Phrase de vieux culs n°303 : »Et tu veux une médaille ? »

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Epluchures

En ce moment, ma vie est aussi passionnante qu’un épisode de Zodiaques (ou Coeur Caraïbes), donc vous comprendrez que je ne poste pas.
J’ai bien un ou deux gros articles indigestes en cours d’écriture, mais ça attendra. Voici donc des récits-miettes de ma platitude ordinaire, aussi intéressante qu’un boulard japonais : inévitable enchaînement présentation incommensurablement longue et molle, pipe sans entrain avec moults bruits de suçons gerbitifs, gadgets en plastiques et gémissement agaçants tout au plus, final écoeuré. Mosaïques partout, bandaison nulle part !

La violenceLes mini-motos

Personne ne fait la queueDu thé partout

À force d’articles, vous aurez compris que je passe une partie de mon temps libre à Shizuoka, dans la famille de ma compagne, et que j’en tire autant de joies que de frustrations.
Joie d’être à la campagne, au contact de la terre, des plantes autres que celles de mon balconnet… tailler les arbres, semer des légumes, faire des composts.

LopinCet hiver.

Born to be wildSalad man

Frustration et colère, de voir les fruits non ramassés, de trouver du plastique dans le compost, ou les buttes semées envahies de mauvaises herbes, craquelées comme le Niger, faute d’arrosage régulier. Cette fois, ça m’a vraiment mis à terre, dans tous les sens du terme :certains légumes étaient sortis de terre, d’autres pas, c’est la vie… Mais que les salades n’aient pas été touchées (il faut éclaircir les rangs après germination), ça m’a achevé.

« Ah, mais on ne savait pas ce qui est de l’ordre de la mauvaise herbe, on n’a jamais vu de fenouil de notre vie ».

Dont acte. Bien sûr, vous auriez pu regarder dans le manuel de jardinage japonais que je vous ai offert, à la page « fenouil », dont un post-it sort, avec le nom dessus. Vous auriez aussi pu constater que certaines plantes étaient différentes des autres mauvaises herbes communes à tout le jardin, et, comme tout le monde a un téléphone qui prend des photos, vous auriez pu m’en envoyer une, demander, tout simplement.
Vous auriez pu en avoir quelque chose à foutre, en somme, ce qui ne coule pas de source, j’y consens.

Le jardin

Le thé

J’ai bien compris qu’en ignorant mes salades, que vous connaissez pourtant bien, vous aviez d’autres priorités. Je ne peux que difficilement vous le reprocher : vous m’offrez un lopin, c’est mon envie d’y faire pousser des légumes dont vous n’avez pas besoin. Entre la charge des vieux et leur tyrannie horaire (« il est 18 h et le dîner n’est pas prêt ?!« ), le thé qui demande quand même de l’entretien, le reste du jardin, j’imagine que mes 4 buttes arrivent en dernière position, justifiée.

Reliques

Mais, pour autant qu’il y ait des raisons, ça m’a déprimé. Comme un coup de poing au ventre, que tu n’as pas senti venir. Aussi compréhensible que ce soit, ça entérine un sentiment triste pour moi : vous, parents de ma compagne, vous vivants, je n’habiterai pas avec vous. Pas parce que vous avez laissé sécher nos 2 fenouils et 3 panais, mais parce que dans mon échelle de valeurs, ne pas avoir la curiosité ou le respect de contacter votre fille, et laisser à l’abandon quelque chose qu’elle a passé 5h à préparer (binage, semis, paillage, etc.), ça ne va pas le faire.

Les voisins

Ça ne m’attriste pas tant pour le soufflet mental infligé (« J’me croyais important et pis finalement non ! Bouh bouh… »), le temps perdu, ma daurade au four sur lit de fenouil qui s’envole que le fait que ma compagne ait compris que je n’arriverai jamais à vivre avec eux. Ou plutôt, que je n’en avais aucune intention. Sans rancune, ou presque.

BBQ 1BBQ 2

Sinon, ça s’est bien passé.

Après le passage « jette ta pelle par terre, roule au sol et jette des mottes de terre en l’air en hurlant AHHAHAAAAAAAA ! », j’ai décidé que si les graines étaient sorties, c’était mon travail de leur donner une chance, puisque j’avais commencé le processus. On verra ce qui aura survécu la prochaine fois, mais j’éviterai d’y fonder trop d’espoirs.

Alors que je désherbais et séparais les plants, Takeshi est arrivé, le poignet alourdi de sa Panerai, col de polo relevé, lunettes de soleil de mouche à merde de marque. Ça commençait mal, mais finalement, il était sympa, comme la suite le prouvera (= Il a payé pour tout).

