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Tableau chamaré

Dimanche 26 octobre, dernier jour pour aller voir l’exposition de travaux d‘élèves à Joshibi, l’université où Yukari étudie la teinture.

JoshibiJoshibi2

On se retrouve donc à la gare, où j’arrive encore imbibé et me demandant comment j’ai pu boire tout ce lemoncello chez Mamoru la veille. J’essaye de masquer la sueur aigre avec un peu de crème à la griotte de chez body shop, crème qui tourne aussitôt de façon à ce que je sente comme un mélange de Kirsch frelaté et de pot de crème d’avant-guerre pour le reste de la journée.

La fac est à 20 minutes de bus de la gare, mais c’est pas grave parce qu’il est bondé de filles entre 18 et 23 ans. On aura connu pire.

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Grargotte_c

Ça faisait un bail que je n’avais plus mis les pieds dans une université, à en oublier l’effervescence juvénile qui y règne parmi les éruptions cutanées qui s’effacent, la liberté crâneuse, sexy et glauque qui peut y souffler.
Les stands sont partout, ça cuisine et lave des champignons jusque dans les lavabos de la section poterie, des groupes de pseudo visual key en bois qui ne perceront jamais attendent leur tour pour jouer ce qu’ils peuvent, les bâtiments sont en béton brut et on attaque par la peinture.

Le tigre, ouais

Oh putaing la cong de ta mèèèèère ?!?! WTF ?!

Alors attention, la peinture japonaise, toutes tendances confondues, ça peut faire mal.

Je ne suis pas fasciné à la base par les canons de la peinture classique, ni par les estampes. Un truc m’échappe, dans les couleurs, la perspective chamboulée…mes yeux semblent trop occidentaux, et les leurs définitivement en travers.
Après, faut voir au cas par cas : certains sumi-e sont bouleversants, des « rouleaux » (aucune idée du vrai nom) pareils….Mais pour les œuvres contemporaines, je pense qu’ils ont une propension innée à produire et triper sur des croutes.

Regardons ces œuvres, gavées de pathétique figuratif, clones poussifs d’artiste reconnus et surcotés ou non, hanteurs de FIAC ou ex-chouchous de François Pignon, tout ça.
Là où le contemporain chinois semble gavé d’idées neuves, le japonais universitaire vu ce jour peine à s’échapper du prout-prout. La preuve :

Monstruosités picturalles

Oh.My.God.

(livré avec un gode-ceinture si tu achète les 3…2 fois plus de plaisir pour tout le monde…)

Illustration à l'huile

Quelques peintures utilisant des techniques plus intelligentes

s’en sortent vaguement, mais honnêtement, c’est plus proche de l’illustration que de la peinture. Loin, très loin de vouloir dénigrer l’illustration, un art extraordinaire, mais le but n’est pas le même.

絵画

かいが ・ kaiga ・peinture

M’enfin, je suppose (Baptiste, tu m’arracheras les burnes une autre fois, OK ?)

pôtableMilitarisme sur toile

Contraste…

Le bois, le métal, le verre, la poterie, autant de domaines qui auraient pu être passionnants, mais dont on ne peut pas garder grand-chose. La verrerie glisse trop souvent dans un imparable kitsch de bibelot, et ce n’est hélas pas une coïncidence, comme l’expression sur la face des artistes en herbe le montre.

Verrerie

Comme bien souvent, on voudrait échapper aux installations contemporaines dès qu’on voit la première, ses matières ineptes et pauvres, ses messages incompréhensibles sans exégète torturé à veston de velours élimé (checke les patchs aux coudes ! Ouéééé) , ses couleurs de merde, une constante internationale.

Joshibi_emokids qui discutentInstalation en bois

Pourtant, quelques instants, on laisse son imagination vagabonder dans ces cages d’escaliers triangulaires tendues de vinyle violet. Pas forcement original, mais efficace.

Cage d'escalier tendue
Direction la section design et archi.