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Ataminosousakan

J’ai une énorme chiée de boulot à taper, des milliards de trucs plus importants à faire et à annoncer, mais c’est comme ça, j’ai la tête complètement absorbée par Atami no Sousakan, un drama que je viens de finir et que ça me démange déjà de revoir tant la fin hautement énigmatique fait gamberger.

En fait, je suis un new halfJ'en menstrue des yeux

Alors autant je peux me lobotomiser avec grand plaisir devant Chuck (aucune réflexion, aucun enjeu, la pure sitcom d’espionnage pour nerds allégés), True Blood (du prémâché, genre « ben oui, y’a des loups-garous aussi, ben quoi ? Tout le monde sait ça, pov’ con ! »…ah d’accord…) ou encore Rubicon (les persos réfléchissent pour vous et tout le reste est classified), autant je surkiffe les séries avec un fond psychomythologicoparanormal.

BSG last supper

Le dernier choc en date était Battlestar Gallactica, qui après un début un peu mou du doigt, fistait du paraplégique avec des gants de boxe bénis par Zeus en personne (Kara Thrace, Harbinger of Death, un perso monté comme John Holmes).
Alors vu les moyens des productions US (malgré la crise), en principe, la pauvreté visuelle des séries japonaises n’arrive en aucun cas à la cheville de Mimi Matty ou de quoi que ce soit made by HBO (BSG, c’est SkyOne/SciFi, mais arrêtez de me contredire où je vous passe dans l’airlock).

En voila une question qu'elle est bonne...

(cliquez sur les images si elles ne bougent pas)

Au fond, pourquoi regarder un drama japonais ?

Le gaijin le regarde sous une excuse quelconque, comme pratiquer le Japonais (imaginez un Japonais ayant appris le français en regardant Coeur Caraïbes, ça envois comme niveau ! « Oh Jean-François, je suspecte Rebecca d’avoir une affaire avec Patrick. On devrait attendre au lieu de régler ça pendant la course de hors-bord de vendredi, s’il arrivait un accident, Aline ne s’en remettrait pas… »), l’attrait branlettomotivé pour une actrice qui ne sait pas plus jouer que les autres, la volonté de briller devant les filles du club France-Japon et leur casser le minou dans leur chambre de cité U ou encore l’exotisme de la situation, les uniformes, tout ça, c’est comme dans les mangas, ouais trop des fous, ils amènent des sabres en bois à l’école, t’as vu, mais non, t’es con, un katana c’est une vraie épée, et pi t’as vu comment c’est chaud de s’assoir sur ses talons, mais paye ton style, ouais moi aussi j’y arrive que s’il y a un mur derrière moi, doit y’avoir des câbles, quoi…

Le prestige de l'uniforme et lui seul

Les Japonais ont quant à eux de très bonnes excuses pour regarder des dramas japonais : c’est leur pays et ils vous emmerdent, ils n’ont aucun sens critique et gobent souvent n’importe quoi après le taff. Après quoi le couperet de l’audience dégueu tombe pour cause d’acteur-chanteur-à-la-gueule-de-pute-à-office-lady-dans-la-quarantaine qui joue avec autant de talent artistique qu’un pistolet à clou, et le scandale basé sur n’importe quoi (on l’aurait vu en serviette à son balcon, voici pour preuve une photo mosaïquée de sa burne gauche) qui prépare le terrain à son dauphin dans l’agence de Johnny’s finit de l’achever.

Les dramas c'est mort, vive la poterie !

Donc, rarement de saisons 2. L’esthétique cheap (décors, cadrages, éclairages…) n’aide pas, le rythme souvent très inégal non plus. Je n’ose évoquer le générique de fin et sa j-pop qui donne envie de mourir ou d’annexer la Mandchourie.

Parfois, on a des surprises. Jud vous en parlera mieux que moi, mais je ne sais pas si je partage ses goûts : j’ai au final, vu peu de choses.

...mais je sens que ça vient...

J’ai apprécié Kekkon Dekinai Otoko, Yasashii Jikan et d’autres productions faciles et clichées…mais j’avoue qu’histoire de vraiment prendre son pied, il me faut un petit plus (les femelles que je fréquente sont souvent de cet avis aussi).

