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Le chat

Pour une fois, pas une histoire trop tordue.

Jeudi matin, en descendant l’escalier, Chiaki m’appelle.

« Isma, Ismaaaa, y’a un petit chat ! »

Ah bé voui, bouducon, cé ti qu’il est bin beau, y fera un bon civet, vite, prend un hachoir !

N’ayant pas le temps de le découper pour marinade, je pars bosser aussi de peur que ce soit mon boss qui le fasse (me découper pour marinade, pas bosser. Ça, ça craint pas).

Le soir, coup de fil : le chaton est encore là. Fais-le rentrer, que diable, il pleut à verse, que j’enjoins ma compagne.
Phase 1Phase 2Phase 3

Une heure plus tard, je ramasse la boite de thon dans l’angle de l’escalier et rentre dans l’appart. Le rouquin gambade et ma copine est désemparée comme un vieux célibataire avec un enfant à garde : ça saute, explore, gratte, frotte, miaule, court, bondit, roule, etc.

Je doute que ce soit le chat qui est le plus perdu. Je donne une ficelle à ma copine pour qu’elle s’amuse.

Après 40 minutes, le chat est suffisamment excité pour prendre mon jean pour une échelle et me planter les griffes dans la cuisse, j’entrevois déjà le moment où il va me harponner une burne en allant à la douche. Il a dieu merci compris que s’il comptait chier sur mon tapis de douche, il finirait dans un pot avec de l’éther (comme faisait papa quand j’étais gosse…moi j’ai survécu), il a gentiment pris cet air contrit qu’ont les chats qui défèquent, avec ou sans que ma copine hurle KAWAAAAAAiiiii, chose qui peut, en effet, bloquer.

Après 2 tentatives de monter sur la table suivies de 3 de se faire les griffes sur les sièges en skaï et autant de gifles ou presque, je décidais qu’il menaçait la paix de mon ménage, les yeux de Jacqueline m’adressant déjà les prémices d’une guerre froide consécutive à ma violence éducative (rappelons que pour les Japonaises, l’animal est l’égal de l’homme, et son supérieur s’il est petit et mignon).

Je mettais mon plus beau pyjama (eh oui, passé la trentaine, l’homme s’empatte et s’enrhume facilement) et courrais scotcher la nouvelle dans l’escalier, espérant que mon téléphone ait sonné avant que le chat ne le soit sous mes coups de tatanes.

Le chat totLe chat perronLe chat viré

Je couchais ma copine et grattais la machine à ronrons 10 minutes. Le truc roux aurait miaulé jusqu’à ce que mort s’ensuive que ça ne m’aurait pas empêché de dormir. Mon amour des chats esseulés s’est effacé devant la journée de 12h de boulot. Oui, j’bosse dans le train aussi, vos gueules.

La chat peauLe Chat couillon

Le lendemain, après quelques échanges téléphoniques dans ce japonais des ténèbres dont j’ai le secret, la maitresse du chaton déclara dans un anglais plus que correct qu’elle arrivait incontinent pour prendre le minou dont j’agaçais le poil à contre sens, juste pour le plaisir.

Le teint vert et le regard affolé derrière les doubles foyers, elle gazouilla époumoné sa gratitude pour la garde du truc en poil, déclarant l’avoir cherché toute la nuit (wtf ?!) et offrit un bon pour 2000yens de fruits-zé-légumes chez le primeur du coin, dont elle s’avère être le propriétaire.

Le chat flouLa queue du chat

Double bonne fin à l’histoire : Chiaki qui clamait jadis son aversion soi-disant allergico-justifiée du genre félin, pleure aujourd’hui l’absence de la chose et a changé d’avis sur la question. Je pourrais donc crever comme Léautaud.