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« Les sept péchés capitaux identifiés par Saint-Thomas-d’Aquin sont l’acédie (ou la paresse spirituelle), l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie . »

dixit Wikipedia.

Quelle colère ?

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À départ, je ne comptais rien écrire là dessus.

La colère est trop personnelle pour ne pas être dénigrée. On peut être vaguement fier de tous ces défauts, mais qui l’est de sa colère ? La colère est un échec.

West Saaaaaïïïdde ! Uh !

Pourtant, d’un point de vue Hegelien, la colère est un moteur fondamental du développement de l’histoire. Notez que je ne dis pas « croissance » , ou « progrès », n’étant ni franchement capitaliste (mis à part une certaine fascination pour Keynes) ni marxisme (c’est comme Pascal : des idées lumineuses, de fausses conclusions), mais là n’est pas le sujet.

La colère est surtout assimilée à la violence, et faut dire que ça lui donne un petit côté négatif. Un brin, quoi.

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Vous êtes dispensés de commenter ça, merci.

Pourtant, comme vivre sans colère, à plus fort titre au Japon ? Qui n’est pas en colère est un putain de bisounoursUN BISOUNOURS KIKOOO LOL, la pire abomination depuis Goebbels.

Officiellement, la colère n’existe pas au Japon, ni en Asie en gros (mais rappelez-vous : les Japonais ne sont pas des Asiatiques. Les Asiatiques sont des vagues clones aspirant à être aussi balèzes que les Japonais. C’est le syndrome Alain Delon). Toujours polis, toujours consensuels, jamais d’affrontements frontaux. Tu m’étonnes qu’ils aiment tant le K-1, ça défoule !

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Enfin, ça c’est la théorie. On va dire que tout est intériorisé.

Le cancer et l’ulcère sont la nouvelle grande passion mortifère, et c’est pas que les produits laitiers et la viande sur-grasse brulée dans la sauce qui sont responsable.
« Colère intériorisé ne passe pas la Yamanote », dit le proverbe, et une fois quittée la ligne qui te ramène chez toi, c’est ta femme qui prend cher. Ou tes enfants, bref, un truc plus faible que ton supérieur hiérarchique.

Colère interieureAttention, poteau violent

Ah que c’est facile comme image, le salaryman qui battrait sa femme. Ca pue la généralisation abusive, le phantasme post-Murakami, l’ouïe-dire d’il-parait, et c’est vrai.
Mais moi, je prends ça comme introduction par l’extrême (…) pour l’autre violence, celle des mots, qui choque terriblement dans un univers qui semble sentimentalement aplati de prime abord ; les rapports verbaux au sein des familles sont violents. La proximité sanguine change les rapports policés en salves de boites, l’humour en moins.

Beat On The Brat, oh yeah.

Comme un peuple resté adolescent toute sa vie : taper où ça fait mal, sur ses enfants, sur ses parents, sur ses frères zé soeurs, à l’ombre dans la maison, protégé du « qu’en dira-t’-on. »

La maison est l’antre de la violence parce qu’elle protège de la société extérieure, qui la cache ou l’estompe. L’entreprise est violente comme partout, mais plus parce que c’est une société SM.

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D’ailleurs, les hommes étant souvent des paillassons, l’image évoquée précédemment, est un peu caduque : la femme a un potentiel de violence et de colère qui dépasse l’entendement, et surtout l’image douçâtre et mielleuse qu’elle diffuse comme une lampe Berger au tilleul.

Vilaine du molletMais comme signalé précédement, au nom de sa féminité, ses défaut sont autorisés et deviennent des qualités « mignonnes« , rangées vaguement sous la catégorie « caprices-parce-que-j’taime ».

Exemple :

Ne te met pas en colère, mon choupinou-lapinou, je t’achète imédiatement un sac Gucci, après tout tu mérites le meilleur (et j’adore ta petite moue de mérou de fin de criée…Kawaiii !♥♥♥)

Mais point de colère là-dedans, juste de l’agression.

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Des hommes, des vrais. Avec burnes et testostérone.

Le jeune en colère, s’il existe aujourd’hui au Japon, n’en branle pas une pour être visible. Où sont passés les Yankees, furyos et autres zokus stylés années passées ? Où sont les démonstrations de masse étudiantes des années 70 ? La belle colère, créatrice, frondeuse, anarcho-nihiliste, libératrice, est-elle morte sous les sacs Vuittons ?

www.threeframes.net

Une colère devenue vague phantasme.

Burning lego nonkMa colère, si longtemps refusée, le Japon m’a permis de la vivre plus ouvertement, presque fièrement, tant les habitants en manquent. Je suis révolté par votre manque de révolte, bande de figues molles !

Refuse / Resist

Donc merci, à force de tout accepter, de respecter des règles absurdes sans rien remettre en cause, de ne pas questionner l’autorité, vous m’avez donné envie de le faire pour vous, mais sans haine et sans violences (euh…) : Essayer de déstabiliser, doucement, solidement, impassiblement, à petites doses, tenter modestement d’ébranler vos fondations avec le sourire, libre d’enfin appliquer les recettes de l’incroyable Nicolas Machiavel dont j’admire tant les écrits.

911 inside job

Non pas que j’espère vous faire bouger, non. Plutôt que j’apprécie de pouvoir utiliser vos cadres sociaux pour ma colère. Quant à vos attaques, elles ont affuté les miennes.

Blacken The Sky.