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Last Of The Maries_Numero

Encore une fois, je suis le seul blanc dans la fête.

Mariko part en Espagne habiter avec son copain, un geste rare qui la mènera sans doute à la dépression, mais je m’en fiche. Mariko parle allemand presque couramment, mais va en Espagne, ça c’est du challenge. Mais Mariko peut s’adapter partout où il y aura des cons plus faibles qu’elle : elle a globalement mauvais esprit. Les gens qui ont toujours un truc à critiquer pour se mettre en valeur, ça m’agace. Et même si elle est assez fine et gentille quand elle le veut, je ne pleurerai pas son départ non plus.

D’ailleurs, j’ai toujours conchié les camarades qui pleuraient des « on s’écrit, on s’oublie pwaaaaas !? » à la fin de l’année scolaire. Des sous-hommes, incapables d’aller de l’avant.

Mais je dis ça sans aucun esprit critique, avec mes centaines d’  « amis » Facebook déterrés des tombes du temps et des souvenirs d’acné.

Last Of The Maries_Jolie petite

Revenons au blanc. Je suis bien content d’être le seul, parce que ça flatte mon égo d’être le seul à qui le mot GAIJIN s’adresse ce soir, que les filles regardent avec des yeux luisants de désir de se faire un oreiller cette nuit avec ma grosse teube encore enflée du rut précédent, ou pas. C’est peut-être juste l’alcool ou la clim à fond qui attaque les yeux.

Last Of The Maries_Campari_2

On en arrive tous plus ou moins à un point où on s’étonne de voir des étrangers. Où l’envie qu’ils ne nous parlent pas fait son apparition. Où le fait que les basanés locaux n’emploient plus d’anglais petit nègre vous apparaît comme une flatterie. Où on peut avoir une conversation plus ou moins intéressante sans que tout soit ramené à la comparaison avec la France, dans mon cas.

Les 2 premiers qui ont engagé la conversation n’avaient rien d’intéressant à apporter, et le fait de jouer le jeu à fond a dû les décourager : en 3 minutes, les conversations tournaient à zéro. Une question personnelle par-dessus le marché (genre « Ton boulot à toi aussi est-il du genre qui te surexploite pour un salaire de merde ? ») aura suffi à les envoyer dans les filets.

La soirée continuait, les gens sortaient les cadeaux, je buvais mon 6e Campari-orange en pensant à la couleur de ma bile demain matin, ruminant d’être un étranger alcoolique comme absolument TOUS les autres, quand le miracle se produisit : la fille en face de moi et moi-même avons décidé au même moment de se parler.

CobraRC

Avançant un pied chacun comme dans un duel à mort de moussaillons au crâne ébréché par le rhum de contrebande (n’importe quoi, n’importe comment…), nous nous retrouvâmes face-à-face, les yeux dans les yeux et ma main sur ses seins huileux qui remuaient sous son soutif salement rembourré, comme en portent tous les gens de sa race.

C’était sans doute une vue de l’esprit, puisque 2 minutes après, quand je reprenais conscience après le choc et l’émoi causé par la situation (« putain,je parle à une fille sympa et ce n’est professionnel ni pour l’un ni pour l’autre !»), nous causions d’animés.

Ne nous méprenons pas : je ne suis pas Robert Patrick (mes sincères condoléances à son coeur) et je n’ai ni connaissances particulières en animation, ni charisme d’enculé ni même smoking.
Juste une tête trop affichée et une timidité assez maladive cachée en dessous. Pour pouvoir te regarder en face, si déjà je te regarde droit dans les yeux, je le fais en m’imaginant courir cul-nu sur les lichens et mousses de la toundra au petit matin, une goute de rosé perlant du gland, mais ça, tu ne peux pas le savoir. Je le cache comme je peux.

Toujours est-il que le t-shirt COBRA, dont je pensais qu’il me discréditerait à jamais (quoi de pire qu’un étranger désagréable dont la bouée Kirin pointe sous le t-shirt d’akibake ?) avait attiré la jeune fille, qui visiblement ne faisait pas semblant d’aimer ça et me roulait un patin avec la langue à m’en fouetter les amygdales pendant que je bandais à m’en décrocher le frein, bleu et pulsant dans mon slip Uniqlo plein de turgescence veineuse.

Cobra 8Last Of The Maries_Mamorikochapeau

Enfin, peut-être pas tant, en fait.

Au prix d’un effort surhumain pour ne pas trembler comme un mouton coincé contre la clôture électrique un jour de pluie, j’obtenais juste ses numéros et mail, au prix de ce rite avilissant qui consiste à essayer d’échanger une adresse par port infrarouge dans une pièce sombre.