Jour de pluie = Tarte au citron...

Jour de pluie = Tarte au citron…

15 minutes plus tard.

15 minutes plus tard.

La vieille grange qui va être démolie (cf. mon autre article de pleureuse, ici) est pleine de vieux outils, vieux meubles, portes coulissantes, coffres, chaînes, plots. Takeshi, dont les parents possèdent une résidence secondaire de l’ancien temps, était venu voir ce qui pourrait l’intéresser pour équiper cette vieille ferme. Voici le genre de choses qui traînent sous les poutres. S’il y a quelque chose qui vous intéresse aussi, vous me ferez le plaisir de vous manifester avant fin juin.

Gros Bidon

Détail bidon 2Détail bidon 3

Ces bidons en étain de l’ère Showa servaient à entreposer le riz.

Une autre époqueMachine

Machines pour le thé.

ParoisPorte

Puis vint la cuite. Monumentale. Rare. Précieuse. Durable. Trop.

Shizuoka 1

Shizuoka 2Et de une

Takeshi nous emmène à Shizuoka-ville. Sympathique bourgade… c’est agréable, pas prétentieux. Il habite à 4 minutes à pieds du travail, ce qui me fait carrément rêver, alors que je perds un temps et un argent de fou dans les transports tokyoïtes.

Le blanc
Vinos Yamazaki est une entreprise locale, un importateur de pinard surcôté qui possède des branches dans les grandes villes du pays. On va vers la maison mère, 2 entrées presque côtes à côtes : l’une, le magasin, propose une sélection de 10 bouteilles du moment, qu’on retrouve dans le bar d’à côté, qui fait aussi magasin de fromage. 40 minutes, 2 bouteilles, une pizza (pâte « foutage de gueule » : surgelée, plate, grasse), un assortiment de fromages, 9000yens. De bons produits, surtaxés comme il se doit, descendus trop vite. Déjà fatigués, on file vers une gargote où les sièges ont été réservés : monsieur a ses habitudes.

Sakura, sakura, sakuraaaa... PUTAIN MAIS TA GUEULE !

Sakura, sakura, sakuraaaa… PUTAIN MAIS TA GUEULE !

Les nihonshus se succèdent, tous excellents, et s’il boit du thé oolong coupé à l’alcool de patate lui-même, Takeshi n’oublie pas de nous resservir, surtout moi qui bois si vite pour faire passer la bouffe que je n’apprécie pas plus que ça (« Du poulet cru ? j’en RÊ-VAIS ! »).

Jolie étiquette

VertBlanc

ReblancOups

Se lever, aller aux toilettes, remarquer qu’on ne tient plus qu’à peine debout. Partir vers un autre bar. L’odeur d’alcool déclenche le réflexe de défense du corps, qui reconnait l’empoisonnement et ouvre les sorties de secours. Un coup en bas, un coup en haut. Et de deux. Et de trois, etc. J’enchaîne le reste de la soirée entre promenades jusqu’au konbini (120 mètres, 8 minutes) pour acheter de l’ukon (plâtres buvables à base de curcuma) aussitôt vomi, des cigarettes que je n’arrive pas à fumer autrement qu’assis dans la rue, en pensant à Jud, pour le coup (des peace, forcément), avant que notre hôte ne me tape la discute pour s’assurer que je reste de ce monde. Vieille honte, sentiment inhabituel d’avoir perdu le contrôle, très justifié, anodin dans ce pays spécialisé dans l’ébriété publique à 21:35. Muuuuurge Exprèèèèèèèssss !!! Les drames de la vieillesse.

Volaille crueTerminus

Après avoir couru prendre le dernier train, on se réveille au terminal, trois stations après la nôtre, ce qui en langage rural fait 25 kilomètres. Appeler la petite sœur, la réveiller, dormir sur un banc, la voir arriver en pyjama, s’excuser. C’est pas la gloire.

Le reste de la Golden Week est donc plus détendu, parce que je suis à deux de tension.

Dimanche, une amie nous rejoint et je lui caresse nonchalamment les fesses pendant qu’elle lit un livre sur « les jambons du monde entier » (éditions Atlas, 2007), sur quoi elle décide de mettre sa tête sur mes genoux et de jouer avec mon frein, parce que tout ça va décidément trop vite. C’est ce que dit mon cortex, alors que je me réveille transpirant l’alcool sur le tapis du salon.

