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Bon, il manquait quelque chose. Il manque toujours quelque chose, de toute manière. Un peu de jus de truffe à vos tournedos Rossini, un peu de fantaisie aux Nippones, un peu de seins à Céline, un peu de fric dans ma poche. Non, beaucoup de fric en fait. Je suis venu au Japon pour quoi, être pauvre, au juste ? Ah non, c’est vrai, je suis comme les autres, je suis venu ici parce que je n’avais pas d’avenir professionnel en France. Génération Working-Holiday.

Comme toute bonne et mollassonne victime autoproclamée, je vais pleurer un coup que n’ai pas souvent senti la partie Holiday de mon ex-visa, tout ça. Mais encore une fois, tel Maman faisant un virement pour que Julien (tous les Français s’appellent Julien au Japon) puisse payer sa Sakura-House, le BDSM* est intervenu et m’a bien aidé. Le 21 mars, après un brainstorming unilatéral digne des dernières heures du Grand Reich dans l’aile ouest du bunker, il fut décidé de faire un raid sur Miyajima.

*Boddicker’s, Division du Super- Mécénat.

Kaïo

Mais d’abord, un petit rap :

Opération Barbarossi, poil au Gucci !

Opération Barbarosson, poil au Vuitton

Opération Barbaroach, poil au Coach

Opération Barbaramantha, poil au Thavasa.

Yo.

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Après un long trajet en V2 (oui, les V12, c’est has-been), nous atterrissions en face de l’île à portique rouge, célèbre dans le monde entier depuis que Judith (dont nous tairons le lien qui l’unit à Céline, précédemment citée) sue sang et larmes à promouvoir ce fleuron nº2 des lieux qui attirent le touriste avec des moules accrochées sur des rondins. Voici une illustration du nº1.

Deuxième service

Opération

« procès dans ta gueule pour violation de droit d’auteur sans lubrifiant »

C’est joli, plein de monde et de têtes photogéniques, on retrouve fortement ce plaisir de juste regarder la face des gens et d’avoir envie d’en garder l’expression quelques instants, ce plaisir vraiment exacerbé et généralement sans risque au Japon, où les risques que le gars vienne vous en coller une avant de postillonner « kess t’as à m’regarder fiss d’pûte, hein ? Vé le l’autre enculé d’sa race comment il me regarde, vas-y baisse les yeux j’vais t’bruler la con de tes morts ! » avant d’argumenter « y’m’manque d’respect c’fils de pute ».

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Loin de moi l’idée de vous rappeler de mauvais souvenirs si ça vous est arrivé ou si vous avez habité Marseille (le deuxième cas impliquant obligatoirement le premier). Mais tout ça pour dire que le Japon est un pays relativement safe. D’ailleurs, on a même mangé des huitres à la cafet à midi et fait de la randonnée l’après-midi, c’est dire.

Mais nous reparlerons de trucs à ourlet plus tard.

D’abord, les daims.

Comme à Nara, parait-il…c’est infâme, ça pue, mange n’importe quoi, comme des pigeons, version ongulée, mais pas casher non plus. L’un mangera le plan de Keiko pendant qu’un autre écoute le solo d’harmonica d’un vieux funky et qu’aucun n’acceptera de se faire égorger pour la photo. C’est des sales bêtes.

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Puis, le portique « vermillon », non, PAS ROUGE, pov’con ! Tu veux passer pour un sarkozyste à la ramasse où quoi ?

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C’est diantrement photogénique et je n’ai rien à en dire. Joli, sympa, émotion, promesses, glisse une pièce dans la fente, prend une photo, gosses qui courent dans les flaques, parents qui sourient, encule un mouton si t’es pas content.

Ah non, un daim, c’est vrai.

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Commence l’ascension de l’île. Décidant de snober le funiculaire, à la fois par radinerie extrême de ma part (c’est pas mon argent, mais ça me fait chier tout de même de le dépenser, surtout à 1800yens le trajet), comme par goût et habitude (j’aime marcher, je suis un enfant de la campagne) ou encore par esprit fanfaron (« ils disent que ça se fait en 70 minutes, voyons si on peut le faire en 40 et montrer aux femelles qui sont les hommes qui ont des couilles »).

