Étiquettes

, , , , , , , , , , , , , ,

Ca doit être sympa, la nuit

Le jour un, donc (trois articles pour un seul jour de voyage : je dois être contaminé par la productivité japonaise), nous enchaînons avec Wat Pho, célèbre pour son école de massage. 50 minutes d’attente pour l’intégral. 30 minutes seulement pour les pieds. On aura choisi ça, et ça valait le coup, en effet.

TraversonsPassion panoramas

Je devais être à peu prêt le seul massé à ne pas dormironfler, avec le Chinois d’à côté qui hurlait au téléphone toutes les 3 minutes, nonobstant l’interdiction. Bon, va savoir : peut-être qu’il gueulait « MAIS POURQUOI TU ME RAPPELLES ENCORE SOMBRE PINGOUIN, JE T’AVAIS DIT DE NE PAS LE FAIRE !? » en mandarin, mais dans l’absolu, il aurait très bien pu faire le coup du « ça coupe, je suis dans un tunnel ! », c’était crédible aussi. J’aime le son du cantonais, mais le mandarin, c’est comme l’allemand : dès que les gens élèvent la voie, j’ai l’impression qu’il vont me déporter ou me faire répandre des excrements à la main dans les plaines du Nord-Ouest, en chantant « les intellectuels c’est des quiches, le caca rend la terre riche« , ou un truc du genre.

Donnez-moi une boule de bowling

Sur le temple en lui-même, je ne vais pas me répéter, alors voilà : il y a 3 genres de temples pour la personne qui n’y connait que dalle;

Ceux avec des Bouddhas géants couchés, qui ne branlent rien et sont vénérés par tous. Des syndicalistes marseillais, en gros.

Ceux avec des tours en brique plus ou moins recouvertes de merdes dorées ou de tessons de vaisselle colorée,  dressés vers le ciel comme des symboles phalliques d’un pays où tout te rappelle la bite quand t’es frustré.

Ceux avec rien de plus que le temple en lui même, à un détail près (résidence du roi, vieille statue, moine qui ne dort pas, vue intéressante).

Wat Po, c’est le type 1. Voilà les photos pour le reste.

Bien ou bien ?

Tu fais quoooooiiii ?Tenue correcte exigée, merde !!!N'enlevez pas vos Asics Onitsuka Tiger Mexico 68 ici.Toi, ta tenue devait être sacrément putassière

Après quoi, inévitablement, on va dans un resto à touristes. Bouffe banale, voire dégueu. Je suis le seul à le voir, parce que pour le Japonais de base, si le guide a dit que c’est bon, c’est que c’est bon. Et les étrangers cuisinent avec des litres d’huile, c’est bien connu…qu’il fait bon manger des algues (cachées sous le karaage) dans son pays à soi, hein ? C’est vachement plus sain. Tiens, Takeshi, tu me remets un happoshu ?

Alchimie ?

Franc-maçonnerie ?Tapisserie ?

Même sans être cuisinier, tu devrais avoir un repère de base : un truc qui baigne dans l’huile, c’est mauvais signe. Toujours. Le Tanaka, lui, adore le gras (tu crois que le boeuf persillé, c’est une coïncidence raciale ?) et ne pleurera pas si ça suinte. Par contre, il dira à tout le monde que l’hygiène de la bouffe thaï, c’est pas top, qu’il a eu mal au ventre, etc. Aucun ne pense que ça pourrait avoir plus rapport avec le contenu des assiettes qu’avec leur propreté.

Fleurs d'aujourd'huiFleurs d'hier

Le mec à la table d’à côté est un guide touristique : il mange seul, comme le père Goriot (« il mangeait consciencieusement, comme une brute »), loin de son groupe, dont il rabroue l’homologue japonaise quand elle vient le déranger; je ne vois que du dédain sur sa gueule. Il se nourrit, pour vivre, et emmène des gens bouffer dans cette ambiance de cantine scolaire, pour faire plus que vivre et toucher une commission, j’imagine.

Le personnel 10 fois trop nombreux se fait chier, blague. Aucun chef de salle, en apparence. Les erreurs de commande sont la règle. On dirait un flunch pour expatriés et bourgeois sans papilles. Je paye dans un élan de générosité diplomatique, beaucoup trop cher, à la Clarence Boddicker. J’ai un peu mal au coeur, mais ça doit être le gras…ah non, les assiettes.

Des alléesJour deux : Chatutchak Market.

Les guides japonais m’ont déjà lassé. Le WiFi de l’hôtel n’annonçait rien de bon (code de connexion 9-11), mais me permet de trouver des trucs sur le net francophone en sirotant un verre d’eau. Oui, parce qu’en rentrant à l’hôtel, je pensais m’acheter une bière au kombini (Bangkok, c’est juste gavé de 7/11 et de Family Mart), mais ils ne vendent plus d’alcool après 21h, voire 17h les jours où la police a décidé que ça craignait. Dans le principe, c’est bien. Dans l’optique des vacances, ça pue du cul et te pousse à faire des stocks pour alimenter ton alcoolisme ordinaire.

Ephebe désoeuvré

Chatuchak, c’est un énorme marché bien organisé, pour le légal et le moins légal, parait-il. Les contrefaçons se voient sans le vouloir, mais pour le reste, comme je ne comptais pas rapporter un ragondin en voie d’extinction, je n’ai rien vu. J’aurais aimé tomber sur de la beuh atomique complètement par hasard, mais rien n’est arrivé. J’ai acheté 2 t-shirts de designers locaux / trucs volé sur deviantart ou reddit, 3 paquets d’épices, et c’était fini en 5 heures. Oui, c’est énorme.

L'antre aux paniersLes paniers susmentionnésPlein le cul du revival 80'sLa hippy

La suite aussi : suivant les conseils des potes, je pensais aller dans un quartier à la con me faire tailler un costume, à défaut de…non rien. On est crevé, l’aventure tourne court : certains quartiers du centre sont juste glauques comme dans un pays du tiers m…oh wait ?!  Pas coupe-jarrets, juste moches et sales.

Eh Mazdoimdzell !Ms Pot-Chah-Ri

Un vieux nous aborde, tape la discute…ça pue l’arnaque à plein nez, mais j’en peux plus et ma compagne est entre les mains du Derren Brown du Ghetto. Le tuc-tuc surgit de nulle part, il t’emmène à une agence de voyages à un prix modique : tu es fini.

Tiens, je rapporterai bien une plante, ça devrait passer !Brochettes sucréesStand anxiogèneLa classe locale

Sachez-le : si le tuf-tuc n’est pas cher, c’est qu’il fait son fric ailleurs. Dans l’absolu, à part pour le folklore, c’est un pur luxe : si tu veux aller loin et pas cher, tu prends un taxi. S’il y a des embouteillages, tu prends un taxi-moto à gilet orange, là. Point. Le tuc-tuc, c’est du masochisme : tu ne vois rien, tu prends tous les gaz, et c’est cher.

Ca s'arrose

La fin est affreuse. On s’est fait refiler une croisière de merde pour un prix qui aurait fait rire Bernard Madoff, et le lendemain, on s’est retrouvé avec un gros con de guide et un bus plein de cons de français pour un tour à la con, des temples à la con et de la bouffe à la con. Ayutthaya, c’est l’épisode 4.