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Soirée Ebisu_pedro autumn

C’était y’a quoi…un an ? Encore un de ces anniversaires anonymes, dans un café gentiment anonyme aux tuyauteries anonymement peintes en blanc.

Le genre où tu sais plus qui invite, et inévitablement y’a une fille avec un chandail rose saumoné qui tire la tronche dans un cercle d’un mètre autour de la personne à qui t’as demandé ce qu’on fout là, au juste. C’est elle. Tant pis, faut encaisser.

Soirée EbisuSoirée Ebisu_Yusuke la sape

Beaucoup de jeunes, beaucoup de beaux. Les yeux se croisent, ça chauffe de l’oeil tout en se cachant dans son groupe et sa banalité conversative, scotchée dans le confort distant de la banquette.
Moi aussi, je mate à décoller la rétine alors que Yusuke n’arrive pas a faire la mise au point sur les culs qu’il entend photographier avec mon appareil. Fallait amener le tien, poulet, le mien vaut rien au dessus de 400 asa.

Je suis le seul blanc, ils sont près de 100. Dont ma copine. Fait pas le con.

Soirée Ebisu_gin tonic

Les gin-tonics s’enchainent et je le deviens aussi, je suis comme un rappeur à la petite semaine qui sourit en trouvant sa rime riche qui déchire, « ouech, chuis tonique dans mon jean, hinch ! », avant de devenir la risée des potes de la MJC le lendemain.
Moi aussi, je souris…je souris du sourire idiot de ceux qui sont observés, mais à qui personne ne parle, du sourire forcé de ceux à qui finalement on parle mais pour ne rien dire (le gaijin bavard, un mythe durable), du sourire de celui qui voudrait évaluer du doigt le coefficient de perméabilité rectale de ses maudites porteuses de mini-jupes qui ne se détachent JUSTE pas assez pour voir, mais tout de même trop pour ne pas espérer. Je souris parce que…

Soirée Ebisu_Banc de fletans

T. parle à tout le monde, comme d’habitude. Avec une aisance déconcertante, il virevolte d’un groupe gloussant à l’autre, distribuant les cartes de visite sous l’oeil soudain réprobateur de celles qui ont senti le renard. C’est d’un ringard, neee ?

T. viens me chercher : « Tu vois la fille, là-bas ? Elle aimerait bien LE faire avec un étranger, elle n’a jamais essayé avec un Européen. Tu viens ? »

T. draguouille la bonne copine dont les yeux lui envoient des fax comportant la mention « BREDOUILLE » en gras, italique, souligné, surligné, mais T. ne vois rien.

Moi je n’entends rien, ne pense rien. Même pas à cette anodine et vague mignonnette avec qui je mène un bout de conversation hygiénique, pas même au petit cul sous la robe rayée, ni à l’expression de son visage si elle jouissait, rien. Je ne suis pas assez Houlbecquien, j’imagine.
Je reste juste éxitonné (ou etoxité, c’est selon…on n’est pas à un néologisme près) par l’approche, le contact direct, attends je te donne mon numéro, à bientôt, hihihi.

Soirée Ebisu_pablo et chéplu

Pourquoi ? Parce que j’étais le seul ? Parce qu’elle avait chaud ? Parce que, c’est tout ?

Quelques mails plus loin, le contact s’effiloche et disparaît, comme l’excitation des premiers jours, happés par le rythme de travail qui ne laisse pas de temps pour se voir. Les horaires, les trains, les aléas…C’est mieux comme ça.

Parce que de toute façon, j’ai pas les nerfs d’avoir ce genre de plans.

Le quotidien vainc.