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J’aimerais pouvoir vous raconter un défilé intéressant comme ceux que peut voir Garance Doré, mais ce n’était pas le même niveau.
Apparemment, pas grand monde dans ce pays ne connais le superbe film de William Klein, « Qui êtes vous, Polly Magoo ? », mais moi, j’ai eu du mal à ne pas y penser.

Joshibi_Défilé_bande blanche

Polly Magoo, c’était il y a 50 ans.

Voire le même genre de coupes, d’approches, de matières aujourd’hui est un peu déprimant. Paco Rabanne et Courrèges auront été « à l’honneur » , avec toutes ces matières plastiques, métaux, trucs qui pendent...Ce qui est intéressant, c’est que ça intègre presque les 30 dernières années de trucs accessibles au péquin armé de sa machine à coudre. Je dis accessible : pas question d’avoir des trucs fins comme du Yves Saint Laurent, hein ?

Joshibi_Défilé_papier alu
Joshibi_Défilé_balotin

Yohji Yamamoto et ses froissés, Issey Miyake et ses pantalons-pagnes, Courrèges et ses doudounes de l’espace, bien d’autres…Pas Bernard Wilhelm ? Dommage, j’aurais bien aimé voir François Sagat, sa tronche de superhéros de la robotique et son sexe de roumain au vent dans une fac de filles aux yeux pétillants…

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C’est pas désagréable tout ça, mais ça reste intéressant au niveau du processus de création national, où beaucoup peinent à se démarquer de leur modèle. J’entends « modèle » par opposition à l’inspiration, qui est partout, tout le temps, dans tout ce qu’on voit et nous plait.

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Par modèle, j’entends que cet amour d’une œuvre va mener à la copie, à la parodie, au tribute au lieu de rester dans la zone de l’influence assimilée dans sa créativité propre. On va essayer de REFAIRE, parce qu’on aime trop, parce qu’on n’arrive pas à prendre du recul par rapport à nos influences, parce que c’est facile, peut-être aussi.

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Joshibi_Défilé_rang d'oignons

C’est pas juste une histoire de couture, ce comportement, même si ça l’est en grande partie ; ici, pays de l’uniforme, tu t’achètes un chapeau, des fausses lunettes sans tain, des bottines à fermeture éclair à porter avec un pantalon retroussé  « feu de plancher », un petit sac à dos et le cendrier portable Vivienne Westwood qui en pend, une chemise à carreaux sur 3 t-shirts et des mitaines italiennes pour faire du pignon fixe fluo.

Ça sera ça, TON style, complètement différent de celui de ton voisin qui a vu la même chose dans les 20 magazines qui montrent la même chose.

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Mais voilà : Ici, il n’y a pas de honte à faire comme tout le monde, le déjà-vu n’est pas du plagiat, c’est un hommage, un cadeau offert à la vue que de te caler dans le sillon d’une identité forte.
Donc, le défilé manquait d’originalité pour moi, mais ce n’est pas dit que les autres en aient pensé la même chose.
Mais certains modèles étaient charmants (un indice pour nos téléspectateurs : double sens inside…)