Oui, j’ai dit PORT INFRAROUGE, un moyen de communication préhistorique au côté duquel les signaux de fumée semblent d’une clarté fulgurante, une extraordinaire occasion de se ridiculiser en agitant sensuellement ou pas son portable dans une position crétine à 1cm du portable de l’autre, comme 2 autistes sociaux qui essayeraient de se faire la bise, mais ne sauraient pas par quelle joue commencer, le tout multiplié par une minute et demie.
En fait, ça doit donner une idée assez précise de comment se déroule le rapport sexuel qui pourrait résulter de cet échange de coordonnées. Moi, je serais impotent.

Last Of The Maries_Ooooooh

J’ai fini par taper le maudit mail de l’autre, et voilà. C’était tout de même plus rapide, et plus discret. Je n’ose pas imaginer ce que ça fait d’agiter son téléphone eerctionné vers le haut pendant plus d’une minute avec une fille tout en essayant de le cacher à sa copine. Ou en fait si, j’imagine bien. Mais je vais faire semblant d’assumer.

C’est là que je n’ai plus compris : 2 secondes après, Yuima se rue sur moi (…que de voyelles…) et me dit qu’elle veut aussi mon numéro (la discrétion assurée…) et que j’ai qu’à lui donner, schouf-schouff, j’ai l’愛phone, etc. Bien, pas de port infrarouge, pas de bluetooth non plus (dommage, c’est vraiment le plus simple), au moins c’est clair, c’est le Trias, je tape, voilà, t’es contente ? Mais pourquoi tu le voulais, en fait ?

Le Trias est un système géologique, subdivision de l’ère Mésozoïque comprise entre -251 ± 0,4 et -199,6 ± 0,6 millions d’années. Le Trias est précédé par le Spermien et suivi par le Jurassique, originellement appelé Judaïque mais renommé suite à une plainte de la LICRA et de Carlos Gardel, le roi du tango.

Elle bredouille un truc, comme quoi, Mamo lui aurait parlé de moi, de crème à l’olive et je ne sais quoi, rien de sexuel en tout cas , sinon je m’en serai souvenu.
Et soudain, j’imagine que pendant leurs rendez-vous galants, où il s’échinait à essayer de la séduire, il a dû utiliser tous les sujets de conversation possibles, jusqu’à en arriver à raconter combien ses potes font bien la cuisine. Oh dieux…

Last Of The Maries_Les pièces rapportées

Mine de rien et contrairement à ce que disent toutes ces blanches burnes conquérantes qui revendiquent que toutes les Japonaises sont faciles, mais que leur copine est un exception rare et unique (en qui ils ont une confiance absolue, vu qu’elle suce comme un pied), séduire n’est pas tellement facile au Japon.
Ou si : séduire quelqu’un qui y est psychologiquement préparé est sans doute a la portée d’un homme ayant confiance en lui-même. Mais vous savez déjà que je ne réponds pas à ce critère, et les médiocres trentenaires affamées qui explicitent leurs avances ont 0.2 pour cent de me faire bander, alors c’est vous dire si ça m’enthousiasme.
Quitte à rompre avec la timidité jacquesbrelesque qui me tient les tripes avec un gland  gant de crin jusqu’à ce que j’ai un mal de bide terrible avant de parler à un joli p’tit cul, autant choisir un projet un peu moins facile. Parler à une fille dans la rue, à un café, dans le train, c’est déjà plus fun, non ?

Last Of The Maries_Izakaya de l'ennui

La plupart des Japonais ne le font pas, comme on m’expliquait à l’izakaya après la fête et que, l’ennui et le sommeil devenant pesants dès que je rentre dans ce genre d’échoppe, j’avais lancé mon voisin de table là-dessus.

Nous observions 2 pièces rapportées puissance 1000 qui s’étaient installées avec nous et parlotaient avec les meufs en essayant de placer leur meilleur profil, et Alcibiade (je ne me souviens jamais des noms des mecs avec lesquels je parle, alors autant leur en donner un sympa) émit la considération qu’ils profitaient seulement de l’occasion pour draguer, les Japonais n’ayant pas beaucoup d’autres occasions de le faire…
S’ensuivit la discussion sur la bonne manière d’aborder une femme, les daring-autochtones se contentant généralement d’un atroce et plat « ocha shioo ? », « on s’boit un thé ?» qui annonce la couleur violent : une bite, un trou, une possibilité.

Avec une corde pour moi, siouplait.

Si on s’accorda sur le dénouement final (c’est la fille qui a tout en bouche entre les mains…la décision, hein? Savoir si oui ou non il y aura une suite), il fut dit que mon approche est résolument casse-gueule. Le vendredi, je décidais donc de la soumettre à la méthode scientifique chère à Zola…

À suivre…

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