Le pont de trop loin merde

À Shimada, il y a un pont. Il y a tant de sortes de ponts… certains, forts bien suspendus, câbles bandés grincent quand on s’y accroche, d’autres, durs et enflés en leur centre, pour faciliter la circulation, des petits, richement décorés de veines art nouveau, à la tête enflée et brillante, sur laquelle le visiteur pose une main experte pour en apprécier la courbe et le poli, des ponts courts dont on ne fait qu’une bouchée, ceux qui s’enjambent avec respect et appréhension, des ponts qui branlent au-dessus du vide, des ponts qu’on agrippe avec vigueur, pour ne les lâcher que quand, soulagé, vous avez atteint la berge du ravin, des ponts percés, qu’on traverse pourtant, espérant que ça tienne, comme le Prince Albert ou une moule accrochée au rocher.

Shimada, c’est le style long et fin. On le traverse à pied, nus de préférence. Le plaisir d’avoir la plante posée sur les poutres de bois poli par les passages est formidable.

PoutreBois

LitChiottes

De l’autre côté, c’est la promenade digestive qui s’annonce, entre les fleurs, les frelons géants, les arbres, les ridicules statues de tanuki, histoire de ruiner un peu la beauté de la forêt.

Le pont de la forêt Kowaï

FleurAraignée

LisièreCabanne

Thé VERTSoleil

On débouche sur les champs de théiers, serrés, désormais taillés rectangulaires. Dommage, les formes rondes de jadis, d’avant les machines, c’est tellement joli.
Partout des ventilateurs, qu’on utilisera pour chasser l’humidité pendant la saison chaude. Shizuoka, un des plus gros consommateurs d’électricité du Japon.

Les collines tranquilles

Lundi de pluie, lundi dedans, couché sur le tapis… putain de pays où on vit par terre : on voit bien que vous ne faites pas 1,80 m, hein ? Moi couché dans le salon, avec mes 90 kilos, c’est la sardine qui bouche le vieux port, fatche de cong.
Au final, 4 jours au vert, dont 2 à décuver ou presque. Comment ruiner son peu de temps libre ? L’alcool, toujours une bonne solution.

Les dimanches à la campagne...

Phrase de vieux culs n°310 : « Si c’est un port, y’a forcément des putes »

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La rue

Kobe, l’occasion de revoir Sayaka, une ancienne élève, qui arrive en grosse BMW.

« C’est celle de mon mari », ah bon ? Manger une pâtisserie ensemble, prendre un café sur le port. On se croirait à Yokohama, les fleurs en plus. Vent à décorner les boeufs, normal pour Kobe. Centre commercial. Ennui, vaincu grâce à la charmante compagnie.

Le quaiL'autre quaiTempleGrilleMoxOban

Le quartier de Sannomiya, à côté d’une des 4 gares appelées Sannomiya (très pratique, t’as vu ?), c’est plein de ruelles sympa (pleines de gargotes, donc), de putes sympa (qui répondent au sourire, donc), de lumières sympa (je dis ça pour le style). On y mangera le fameux steak de boeuf, ruiné un coup par du ponzu, un coup par de l’ail frit, pour un prix abject, dans une ambiance surannée. Deux semaines plus tard, à Shizuoka, j’achetais un filet de boeuf local pour un dixième du prix et qui mettait complètement à l’amende la barbaque sus-citée. Mais à Rome, fait comme les Romanichels, alors bon…

Le maintenantL'avantL'escalierLes matchsLa presseLe goulotLes bacsLes cuvesL'ustensile La nuit

Autrement plus valable, le tour des brasseries de saké. Déguster une dizaine d’échantillons dans l’après-midi, finir pété comme un coing et allégé de 12.000yens, expédiés chez toi sous 48 heures. Voir les fûts, entendre la fermentation, sentir les effluves. La volonté de conserver les vieux bâtiments, de monter un petit musée avec les anciens outils, de présenter ça au visiteur, même en anglais : très appréciable, très apprécié. Je recommande totalement.

UnDeux Trois

Un article à la Clarence, avec dix fois plus de photos sur-filtrées qu’autre chose.

ClasseGrosse fatigue

Également recommandé, Arima-Onsen. Une heure de train, et te voilà dans l’eau trouble et chaude, assis sur des pierres, avec un homme qui s’approche de toi en disant « Hot, isn’t it ? » avant de s’assoir presque sur ta cuisse. Je lui réponds en japonais, mais monsieur est de Sydney, résident à Singapour, d’origine chinoise, à priori. « Je viens ici chaque année, avec ma femme et mes enfants » était une phrase super-convaincante jusqu’à ce que tu poses ta main sur mon genou. Pourquoi, mon dieu païen, pourquoi, quand tu es dans une marre d’eau brune de 12m2, avec 4 autres éléphants à trompe courte, pourquoi dois-tu me toucher la jambe ? C’est pas déjà assez glauque ? Ça tombe bien, c’est l’heure de partir.

