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Pour ce qui est du reste du séjour du post précédent, c’est assez simple, puisque comme souvent : un mélange de choses dont je n’ai rien à foutre et dont vous n’avez rien à faire non plus.

meubles

Par exemple, un « free-market », où les créateurs locaux vendent leur verroterie. Tu as fait une fac d’art plastique et tu t’es mariée à un webdesigner, avec pour résultat d’avoir une fibre artistique frustrée et trop de temps libre ? Fait de minis-objets en bois, des boucles d’oreilles en laiton ou broches-animaux pyrogravées.

bouclesvieux à vélo

Parfois, c’est pas mal, d’ailleurs. La demoiselle ci-dessus faisait de très jolis bijoux fantaisies.

Disons juste qu’elle était la seule, perdue au milieu d’une troupe de tricoteurs de vêtements pour enfant, recycleurs imitant les magazines, vendeurs de café en salopette (WTF ?), vieux meubles design, miniplantes en minipots, etc. Le public ? Des hipsters en couple et en habits de montagne. Sympathiquement déprimants. Bon esprit, ce qui déclenche en moi l’inverse.

Amoncelés

Il n’y a pas que mon jardin qui est à l’abandon : celui des parents de ma compagne aussi. À force de se demander pourquoi, elle-même en est à faire des guillemets avec les doigts en disant « isogashii »*, tellement on ne voit pas comment regarder la télé quand il ne pleut pas peut être plus important que de tailler les arbres ou ramasser les kakis.

(*ils sont « occupés »)

Pelés

Les kakis âpres ne le sont que pour un temps. Nous, Occidentaux, attendons qu’ils gèlent pour les déguster fondants, mais les Japonais n’aiment pas ces textures mielleuses et veulent du kaki dur comme mon priapisme matinal. Voilà pourquoi on préfère ici les variétés fermes. Vous lirez ces jolis articles pour un topo plus complet :

http://www.lemanger.fr/index.php/la-magie-du-kaki/

http://www.lemanger.fr/index.php/hoshigaki-le-kaki-seche/

http://www.lemanger.fr/index.php/kakis-seches-faits-maison/

Pour les kakis âpres, nous avons décidé d’en faire sécher. Pas pour moi, parce que vu la quantité de noyaux qu’il y a dans cette récolte (un vieil arbre + une variété spontanée, je pense), ça sent le cassage de dents ou le calvaire à manger. N’empêche qu’on en a pelé une centaine et fait quelques guirlandes en chantonnant La Ventura, jusqu’à avoir les mains noires.

Suspendus

Le deuxième projet, le mien, était de faire du kimchi de kaki. Vous lirez cet autre article pour savoir comment ça marche :

http://etrangerecuisine.canalblog.com/archives/2012/01/23/23302822.html

Feignasse que je suis, j’ai juste acheté de la base de kimchi toute prête. La magie du truc : l’astringence disparaît complètement après 30 minutes de marinade au sel. C’est fabuleux.

préparation

Pour l’instant, la lactofermentation n’a qu’à peine commencé, donc l’ensemble est très doux, et pue fort l’ail et la sauce de poisson.

Fermentation

Aller à Shizuoka, c’est aussi l’occasion de voir la famille. Par exemple, la très dynamique et casse-burne-quand-elle-s’y-met tante Murai, head of the supérette locale, veuve, cultivatrice de rose en dilettante, reine du je-m’invite-à-manger (y compris si c’est pas l’heure de dîner… mais encore une fois, comme le constatait RP : le monde appartient à ceux qui ne doutent de rien).

Superette

Cette fois, elle se contentera d’un passage éclair pour dîner et annoncer qu’elle avait l’intention d’organiser un omiai (rencontre arrangée en vue d’un mariage) pour la grande sœur, présentement en poste à Okinawa.

J’en ris d’avance : quand elle passe à la maison, ladite soeur reste sur le net toute la nuit, ne se nourrit que de sucre et a les dents qui vont avec… Ça va être tendu de la faire passer pour l’épouse idéale auprès d’un mec de la campagne profonde. Et elle qui a habité au Canada, à Singapour, Bali, Bangkok, ça va lui faire plaisir de passer 45 minutes assises en seiza face à un salaryman qui transpire de n’être jamais sorti de la préfecture. Bref…

Saké

Y’a pas que la tante, heureusement. À Ogasa habite une autre tante, qui recevait une autre tante. Vous suivez ?

C’est dur à imaginer, tant d’enfants, à l’époque ou plus personne ne veut en faire parce que c’est chiant à élever, qu’un petit chien c’est plus mignon, et même que ça coûte un bras parce que toutes les écoles sont privées, alors que des vêtements pour petit chien ça coute juste un demi-bras, etc.

En tout cas, ils sont funs, de ce côté-là, et c’était un jour de matsuri. On a mangé des sushis commandés et livrés sur un plateau en polystyrène imprimé (classe, toujours), de l’oden de Shizuoka (sachez-le : si l’oden de combini vous dégoûte à juste titre, allez à Shizuoka manger un oden local, ça n’a juste rien à voir), on a bu du bon saké (sorti de nulle part après m’avoir proposé un Bordeaux semi-industriel de 2012, très tannique et strait from the frigo, ce qui est non seulement l’accord parfait avec les oursins et la sole, mais aussi une condition de dégustation optimale, universelle comme un crachat dans la tronche), et soudain, le neveu est entré trempé de sueur et d’alcool, m’a chopé par le cou et traîné dans la matsuri en me faisant boire de la bière d’une bouteille en plastique de 2 litres. J’étais in love, bien entendu. Je regrette un peu qu’il ne m’ait pas gerbé dessus en passant.

Un tourTonyHailAdieu

Ça allait quand même, mais pas la bouteille suivante : les gars qui tirent les cordes des chars se font tourner des bouteilles de coca remplies de whisky pur. Pur. Oui, du pur ouisky de chez Suntory, celui à 780yens le demi-litre, avec une étiquette telle que même si c’est légal de boire dans la rue, tu demandes un sac en papier parce que tu as honte de ton prolétariat organoleptique. Tu croyais qu’il sortiraient le Coffey Malt de Nikka ou quoi ? Rhahhhh la salope….pas moyen. Ils avaient tous entre 15 et 20 ans: c’est pas gagné pour faire respecter la loi, un jour de matsuri.

Tourne

Et maintenant, j’arrête de vous emmerder avec mes histoires de la campagne.