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Départ sprinté, ralentissement notable, tombe la veste, souffle un coup, ne fait semblant de rien. Clarence s’obstine à garder son énorme gilet de coton tricoté triple épaisseur, imbibant de sa sueur une couche après l’autre au mépris d’un bien-être qui l’obligerait à abandonner son style gentleman-farmer d’Issy-les-Moulineaux. Mais je reste persuadé que mon avance dans le sprint de montée est liée au fait que mon épilation burnale me confère un aérodynamisme qu’il n’a pas. Le frottement du caleçon sur son afro roubignolesque a bien dû lui faire perdre un millième de seconde à chaque pas.

Mais cessons là, ça devient glissant comme nos rondelles transpirantes en haut de la butte.

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La vue est superbe, et je remarquais aussitôt une jeune pouliche habillée dans la plus pure tradition des pauvrettes joufflues, un style qui attire le prédateur en quête de proies peu farouches que l’abstinence a affamé et pour qui 2 textos et une fleur suffisent à remplir les yeux d’étoiles et la bouche de foutre, après un bref laïus sur combien vous êtes tristes, mais heureux de la voir et que ça soulagerait pas mal si, enfin, t’as vu, tes lèvres sont tellement pulpeuses que je n’ai pu m’empêcher d’y penser et… ahahaaaaaaaah, voui, c’est çaaaaAAAAaaA !!!

C’est pourquoi je suivais vaguement ses fesses pleines avec cet air de ne pas y toucher tout en surjouant le sympathique métrosexuel en vacances avec son pote ;

« T’as vu ce rocher, fou, non ? »

Clarence pose pour la photo avec son inavouable bandeau (j’avoue qu’il a des cojones, respect, mec !), je pose, elle nous regarde, Françis Lai compose au piano à queue et la mienne pointe vers les étoiles qui brillent dans tes yeux, ma chérie, tu veux qu’on te prenne aussi, là, à même le rocher, avec ton sourire de bébé gibbon dans les bras de sa mère et ta braguette défaite ? Un visage rond comme ça, ça ne doit pas cracher sur un club sandwich de temps en temps, non ? Allez, viens avec nous qui sommes doux et avons le même appareil photo numérique sans même être pédés.

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Ah, que c’est bon, la supériorité technologique. Ou alors, elle est trop futée : qui n’aurait pas pitié d’une fille qui demande aux vieux de passage d’appuyer fort sur le déclencheur de son appareil jetable ? Ça existe encore, sans déconner ? Ça sentait le traquenard, mais je n’ai rien vu venir, à cause de l’odeur des phéromones, ou des daims, ou des deux.

Tel fut pris, qui croyait prendre en levrette. Elle ne me lâchera plus. On rejoint belle-maman Boddicker et la petite belle-sœur. Je commence à me sentir mal à force d’avoir l’autre collée à moi : je veux bien jouer les charmants une heure, mais après, ça me fatigue un peu de sourire.

Ah, tu habites à Ueno, en fait ?

Tu voudrais des cours d’anglais ? Étonnant…et…

Et soudain, devant le télécabine pour descendre, je remarque que la famille a fait un pas en arrière au moment d’embarquer et que je suis seul avec elle dans cet espace clos, au-dessus du vide, ambiance d’ascenseur sans la musique, proximité aberrante, ah pardon c’était ta main, je…euh…

J’imagine comment une levrette sauvage ça doit être rigolo vu de l’œuf de derrière, la cabine ballotant au rythme des coups de fouet de mes couilles sur…ah mais non, ça c’est dans le film.

Ensuite, je reçus un à deux mails par jour jusqu’à ce que partant en Chine et lassée de mes délais de réponse abscons, elle décide de lâcher prise jusqu’à la semaine dernière. À suivre.

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