Une planche

L’akashiyaki est officiellement une sorte de takoyaki locale, mais honnêtement, ça tient plus de l’omelette trempée dans l’eau chaude. Certes, c’est une boule, mais sache qu’elle est composée essentiellement d’oeufs. On la reçoit avec ses 11 ou 23 congénères, posée sur une planche bancale, et on la trempe dans un simple bouillon de bonite et ciboulette.

Une pour papaUne pour mamanThe silky toucheThe mirroir dégueuShowaL'échope

C’est bon, mais après 2h de route pour aller à Akashi dans les bouchons, j’avais plus trop envie de me taper 3 échoppes pour manger des oeufs sans girolles, en fait. Cela dit, c’est une bonne occasion de voir des vieilles travailler dans des boutiques qui n’ont pas changé depuis 40 ans.

Akashi

Galerie

Carrelage

Comme le reste d’Akashi, en fait : galerie marchande demi-morte, vendeur qui insiste pour que tu doigtes le poulpe parce qu’il est encore vivant (Monsieur, je…je préfère les mortes, voyez-vous ?), décors de l’ère Showa… Quel étranger est assez blasé pour ne pas kiffer ça ?

CoinCarotteWhamsMagasin

Adieu

Phrase de vieux culs n°158 : « La province c’est bien aussi, parfois, mais pas trop longtemps ».

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Dark skies

Ah, mais j’avais oublié de vous dire que j’étais allé à Kobe, mais en même temps, je doute que ça vaille un article. Non, vraiment. Vous connaissez quoi, de Kobe ? Vous savez au moins où c’est ? Ça vous évoque quoi ?

Du boeuf ? Bien. C’est pas le salon de l’agriculture ici, George, vous n’aurez aucune photo de mon humble et délicate personne en train de tâter le cul des vaches. Déjà que je ressemble à un pâtre grec, pensez…

Alors quoi, des photos de steaks ? OK, ça, je peux.

SteakTeppanPonzu de mes couillesLe troll

Cherchez l’intrus…

Du saké ? Parce que vous croyez qu’en publiant des photos de verres transparents avec des liquides transparents dedans, qui sentent tous plus ou moins le riz moisi, je vais faire exploser les stats, se toucher les filles et HBO me proposer l’adaptation de ce blog en série ? AHAHAH. Non. À moins que vous ne préfériez que je vous en décrive le gout avec des mots à coucher dehors, genre « icelui goute la caresse du soleil sur la rizière, avec une note salée qui rappelle la fraiche sueur qui perle sur le front de l’à peine nubile fermière arc-boutée sur les plants, aidant sa grand-mère et apprenant d’elle l’art millénaire de planter le riz à un espacement optimal pour un saké de légende » ? Vous m’avez vraiment pris pour une prostituée de luxe ou un journaliste de l’Express, c’est ça ?

Ah, les gâteaux de Kobe. Bien. Comme si le fait d’utiliser mes photos d’instragram ne suffisait pas à enfoncer le clou du cliché. Des photos de gâteaux avec des filtres polarisants, je peux aussi.

Le sucreIMG_6009

Pour le reste, je doute que vous (à part Lolo) ayez des choses à dire sur Kobe. Moi non plus, si ce n’est que j’y allais pour un mariage, et que bien sûr, comme pour la Thaïlande, ça aura été en famille = bordel d’organisation = stress = marrant quand même. Voyons ça de plus près.

Déjà, je ne sais pas qui se marie. C’est belle-maman qui suggère que je vienne, pour faire gaijin de décoration, mais pas pendant toute la cérémonie non plus, hein ? Il faut accueillir les Étrangers, mais pas chez moi, y’a pas de place à cause du piano, disait l’autre.
Il s’agit donc juste de dire bonjour et féliciter la cousine (ou nièce ? Ou soeur de la cousine de la tante de la grand-mère ? Bref.) et de repartir.

Chaises

SamarkandeGraviersCoin de reposCorridor

Le mariage a lieu dans une de ces grandes demeures bourgeoises du siècle passé, ou les gens avaient le cul entre deux chaises, mais se disaient qu’en musclant un peu le cul, ça devrait le faire. L’entrée est une sorte de manoir anglais, et une galerie permet de rejoindre une demeure traditionnelle japonaise. Ce qui en fait un lieu de mariage quasiment idéal pour un pays qui a aussi la raie mentale entre deux mondes.

