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Welcome gniangniahthiamniap

Bon, après vous avoir cassé le moral et possiblement les couilles avec mes considérations agricole-défaitistes, revenons à ce qui nous unit le mieux : dire du mal des étrangers.

Une fois n’est pas coutume, ce ne seront ni les Japinois, ni les Français du Japanisthan, mais les Thaïlandais, que je visitais fin janvier, par un fortuit concours de circonstances, également appelé « organisation chaotique assumée », et qui définit assez bien ma belle-famille.

En route pour NRT 1En route pour NRT 2

Car oui, c’est bien d’un voyage en famille de quoi qu’on parle, plus ou moins.

La grande soeur de ma compagne travaille désormais à Singapour. Il avait donc été décidé qu’on irait lui dire bonjour, puisque c’est une bonne occasion. 24 heures après que la décision soit prise, la configuration du voyage avait déjà changé 3 fois, et moi, j’avais lâché l’affaire et disais oui à tout. Oui à Bangkok. Oui à l’abandon de Singapour. Oui à l’hôtel 3 étoiles au lieu du charmant bidonville recommandé par le guide du routard. Oui à l’update vers iOS 7, même si c’est moche et inutile. Oui à la votation contre l’immigration en masse qui vole le travail dans les fromageries de l’Appenzell. Ah non, pas ça, mais bon…

The Hil Tron

Le résultat : 5 nuits à Bangkok. Point.

Le premier truc à faire, c’est choisir un billet d’avion. Les compagnies soi-disant low-cost comme AirAsia t’annoncent des prix sans taxes, puis il faut payer pour chaque valise, chaque aéroport, chaque verre d’eau, chaque couverture, chaque fois que tu allumes la lumière, chaque fois que tu défèques (au poids), c’est limite s’ils te font pas payer plus cher si tu pèses plus de 80 kilos. Au final, faire une simulation de billet, c’est 30 minutes de perdues pour 10.000 yens de gagné par rapport à ANA.

Les étages du bas ? Pour quoi faire ?Le tourisme de masse en marche

On choisit donc ANA. Mauvaise surprise, ça sera DeltaAirlines qui fait le vol aller. Repas militaires, avion en fin de course, chargé comme Shane MacGowan sur scène mais pas d’alcool sans payer à bord. Très moyen.

Après une journée de travail de 8h avec une valise dans les pattes et un vol décevant, on arrive donc à BKK vers 23h30 : taxi vers l’hôtel, 450bats, le début de l’angoisse du séjour : ne serions-nous pas en train de nous faire enfiler en profondeur, mais avec le sourire, parce que c’est le pays du sourire ?

Très viril, ton taxiTemps radieux

Pas que les Thaïs soient divisés entre enculeurs et enculés, hein ? C’est juste le syndrome du visiteur issu d’un pays riche qui vient visiter un pays pauvre, avec dans la tête l’idée que deux poids, deux mesures, ça ne se fait pas. Eh bien si, exactement, et c’est la logique même : tu es plus riche que les autres, donc tu PEUX payer plus sans que ça représente un problème.

Gateau Thaï, UHUHUHUHAlors, toutes proportions gardées, la Thaïlande m’a d’abord fait penser à d’autres pays économiquement modestes que j’ai eu la chance de visiter, comme la Bosnie-Herzégovine, la Guinée Conakry, la porte d’Aix… On négociera donc à chaque fois, avec la certitude de se faire avoir quand même, et la vague résignation de celui qui sait que c’est inévitable.

Au final, ça sera usant, et en particulier parce que je ne parle pas la langue. Non parce qu’à Conakry, tu peux faire annuler une amende pour absence de permis avec les flics, en prenant le condé (pas Alpha) à part et en lui susurrant que « Tu sais comment sont les femmes, hein ? Tu vois, elle m’a cassé les pieds depuis ce matin pour sortir, j’en ai oublié mon permis, elle mériterait une raclée comme au bon vieux temps, etc. ». Après quoi, tu te gargariserais bien à la javel, mais ça marche.

Ca marche parce que la personne te comprend. En Bosnie, quand dans le fin fond de la montagne, deux policiers t’arrêtent pour un excès de vitesse imaginaire alors qu’il n’y a ni panneaux ni marquage au sol, tu es bien content que ta meuf puisse négocier avec eux une amende « sans le papier », qui se solde par « dix pour moi, dix pour mon collègue, au revoir m’ssieur ‘dame ».

Les pigeons se coincent dans des poulies pour mourirCherchez l'intruPas de photos de pays pauvre sans poubellesLe laminoir à mégots

En Thaïlande, j’ai retrouvé la sensation infantilisante que j’ai eu en arrivant au Japon : on ne comprend pas ce que je dis et je ne comprends pas les gens. Il y a des gens qui s’en tamponnent, mais moi, ce n’est pas possible, autant par mon travail (j’enseigne le français, malgré que s’est pas façile a voir ici) que par mon parcours personnel de polyglotte pratiquant : le verbe a une place fondamentale dans ma vie. Sans pouvoir communiquer, je ne suis qu’un grand chevelu un peu gauche qui sourit d’un air gêné pour cacher son malaise. Ce qui résume plus ou moins ma première année au Japon. Voire les 3 premières.

Revenons à Bangkok : l’anglais y est assez présent et quand il l’est, c’est un anglais de pratique, pas de dictionnaire : je n’ai presque pas vu de phrases sans queue ni tête, comme il y en a partout au Japanisthan, un pays pauvre sans profs ni même accès à google traduction. Ah non, c’est juste que les gens s’en foutent.

Le LidoTout est authentique

La photo de dos, ma grande passionDes fleurs pour les démolisseurs

À Bangkok, ils semblent s’en foutre moins : le touriste, c’est de l’argent. Faut que ce soit efficace. Et parfois, franchement brillant : le nombre d’anglophones parlant un anglais des plus clairs est impressionnant, du moins dans les lieux « célèbres ». Comprenez par là les attractions, temples, quartiers de shopping, d’hôtels.

À vue de nez, la présence de personnes d’origines ethniques différentes paraît assez importante, ce qui peut également expliquer cela : la société semble beaucoup plus métissée qu’au Japon, ce qui implique forcément une ouverture communicative plus importante. Mais laissons la socio de comptoirs pour l’épisode suivant…

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