que le jour même, c’était juste nos yeux qui se fermaient pour épuisation (*).

[Je tiens à saluer ici le génie de Stanislas R, qui se reconnaitra surement, qui a fleuri de ses néologismes poétiques mon adolescence et ses parcours dans les minibus de montagne qui vous bercent de portière en portière, de virage en virage, d’embrayages cassés en freins défoncés, de petits déjeuners maltraités en flatulences appropriées…

Je ne rigole pas : j’ai adoré ces « fautes » et ça m’a gâché quand je ne sais quel ex-camarade trisomique des garrigues s’en est amusé au mariage de ton frère…passons..]

Maman au Japon_groupshot
Yoooooshaaaaa !

Parce que spontanément, ça ne me prend pas souvent d’acheter un billet à 5000 pour aller voir un art séculaire (donc éclairé d’une aura de chiantitude potentielle, pouf faire dans le style pathético-hystérique de l’autre lévrier d’Anjou…).

En fait, c’est Stéphanie, mon helvèto-berlinoise de cousine, qui m’avait demandé de retenir des places pour le spectacle, après quoi elle annulait le voyage pour des raisons qui ne regardent pas la plèbe, mais sont assez sérieuses pour renoncer aux délices des Onsen d’Izu (dans les épisodes suivants).

Je compatis, chère cousine, et sache que tu es la bienvenue en tout temps.

Et passons le message : si l’un des lecteurs de ce chiffon numérique avait connaissance d’un poste en germanistique dans une université tokyoïte, qu’il se dénonce à la kommandantur en m’écrivant sur skype (ici) ou par mail (là, aussi).

Maman au Japon_Kabukiza_Jun-c
La mère de Chiaki est à gauche. A GAUCHE !

Alors le Cabecou Kabuki, c’est pas aussi pénible que ce que je pensais, sauf à la fin.

Déjà parce qu’il y a des oreillettes avec un mec qui t’explique le pourquoi du comment, dans un anglais tellement élaboré que j’étais content de me démerder dans la matière. Aussi parce qu’il y a une histoire, que c’est joli visuellement, etc.

La deuxième partie, j’émets des réserves : 2h de danse et de chants, autant d’occasions de dormir pour à peu près toutes les personnes dans mon champ de vision, de sueurs pour le commentateur ici, le sens du texte s’est perdu, du fait que l’interprétions atteint un sommet poétique inaccessible au profane, de même qu’au chanteur qui doit mémoriser les sonorités sans comprendre. » .?o_O’?..), de douleurs articulaires pour les joueurs de Shamisen (2h en seiza, ouech blédar !), de pantalon vermillon de 3 mètres et autres splendeurs costumières impraticables et tortures de repasseuses.

Maman au Japon_Shinjukugyone1
On dirait la Suisse…

Après quoi, le sadique qui est en moi trainait mes femmes vers Shinjuku-gyoen, piétiner avec des talons pendant 1h10 (fermeture oblige) dans les graviers mi-secs et poussiéreux, mi-humides de la transpiration qui goute de nos fronts à cause du soleil qui tabasse.
C’est comme d’habitude, c’est joli et c’est tout.

Maman au Japon_Yoso3Maman au Japon_Yoso2

Quelques cafés chics et chers, puis quelques changements de trains plus loin, je faisais la cuisine pendant que les femmes faisaient leurs valises.

Maman au Japon_la classe avec 2 ptit chiens-c

Ginza, capitale de la classe…