Le ciel

Je ne verrai pas la cousine, trop occupée. Ni le jour fatidique, ni lors de la terrible beuverie du dernier jour, pendant laquelle l’oncle fanfaron exposera les plus improbables reliques-souvenirs de la bulle économique, tirant de son placard d’improbables cognacs soviétiques en bouteilles de terre cuite, des VSOP de 1982 au bouchon sentant le frein d’adolescent pendant sa première boum, des whiskys indiens improbables en bouteilles entamées que personne ne finira jamais, des trucs sous scellés, boites en velours qui finiront dans le container tel quel lors de son décès.

YeahVSOP

Le lendemain, j’avais une barre monstrueuse dans la tête, et les deux connasses qui se croyaient chez la coiffeuse dans l’avion vers Tokyo n’arrangeront rien. Même en écoutant du Madame Germen, j’ai entendu toutes les histoires de la voisine qui baisait avec un mec du patchinko pendant que Nobuo allait en vacances à Hawaï avec sa pute qui a 12 ans de moins, même que moi je n’irai pas parce que tu sais, les fruits ça me fait guru-guru dans le ventre, alors si en plus je prends un café dessus, j’ai le sphincter en folie, AHAHAHAHA, et puis je lui ai dit que ce n’était pas plus mal que ça, hein, faut savoir profiter des… TAAAAAA GEUUUUUUULLLLLE !!!

Le parvis

Phrase de vieux culs n°18 : »C’est quand même très laid, comme langue ! »

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Black Metal Temple Of Doom

Black Metal Temple Of Doom

Mardi, donc, il restait une journée pour ne pas se faire tous les temples qui restent. Le palais royal sera donc le seul retenu.

Ça coute assez cher, mais c’est grand. Non, vraiment, assez cher, même pour les standards japonais : environ 1500 yens, soit 11 euros. C’est certes grand, mais persiste tout le long de la visite une tenace impression de financer les feuilles d’or des murs qui sont justement en train de t’éblouir des mille feux du bon goût local.

DoréRainbowéCasablancéBelgé

cojones de l'enfer

Ma passion pour le carrelage ne sera prise en défaut, pas plus que celle pour les gens qui prennent des poses de merde pour les photos. La palme aux mongoliens qui singent gauchement les bas-reliefs en bob et en shorts, et aux femelles des deux plus grands pays asiatiques : overdose de selfie-duckface pour les Russes, starlettes-et-puputes-style à volonté pour les Chinoises. Et oui, je sais les reconnaitre. C’est toi le nazi.

Double combo

Double combo

Me and My niggazClasseIMG_8172Le duoFlex 2Chic et pas cherRusses toujoursChinoises itou

Retour chez le tailleur, dernières retouches…retour à l’hôtel, achat des souvenirs, bagages…Livraison du costume, prenez mon argent, adieu. Je ne l’ai toujours pas sorti de la housse. Le Népalais qui a fait la livraison m’a suggéré de le faire nettoyer à sec avant de le mettre. Si vous vous y connaissez, vous me ferez le plaisir d’infirmer ou de confirmer ça dans les commentaires.

SobreI believe I can flyyyyPorteLe terne

Je cède, ma vigilance baisse. On remange dans la rue, ça me va, mais je ne fais pas gaffe et je mange du tom-yang-kung. Monumentale erreur ! Des fruits de mer. En soupe. Bien relevé. Dans la rue. Avec un milk-shake glacial au fruit de la passion dessus.

Cuisine...

Cuisine…

et dépendances.

et dépendances.

Puis un massage de 90 minutes, à l’huile de tamarin laxatif, administré par la baleine à bosses (ou seins, c’est suivant) du salon de massage, à qui on a dû dire « toi qui fait sa taille et son poids, tu vas nous prendre le grand Blanc, là et le détordre comme le cintre avec lequel on vole les super 5 », nonobstant ma petite croix dans la feuille de route, à la case « soft, please ».

Le ventre souffre. Le dos souffre. Mes narines souffrent : pourquoi je ne me souvenais pas que le tamarin, c’est ce truc qui ressemble à un étron vert, qui sert de snack aux peuples en voie d’hypothétique développement ?

Le cabinet des tortures

Le cabinet des tortures

Il est une heure. Essaye de dormir avec 2 litres d’huiles qui suite de chaque pore. Essaye de dormir en ne pensant pas au réveil qui va sonner dans 3 heures. Essaye de ne pas penser que le réveil va sonner dans 4, 3, 2, 1…ah non…4, 3, 2, 1…4…3 ?

