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Ode to gallantry cover

Ode to gallantry est un shaw brother qui joue la corde du brave crétin au bon cœur, et même que c’est pas sa faute si c’est un crétin, c’est juste qu’il a été élevé par une connasse , comme beaucoup de crétins dans la vraie vie.

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C’est donc un film pédagogique sur la place déterminante des parents dans l’éducation des crétins, et une critique de la famille monoparentale par la même occasion, puisqu’il n’a pas de père, ayant été enlevé à ses vrais parents dans l’enfance.
C’est aussi un film qui te fait ressentir le fait d’être un crétin, tellement l’intrigue et le nombre de protagonistes semblent avoir été écrits sur un puzzle 20.000 pièces puis lâchés sur la Sologne depuis un dirigeable. Pourquoi la Sologne ? Parce qu’au final c’est aussi clair que le bilan économique des années Mitterrand et qu’un labrador et une canne blanche ne seraient pas de trop pour s’y retrouver entre les noms des 4 clans qui s’affrontent pour une raison tellement obscure que j’ai douté de ma propre interprétation des mots.

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En gros, 4 clans DOIVENT s’entretuer pour une promesse faite à un vieux con sûrement financé par l’industrie des agrocarburants qui va finir de détruire l’Amazonie, c’est sûr, aussi sûr que Bono ne vaut plus rien sinon comme porte-lunettes. Il détruit des arbres* juste avec des rayons qui sortent de ses mains, c’est dire.

*Des arbres en plastique, bien sûr. Aucun arbre n’a été maltraité pendant le tournage de ce film.

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Le vieux est sylvophobe, mais son kung-fu envoie du bois, alors forcément, suivant la règle de classement dichotomique des Chinois à barbe blanche, selon laquelle il a une chance sur deux d’être un méchant, forcément, c’est un méchant.

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Pourquoi, forcément ? Personne ne le sait, pas même les scénaristes qui hésitent tout le long du film entre en faire un sage respectable et une crapule sous botox.  Le scénariste principal finira sûrement sa vie en épandant du fumier humain (un coup à gauche, un coup à droite, comme Tanguy) dans le nord-est de la Chine, comme tous ces intellos pourris à la solde des idées bourgeoises et impérialistes : il a beaucoup de mal à définir les personnages sans leur coller une personnalité schizophrène plus ou moins affirmée. Les revirements s’enchainent comme les coups de bite dans « Pump My Ass Full Of Cum 2 », un classique du cinéma art et essai qui ne fait pas de quartier non plus.

1982.Ode.to.Gallantry.Mais je sais manger une crevette à la fourchette, monsieur.jpg

Exemple, dès l’ouverture, plus de 10 types en plein revival glam-rock se font planter à grand coup d’épée dans le ventre pendant que le héros cherche à manger les croissants tombés par terre pendant qu’ils se battent. 2 minutes après, les 2 gangs rivaux discutent calmement ensemble en se plaignant du vieux con, vraiment pas cool, puisqu’ils sont bien obligés de s’entretuer parce qu’il l’a demandé, « mais si ça ne tenait qu’a nous, on ouvrirait un boite gay appelé Le Gary Glitter et vous seriez tous invités à la soirée d’ouverture, on s’en mettrait plein la narine et on se ferait des shots de tequila au sel rose de l’Himalaya, y’aurait même Beigbeder, mais pas dans les backroom, il pourrait vouloir écrire un livre après.

1982.Ode.to.Gallantry._oh, elle est grosse.jpg

C’est donc une comédie, vaguement, si on fait abstraction des 62 morts en 1h23, mais après tout, c’est facile, ils se ressemblent tous ces Chinois, si ça se trouve ils étaient clonés.

1982.Ode.to.Gallantry.Putain c'est vrai qu'elle est grosse.jpg

Pas clone mais vrai jumeau d’un connard (un enfant gâté, de l’aveu de ses propres parents…je vous ai dit que c’est un film sur la pédagogie), notre héros crétin joue la comédie comme un pied, mais c’est ça qui est bon dans un Shaw Brother.

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Pas un classique absolu, Ode To Gallantry (wtf le titre?) est un plaidoyer pour l’éducation raisonnée et un sudoku pour tes neurones après un pichet de rouge. La bonté de coeur des idiots, l’inutilité de la vengeance et la culture proverbiale corse sont aussi abordées, avec des nuances : l’idiot qui tue n’est pas responsable de ses actes, ou alors il a été piègé et tout le monde lui pardonne. La vengeance est obsolète, sauf quand les méchants ne comprennent vraiment rien, alors vaut mieux les tuer tous, ça soulage. Enfin, illustrant la citation de Jean-Doumé Corndequoccu « un accident est vite arrivé », le sort délivre souvent les braves du fardeau de la culpabilité.

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Tout est bien qui finit bien, 80% des protagonistes sont morts ou repentis, et les combats (pas cablés ou presque) tiennent la route dans le style « je fais semblant de ne pas savoir me battre », option « cerveau noix de cajou mais corps taillé dans l’acajou ».

Pas typiquement un film d’usine (Chang Cheh aux manettes) ni mauvais Shaw, en tout cas.