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Vous vous attendiez à un post plein de poésie et d’effets littéraires, sensibilité artistique et descriptions de petites mamies émouvantes vous racontant leur rencontre émerveillée avec un gentil GI monté comme un arbre en 1948, alors qu’elle arrondissait les fins de mois comme elle pouvait, mais non : ce sera un article désagréable et aigri de plus. Ben quoi ?

Surtout que vraiment, qu’est qu’on en a à foutre, de ces ceririsié à la concon ? T’en as fait un, t’en as fait dix. Quoique non : ça peut être de pire en pire, c’est comme tous les rituels.

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C’est le moment d’arracher ton survêtement de gogo-dancer et de danser en hurlant des hanches « Résiste ! Prouve que tu exiiiiiiiistes ! », le string au vent et légèrement déplacé par la vivacité du geste (on voit ta burne gauche). Non, le pique-nique sous les cerisiers n’est pas une fatalité : tu as le droit de refuser de t’ennuyer pendant des heures et de boire n’importe quoi sous prétexte que les arbres sont roses. Mes fesses le sont aussi, mais y’a jamais eu de pique-nique en dessous. En plus, il y ferait chaud, alors que là, pendant que ton cul s’engourdit sur une bâche en plastique invariablement bleu (ceux qui ont d’autres couleurs sont des hippies, des pédés, des communistes, des gens qui se piquent avec de l’herbe et des jongleurs potentiels. Je les hais à vue d’œil), tout le monde se coltine les mêmes doudounes en plastique Moncler (une passion nationale, une sorte de sac de couchage avec des manches ), hommes vulgarisés par le surnombre; femmes rouge écarlate sous les coups du froid et de l’alcool, mini-chiens dont on se demande bien pourquoi Dieu en a voulu l’existence, gamins imbéciles de nature et de culture de l’enfant roi, etc.

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Avril étant également le gros mois des suicides, j’imagine qu’il y a un rapport, mais je manque de docs sur la question. J’attends la sortie du livre de Thierry Meyssan pour vous en parler.
En tout cas, si j’étais diététicien, j’hésiterais aussi à me jeter sous une rame de la Yamanote après une journée de perdue à me les geler en prenant des pétales dans les yeux, tout le monde se bâfrant de tout et de n‘importe quoi, comme pendant les Hana-bi, en somme, mais en pire.

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Vous reconnaitrez que 2 des pires rites dynionisiaques nippons, 2 débauches d’ennui assises, 2 massacres de mon foie et de ma ligne svelte et racée qui donne tant d’élégance à mon coup de reins, 2 traditions commencent par « Hana-kekchose », ce qui n’est surement pas anodin. On murmure dans les cercles autorisés que ce serait encore une histoire de francs-maçons complotant contre..euh…contre…les Illuminatis, tiens !
Parait même qu’ils cachent des morceaux de chips volés sur la barbe du Christ et longtemps convoités par l’ordre de Thulé pour organiser la résurrection d’Hitler par imposition des mains, le tout commandé par Elvis et Charles Hernu depuis leur base brésilienne, grâce au financement de Bill Gates, bien sûr.

Les sakura étaient à l’origine employés comme annonciateur de la saison de plantation du riz. Les gens croyant à l’existence de dieux à l’intérieur des arbres faisaient des offrandes aux pieds des sakura. Ensuite, ils participaient à l’offrande en buvant du saké et du chouchen.

dixit Uikipédzouille.

Ceci explique cela. Mais je pense que ce n’est que de la contre-propagande.

Ben voui, ils n’auraient que ça à foutre, les ex- et futurs maitres du monde. Comme les Japonais avachis sous des arbres, un gobelet de plastique à la main, répétant «Kirei desu ne ?* Haru desu ne ? **» comme des perruches tombées du perchoir en rupture d’anévrisme semi-conscient, en gros.

« *C’est beau, hein ! **C’est le printemps, ah ! »

L’empereur Saga de la constellation des Gémeaux, qui vécut à la période Heian, a adapté cette coutume et en a fait des fêtes de « contemplation des fleurs » avec du saké et des mets, sous les branches des cerisiers en fleur dans la cour impériale à Kyōto. Des poésies étaient écrites, louant les fleurs sensibles, qui étaient vues comme une métaphore de la vie elle-même, lumineuse et belle, mais passagère et éphémère comme l’hymen des collégiennes qui trainent dans Roppongi. Ceci serait le début de la coutume des hanami.

ibid.

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Les « amis » (je rechigne de plus en plus sur ce terme) ont spontanément organisé un hanami au parc de Yoyogi, en plein centre-ville, un énorme parc avec peu de cerisiers, mais au moins 3000 autres imbéciles ayant eu la même « idée »(je rechigne, là aussi). Yoyogi est moche, bruyant, sale, mal fréquenté, c’est surement l’un des parcs que je recommanderai le moins dans Tokyo (avec ceux d’Ikebukuro ?), mais la seule réponse que j’ai reçue à mon incrédulité nerveuse aura été…

« C’est sans doute pas possible d’expliquer, c’est…Hanami…Yoyogi…. »

Et aux 13 autres aspirants perruches de secouer la tête pour approbation. Pas étonnant que la peine de mort subsiste ici.

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Jacqueline et Mamoru se sont joints au groupe de réfractaires, la révolution est en marche ! Quitte à le faire, je préfèrerais aller au parc de Kinuta, l’un des plus grands de Setagaya. Inokashira est tellement peuplé à cette saison que tu peux l’oublier, à part si tu veux tourner un remake catégorie III d’un classique Disney, « Blanche Neige piétinant les 7000 nains endormis sur une bâche bleue ».

Mais non, c’était trop loin et pas suffisamment facile d’accès. N’oublie pas tes bases :

  1. Aucun japonais ne sait lire une carte, c’est pour ça qu’ils ont inventé le GPS qui te parle.
  2. Quand bien même, elles seraient tellement abjectes que t’es sur de te perdre.
  3. Tout ce qui est inconnu est potentiellement« Abunai», surtout parce que…
    危ない ・ あぶない ・ abunai ・ dangereux
  4. Le moindre effort est interdit. Verbotten. Caca. Champignon plantaire.

Donc marcher ou changer du train au bus, c’est seulement pour aller bosser, parce que t’es payé à la fin.

Résultat : rien, le bonheur.

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Je regarde les arbres dans la rue, le ciel est bleu, le coucher de soleil embrase l’horizon, y’a pas de merdes de chien par terre, c’est le top. Juste le dimanche, on a fait un petit déjeuner sur l’herbe, sans gironde à poil sur un plaid, mais avec du thon gras sur du riz vinaigré, tout aussi convivial. A côté, les gens faisaient des barbecues, dépliaient des cartons, certains riaient avec une main devant la bouche pour meubler la vacuité des conversations, d’autres se servaient le thé en profitant du moment de détente.

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C’est bien. Moi, 1H30 m’auront fait plaisir. Plus, c’était sans doute pénible.