Après une demi-heure à rêver que marimba allait retentir et que j’allais haïr l’univers sous peu (putains de sonneries Apple de merde !), je me suis vraiment réveillé, pour courir poser mon subtly hairy peach-shaped cul sur les toilettes, essayant de concentrer tout l’énergie de mes chakras huileux sur un des deux orifices qui voulaient tout lâcher, mais pas en même temps, s’il vous plait.

Impact dans 3, 2, 1Les boeufsChez Jim ThomsonPalissade

L’un, puis l’autre, puis la douche, puis la fièvre. Descendre à la réception, sauter dans le taxi rose. Chauffeur, si tu l’acceptes, ta mission est de rattraper la demi-heure de retard et d’arriver à l’aéroport de Marseille-Marign…ah non, mais ce sera pareil. Toutes les esquiches-coudes de BKK West Coast y passèrent, à 70 km/h de moyenne, ce qui raisonnable pour un amateur, dans une rue encombrée de taxi-moto, tuc-tucs et autres piétons qui gênent.

Arrivé sur l’autoroute, à quelques kilomètres de l’aéroport, une épiphanie ! Je ne sais pas comment on dit « Auriez-vous l’immense bonté de vous arrêter sur le bas-côté de la voie à grande vitesse, oh diligent chauffeur ? » en thaïlandais. J’ai donc opté pour « ouvrons vite la vitre ».

Du rab de palais royal

Du rab de palais royal

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Du rab de palais royal

Comme évoqué précédemment, le thaïlandais n’est pas la langue la plus apte à filer des érections spontanée, à part si tu es émétophile pratiquant. Visiblement, j’avais raison : vomir par le nez doit émettre le même son qu’« arrêtez-vous vite, merde ! », parce que le chauffeur l’a bien compris. À la deuxième fois, notez : ma prononciation devait être médiocre à la première.

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Tutututut, je vous vois venir : non, le chauffeur n’était pas télépathe, n’essayez pas de minimiser mon mérite, ou plutôt mon don héréditaire, puisque chez moi, on est génie linguistique de père en fils, 5ème génération, sans risque, satisfait ou remboursé, CB OK, succès professionnel, retour de l’être aimé, réussite aux examens, vigueur turgescente, reconnaissante internationale, Curry Pamyu Pamyu, cacahouettes offertes, sans rendez-vous.

Hein ?

Hein ?

Bref, le voyage retour en mode zombie ultime. Respiration lourde, ventre vide : je n’ai pas bougé une fois du siège d’avion. Juste assez d’énergie pour embarquer une bouteille de pinard, boire un peu de soupe de miso, roter du bacon fumé pendant le sommeil. Pas que j’en aurais mangé, mais parce que me voyant tout gerbant au réveil, ma compagne m’avait administré du Seirogan, qui, je le remarquais en repeignant la façade arrière du taxi, goûte le bacon fumé.

BEUAOAOORGHHAGGHH *oh, du bacon ?!* UOAOOOOAOAAARHGHUAG !!!!

Désolé monsieur. Oui, c’est une queue de crevette, coincée sous l’essuie-glace arrière. Bon, d’un autre côté, vu les déchets humains que tu vois à l’aéroport, pas un taxi-navette n’a pas dû voir son intérieur pourri par un crétin en descente de merdes chimiques achetées dans une fête de Pattaya.

IMG_8174IMG_8168Ben ladenPoubelle

Arrivé à Narita, un appareil et une pancarte : « nous scannons votre température corporelle ».

Rien ne bronche. Le préposé me fait signe de marcher plus vite. J’avais au moins 38,5°C. Ils ont sûrement un post-it collé au moniteur, qui dit « ignorez les Gaijins, ils ont des températures supérieures aux Japonais, OSEF ». Pffff…

Le soir, j’avais 39,7°C. Le lendemain, j’allais bosser. La semaine d’après, j’avais perdu 4 kilos. C’est ma transition avec l’article suivant. Ou pas.

BKK aéroport

Phrase de vieux culs n°45 : »Ils devraient déjà être content de ce qu’ils ont, tiens ! »

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On est mardi. La fatigue commence à poindre. Elle est autant psychologique que physique : changement de climat, changement de nourriture, de rythme de vie, de longueur de journée, de manière de se faire baiser, de monnaie, de slip tout les 10 mètres, etc.

naviguer

La veille, parti à l’aube pour visiter les tas de briques précédemment cités et rentrés tôt aussi non sans en avoir une dans l’estomac, je m’étais ouvert au portier de l’hôtel de mon projet de faire faire des retouches à un veston que j’avais emporté, vu qu’on m’avait vanté les tailleurs thaïlandais, ou plutôt les Indiens de Thaïlande, tels que vous les vendrons les gros racistes qui ne voient pas que le mec avec les ciseaux est en fait un Népalais exploité parce qu’il a plus la culture des belles choses que celles des gourmettes en or qui collent dans les poils.
 
