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Ça fait déjà plus de 1 ans et 4 mois, mine de rien…comment-veux tu que je mémorise tous ces éléments dans l’ordre, moi qui suis un alcoolique notoire ? Enfin, je dis ça, mais le mec qui est en train de boire un chu-hi à 8° devant le combini, alors que je pars travailler à l’aube, il est autrement plus atteint que moi. Vu qu’il a une cravate, il va peut-être travailler aussi, quoique le Japon soit un pays plus simple que ça : tu es un homme, tu as un cou = tu portes une cravate. Au collège, dans l’entreprise, sur la poutre où tu t’es pendu. Youpi-matin.

Seto_Oignons

Si je m’en souviens bien, j’aurais finalement peu bu pendant ce séjour dans le sud (ceci est la suite du billet précédent, voui). 2 très bonnes bières à Kurashiki, et un rouge pendant le barbecue à domicile, également appelé la compétition de sauces épicées, animé par la toujours sémillante petite soeur (j’l’aime bien, celle-là). Vous savez tous ce qu’est un barbecue japonais, et sinon, vous vous renseignerez… La nuance est dans le choix des légumes : du jardin, cueilli à la main et serré contre des nichons qui pointent contre les picots du concombre amer (également appelé Margose) comme sous l’agacement du tentacule qui l’enserrait dans les vidéos de ta jeunesse.

Seto_goya

Seto_poivrons farcisSeto_poulet à la boddicker

Madame Boddicker se bat contre les habitudes paysannes modernes (en refusant les engrais à la louche, en labourant seulement à la main, avec des nègres à la peau d’ébène dont le muscle sec et bandé excite les obaasan du voisinage*) et le résultat est excellent.

(*qui leur jettent des cacahuètes  Oui, le Japonais est excessivement raciste ; moi aussi, ça me choque)

Seto_Goya_Tunnel

Les courges sont superbes et abondantes, l’occasion de se faire une trentaine de beignets de fleur de courges, un luxe absolu (dont personne n’a rien à foutre, en gros, puisqu’on dirait du tempura).

kurashiki_bierekurashiki_musée des arts traditionnels

kurashiki_bouffeurs de chouxkurashiki_maison rouge

Revenons à la piave : 500yens la bouteille de 33cl de bière de Kurashiki, sa mère la pute en geta dans une Ford Mondeo, je suis un rat, donc quoi ? Je trouve que c’est cher, tant mieux si vous trouvez ça normal, tas d’expats nantis à la solde de l’impérialisme yankee, suceurs de bite posthume de Steve Jobs, riverains d’Iidabashi-sur-Sorgues et sayonarasalistes de Nespresso à -10% sur le prix d’achat. Ah, Lénine, réveille-toi, fais-les pleurer leurs mères en passant leurs Mark III au pilon et baisse donc les taxes sur le houblon !

Mais la Mugimonogatari vaut le coup. Comme Kurashiki, une bien belle ville au sud d’Okayama. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise d’autre ? C’est un blog, pas un dépliant touristique ! Vous avez le net, vous avez des yeux, y’a des photos, démerdez-vous !

kurashiki_la villeKurashiki_ruelle

kurashiki_la porte des étoileskurashiki_waiting for Tealc

kurashiki_l'heure du thékurashiki_le coucher de soleil

Sinon, comment dire…je suis légèrement déçu de mon rythme de parution, évidemment, mais aussi par ma propre écriture, dernièrement. C’est mou…je peine à passer outre la description passive d’événement que j’ai eu du plaisir à vivre et photographier, mais qui manquent de punch après coup. Or, si je sais que ce n’est surement pas la fréquence qui fait l’intérêt de ce blog, c’est bien la punchline. Si ça manque, que reste-t-il ?

On l’a déjà dit, être méchant est simple, mais bien vain, surtout quand on veut parler de choses qu’on aime. J’ai mis un temps pas possible à aimer ce que je voyais et vivais au Japon. Certains lecteurs le savent mieux que d’autres, mais j’ai gambaré au delà de la limite du raisonnable pour rester dans un pays qui n’est ni une nouvelle passion, ni un vieil amour, qui n’a pas besoin de moi, dont je ne parle même pas correctement la langue, dont je ne partage pas les valeurs, et qui présente à mon avis un avenir politique, économique et environnemental médiocre. Nous y reviendrons sous peu.

kurashiki_jardin kurashiki_pont cassé

Je ne sais absolument pas pourquoi.

Je suis arrivé ici par amour pour une personne et par peur de ne pas vivre d’aventure avant la trentaine. L’amour est devenu invivable, l’aventure hasardeuse, je ne sais pas pourquoi je ne suis pas rentré, sinon par fierté ; quelque part, je crois que je veux rentrer au pays en ayant réussi comme l’oncle d’Amérique au pays des Chnèous…

Depuis 2011, énormément de choses ont changé pour moi. Professionnellement, une nouvelle approche de l’enseignement, et la découverte que Tokyo ou plus largement, le Japon présente un formidable champ d’expérimentation. Le plaisir du travail a été suivi d’une épuration des employeurs, et une stabilisation financière finalement méritée, IMHO. A voir si ça dure.

kurashiki_le café kurashiki_le tabac

kurashiki_Le vélo kurashiki_le vieux glacier

Plaisir relationnel, volonté renouvelée… Bloguer est moins une priorité pour moi, parce que je suis plus occupé à vivre qu’à écrire, tout simplement (paye tes clichés de merde).