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« Les sept péchés capitaux identifiés par Saint-Thomas-d’Aquin sont l’acédie (ou la paresse spirituelle), l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie . » dixit Wikipedia.

Boeuf vin rouge et shiitake

Je suis gourmand.

Maladivement gourmand.
Mais avant de tenter la psychanalyse, ses séances, les têtes consternantes de pitié et de compassion mal dissimulés de mon entourage, le prix prohibitif et bien d’autres choses détestables (je trouve que les psys sont une sous-race bien particulière, mais on en parlera une autre fois),  je vais tester le blog.

A table, grand gougnafier

Ce côté gourmand de ma personne, je ne sais pas d’où il vient, mais il s’exprime autant bien que mal.
Bien, ce serait peut-être la curiosité, qui me pousse vers la culture, les musées, la musique et le cinéma surtout, mais aussi les arts manuels, le bricolage avec deux mains gauches et autres turpitudes absurdes.  Google est mon cauchemar, Wikipedia mon cercueil.

Je suis pour la semaine des 12 heures travaillées et pour la réforme de la journée de 24 heures, puisque c’est résolument trop peu pour tout ce que je voudrais faire.

Et puis la folie prend le dessus : je cumule, j’amasse, je collectionne, je garde 1800 CD’s, plus de 2000 vinyles. Le haut débit, la dématérialisation des supports et mes obsessions ont fait la fortune des vendeurs de disques durs. Je récupère parfois un disque ou un film que j’ai déjà et pire, je le regarde une deuxième fois sans me souvenir de la première fois avant une bonne vingtaine de minutes. Soit c’est qu’il n’est pas mémorable, soit c’est qu’on a atteint un trop-plein.

Le problème de la place qui se pose dans la maison japonaise contrit souvent le collectionneur avide en moi, qui rêve d’une pièce médiathèque, aux 3 pans couverts de DVD, musiques du monde entier, livres et BD’s (3 murs seulement…sinon, où tu mets l’écran plasma, hein bouffon ?). Je suis malade quand un disque dur me claque entre les doigts…pourtant, combien de fois revois-je un film (volontairement) ?

Mais surtout, je grossis.

Cassoulet_c
Ça vous évoque quelque chose ?

C’est pas juste d’aimer la bonne chère, ce qui ferait de moi un gourmet, mais plutôt que je bouffe à tort et à travers, à une vitesse intergalactique et surtout, comme si demain je n’aurais rien ! Toujours cette envie de cumul, d’amassage…prendre tout ce qu’on peut, au mépris de sa propre santé, au mépris des autres parfois aussi, quoique ce soit plutôt l’inverse aussi (j’ai envie d’engraisser les autres autant que je le fais).

Le pays où « L’aile ou la cuisse » est un documentaire.

J’avais atteint un temps 97 kilos. J’étais redescendu à 79 kilos (chagrin d’amour…). Je suis à nouveau à 86. Non pas que je ne sache pas vraiment comment faire concrètement (sport + restrictions), mais pour ma tête, je ne sais pas.

Bouride

Le Japon n’est pas un pays qui t’aide dans ce domaine : quoi que tu fasses, où que tu sois, avec Patrick Eicher ou pas, tu ne peux pas échapper à la bouffe. Télé, affiches, crieurs de rue et surtout, mentalités.
Il y a des boulimiques du cerveau dans tous les pays, il suffit d’avoir côtoyé Sylvain pour le savoir, mais comme les Japonais, je n’avais encore jamais vu. Le genre qui, comme on a pu le voir dans cet épisode passé, s’automotivent pour bouffer n’importe quoi n’importe quand pour n’importe quel prétexte. Un miracle s’ils ne finissent pas tous obèses.

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Dans chaque japonais sommeille un Kim Jong-Il de la bouffe.

Je ne vais pas paraphraser un des excellents articles du Tengu, mais les Japonais sont des aspirateurs à bouffe.
Certes, ils se présentent comme gourmets, mais ça consiste surtout en une CAPACITÉ à avaler, ce qui pourrait laisser rêveur, mais dégoute aussi un peu sur les bords (le premier qui écrit le mot magique dans les commentaires, je lui offre un verre).

Certes, ils sélectionnent leur bouffe, ce qui passe en gros par le prix (plus c’est cher, plus c’est bon), par l’exubérance relative (« Du poisson et de la viande roulée dans le shiso avec une sauce aux myrtilles ? Eeeeeeeeeh ? On le prend ? » – notez le « on »: la commande est collective T_T) de l’intitulé et par d’autres facteurs qui nous échappent, mais surement pas par une connaissance des goûts et des alliances qui marchent (sorti de mirin+dashi+shoyu, y’a rien ou presque qui fait tilt).

ExpressoTapenade

Avec tout le relativisme que je peux déployer (Si ! On n’habite pas 3 ans ici sans ça !), en voyant Yusuke dégoupiller une mousse après 2 verres de Puligny-Montrachet, je sens que je le méprise soudain profondément, l’espace d’un instant. Le japonais sacralise la bouffe, mais au fond, c’est comme la politesse nationale : c’est surtout une histoire de rite, pas de foi.

Après, il existe des palets fins comme des goinfres dans tous les pays, mais là je parle de LA MASSE.

Courgettes

Quant à moi, c’est une approche globale qu’il faudrait changer :trouver un verrou, n’importe lequel. Se mettre un blocage ou se libérer de celui qui me meut. Arrêter de manger comme s’il n’y avait pas de lendemain, arrêter de mater comme si je sortais de réclusion.

Ma gourmandise des yeux, c’est les belles femmes. Ou les jolies filles. Ou les justes mignonnes, ou les passables sans plus, ou les à peine fécondables, de mal en pis.

Pour les jolies filles, dont mon oeil ne cesse de caresser les cheveux soyeux et la peau de nacre laiteuse de la base du cou avec un sourire de pervers, j’ai la chance d’être atrocement timide et plutôt complexé, ce qui modère les ardeurs. Mais ça nous ramène vers un autre péché…

Omotesando_c

Crève la faim

(les photos de l’article sont de ma cuisine, sauf les brochettes)