 
Station-service sur l'eau
 
 
Enfourchant sans frémir ni vomir son tuc-tuc vert anglais, ledit portier devenu chauffeur (ces gens savent tout faire, et ils ont le coeur sur la main, Geneviève !) nous montra une maitrise incroyable des embouteillages et sens-uniques bangkokois, à coup de 30 minutes de gaz d’échappement pour 400mètres de marche. Mais marcher, c’est pour les pauvres, et ça ne lui fournirait en rien une commission. Qui plus est, avec tout ces tuc-tucs et leurs gaz d’échappement, là…
 
 
 
Brique brique
 
 
Le tailleur toise ma veste en tweed avec dédain (mais pas à Nara), et en arrive rapidement à me proposer un costume pour un prix imbatablement exorbitant pour la Thaïlande mais relativement bas pour du sur-mesure de pays riche. Après 2 bouteilles d’eau gratuites (quel beau geste !) et une minuscule ristourne, je suis battu. On rentre à l’hôtel, on a faim, la brique a fondue. Il faut trouver un truc à manger.
 
Ma compagne voudrait manger de la vrai bouffe thaï, mais j’ai encore le souvenir cuisant et huileux du premier restaurant. Le guide recommande des gargotes dont les prix doivent faire l’effet d’une histoire belge sur le mangeur local : entre crise de rire et de pitié.
 
 
Refuse, revolt
 
 
Il est décidé contre son gré de faire une promenade pendant laquelle on trouvera un endroit convenable pour diner. Rien. On s’approche des manifestations, on commence à les traverser (relativement : à 15 mètres). Je me tourne, elle est en pleurs, silencieusement.
 
 
La masse
 
 
Habitué comme la plupart des Français (ayant mis les pieds en ville plus de 20 jours dans leur vie) à voir des manifs en veux-tu en voilà, à voir des imbéciles brûler des pneus et arroser la sous-préfecture de choux-fleurs, à voir les moins cons bloquer les postes de péages et donner des artichauts aux vacanciers, à entendre « TOUS ENSEMBLE HEY HEY! » dans les rues dès que la saison le permet, à fumer des joints avant de mettre son keffieh mais sans recouvrir ses badges des Béruriers Noirs avant d’aller taper dans des poubelles avec des docs coquées, comme si Balladur ou Joxe allaient nous entendre, j’avais oublié que pour une Japonaise n’ayant pas connu les années 70, une manifestation, un coup d’état ou un abattoir industriel de gens qui l’ont mérité parce qu’ils se rebellent contre l’ordre établi, c’est la même chose.
 
 
Un marché de grève
 
 
D’où le stress avant de partir. Le stress réprimé pendant le séjour, alors que moi, l’extraordinaire organisation des manifestants me fascine passablement. Le stress de devoir systématiquement passer par là pour prendre le train (Sukhumvit, donc). Le stress véhiculé par les médias japonais, qui ne comprennent rien, et s’en foutent tant qu’il n’y a pas de morts nationales.
 
 
Qui veut des t-shirts ?
 
 
Hug, demi-tour. Un peu honte de n’avoir rien senti venir, après l’avoir trainé chez le tailleur, après lui avoir demandé 600 fois son avis sur le tissu, après lui avoir infligé une journée complète de commentaires désagréables sur l’excursion de merde.
 
 
L'assiette sale, le gout propre
 
 
8 tables en plastique, un serveur débordé, les deux vieux derrière la carriole à tambouille. Une attente de fou, des erreurs de commande justifiée par le fait que le serveur ait en plus sa gamine qui fait du parkour sur les tables et chaises vacantes, jusqu’à l’accident inévitable. Mais, enfin, de la bonne cuisine, dans de la vaisselle à la propreté douteuse. Un porc aux cajous à tomber. Du sucré, du salé, les deux, du piquant, du craquant, du tendre, du coloré. Le meilleur repas du séjour, arrosé par deux litres de bière locale.
 
 
ThinkDans le noir
RDV fadeJe ngor, et toi ?
 
 
En prime, j’aurais même les sourires de la jolie métisse de la table d’à côté, embourbée dans un rendez-vous de mort avec le mec le plus fade du pays.

Phrase de vieux culs n°302 : « Dire qu’on a payé pour voir des tas de cailloux »

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Même pas je bouge

Ayutthaya. Tant de voyelles, tant de temples. 3 voyelles tant répétées et trois types de temples ad lib aussi (cf.post précédent).