Dans les sélectionnées, Trick est une série sympa mais les sous-titres inexistants. Galileo en reprend les cordes mais s’est essoufflé dans un très médiocre film final. Reste Jikou Keisatsu, une série assez étrange parce qu’idiote mais dans un sens absurde : 2 flics passablement à la ramasse enquêtent sur des délits périmés histoire de dire qu’ils ont une vie sociale. Je résume mal, mais c’est bien foutu. Le charismatique Odagiri Joe en tient le rôle principal est le réalisateur n’est autre que Satoshi Miki, qui fait généralement des films qui valent franchement le coup d’oeil (In The Pool, The Insects Unlisted in the Encyclopedia et l’excellent TenTen a.k.a. Adrift In Tokyo).

 

Putain, le scénario !

Atami no Sousakan reprends une team très proche de Jikou Keisatsu, une troupe d’acteurs récurrents chez le réalisateur. Ça tombe bien, ils sont terribles dans leurs rôles. On remarquera qu’on en retrouve aussi une partie dans les films de Shion Sono, ce qui est logique (c’est l’écurie Dongyu, dont fait aussi partie mon collègue d’escalade Hiroyuki).

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ANS, c’est une histoire simple en apparence : 2 inspecteurs spéciaux sont dépêchés à Atami pour élucider une histoire vieille de 2 ans, l’histoire de 4 collégiennes disparues dans le brouillard avec leur bus scolaire, un matin. Le bus sera retrouvé, les collégiennes referont parler d’elles, mais c’est miné par des histoires d’affection tordue, de parentés obscures, querelles d’écoles de filles, de long ponton qui s’enfonce vigoureusement dans la baie, de sectes d’encapuchonnées sur internet dansant sur dans la forêt sur de la trance goa en 33 tours remixée pour TF1, de poissons géants, de marionnettes porte-bonheur, de NDE et de farces de collégiens perpétrés par des adultes à la manque pendant que les vrais gosses ont l’âme plus noire et sont plus cyniques que Pascal Nègre.

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C’est très difficile d’en parler sans spoiler, d’autant plus que la fin est très énigmatique et vous amène à repenser tout le cheminement passé avec un œil très sérieux alors que l’ensemble joue franchement la corde de la comédie policière, souvent sans queue ni tête.

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La rivalité de gamin récurrente entre Hoshizaki et Keiko (et je te couds les manches, et je te pose des pièges…), les gimmicks (ああー私もうだめだ!), les personnages très caricaturaux mais justes (le personnage caricatural est une constante du drama…Qu’il soit cohérent et pas agaçant est une autre paire de manches), le recours aux « Oyaji-gyagu » (calembours ou blagues de vieux, une sorte de tabou de mauvais goût ultime au Japon), le choix du casting même (ces tronches !) font que la série est souvent vraiment drôle.

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Le tout avec un énorme paquet de clins d’oeil à Twin Peaks.

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Cependant –et c’est là que je justifie le baratin sur Battlestar Gallactica– le fond mystique qui semblait au début assez secondaire prend progressivement de l’ampleur, et ça deviens vraiment un gros thème sur la fin, le spectateur en arrivant de plus en plus à se poser des questions sur ces signes qu’il a vu (beaucoup de passages tout au long de la série ne semblent pas avoir de but précis, mais...).

Ici, pas de délire sur les Dieux de l’Olympe, mais ça va taper dans les morts et les ressuscités quand même, sans passer par la case Cylons.

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Les acteurs s’en sortent bien, la musique est agréable (Erik Satie et Tokyo Jihen, y’a pire), le rythme bien mené et surtout, les cadrages et prises de vues sont à coucher dehors dans bien des cas (parfois trop clipesques, d’ailleurs). Et en prime, une grosse chasse à l’œuf de Pâques numérologique.

South Atami Police’s land-rover [5963] – « gokurosan » means « thank you for your efforts ».
This one reflected how the three at South Atami helped our two leads with their investigation.

The nature conservation group’s van [4649] – « yoroshiku » is used as a gesture when seeking cooperation with others.
So this one probably indicated their relationship with the district office.

Mayor’s car [1188] – « iipapa » which means a good father.

Amount of money left inside the masked attacker’s wallet from ep4 [¥1564] – « hitogoroshi » = murderer.

Hoshizaki’s police badge serial number [4652] – « yorokobu » means « to be delighted ».
This one was probably to describe his perpetual smiley face.

Citation de d-addicts.com

À tester, ça l’effectue franchement.

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