OUééééééééé

J’ai essayé de cacher ma francitude aussi longtemps que possible au Bertrands et aux Moniques qui nous encerclaient dans le bus. J’ai essayé de les tuer en achetant de ces fruits de jacquier qui dégagent rapidement cette odeur sucrée de viande avariée trempée dans le miel vinaigré d’une cantine populaire de Rome en pleine décadence.

Des briquesD'autres briquesDu scotch sur un arbre, avec une priseUne brique humaine

Je les ai regardé louer des voiturettes de golf pour trimballer leur graisse à travers un parc rassemblant les plus belles maisons offertes au roi (et oui, tu allais pas lui offrir une PS2 achetée à Book-Off, hein ? C’est le roi, quand même).

Je les ai regardé filmer exactement là où c’était interdit, et répondre d’un haussement d’épaules à une interdiction de fumer qui ne peut pas s’appliquer à quelqu’un qui a payé son billet d’entrée, non mais quoi.

Le pavillon du dépliant

J’ai regardé le guide se foutre de leur gueule avec son français de pacotille, mais tout de même meilleur que son anglais, qui serait presque passé techniquement, mais comme on a tendance à considérer de par le monde que l’enseignement de la prononciation est accessoire et qu’on ne va pas y passer 30 minutes non plus, ben…

Bangkok, clean dès le matin30 km d'embouteillages

Faut dire que s’il avait FERMÉ SA PUTAIN DE GUEULE de temps en temps, je l’aurais moins haï, ce con. Et s’il avait évité de faire des blagues genre « santal woods, teck woods, tiger woods », accessoirement. Je suis prêt à coucher pour que ce genre de blagues soit passible de lapidation, légalement. Lapidation avec des putains de briques de temples royaux, hein ? On a ce qu’on mérite.

Nimporte quoiLe roi du plumeau

La maison de campagne des mecs qui palpent

Tu veux savoir ce qui est pire qu’un ensemble de maisons offertes au roi pour sa déco de jardin et ses jours d’humeur cosplay ? La même chose, un jour de sortie scolaire. Pas moins de 6 groupes de merdeux en uniformes, qui enlèvent leurs chaussures comme il se doit dans les édifices, mais te collent le parquet de leurs mycoses instantanément. L’odeur de mort des collégiens, ce n’est pas une exclusivité japonaise (je rappelle que le Nippon moyen, si prompt à déblatérer sur la saleté des autres peuples, lave l’uniforme de ses enfants 2 à trois fois par an au maximum, dans les familles de maniaques… CQFD).

Saloperie de gosses, ne marchez pas là dessus !

Parmi les autres réjouissances qui te donneraient envie de boire l’eau de la Chao Phraya plutôt que de continuer, tu as :

De long

Les vendeurs d’amulettes devant un Bouddha géant qui ne branle rien, même qu’ils ont abandonné de construire un temple autour tellement il avait l’air de s’en foutre. 15 minutes pour voir ça, c’est 13 minutes de Blancs crédules jetés en pâture à des as de l’extorsion. Bien sûr, le guide a disparu à la buvette. Moi, j’ai acheté un Magnum et regardé le spectacle.

Faignasse

Du tergal

Le retour sur la rivière : d’abord, une heure d’autoroute, puis la traversée de 5 zones industrielles, puis le rafiot appontait derrière un entrepôt. J’attendais le moment où un géant sorti de Ken Le Survivant allait débarquer et empoigner une fillette et écraser ses parents en riant très fort pendant que le ciel rougissait des flammes de son aura maléfique et que des loubards en moto et side-cars ornés de squelettes à clous (oui monsieur. Et à chaines, aussi) nous encercleraient en proférant des insultes sans envergure, d’une répartie bhl-esque, voué à l’échec. Que nenni.

Un ponton en bois terne, des bouteilles en plastique qui flottent parmi les algues qui flottent aussi (je n’ai pas d’autres verbes sous la main) mollement que les seins des jeunes Américaines sur les rivages de Cancún, une tripotée de mousses imbitables et des hôtesses qui ont abandonné d’être avenantes.

Enième templeEx-voto flippant et vénalStatuette immondeFleur grotesque

Poussons les touristes dedans, offrons-leur un buffet avec tout et n’importe quoi, mais pas de bouffe thaï ou presque, ils doivent en être fatigués ! Faisons plutôt un truc que nous ne savons pas faire. 

Magnifique

C’était mauvais. Juste atrocement mauvais. Du mauvais à volonté. Je vous donne les références, pour que vous évitiez ça à jamais : River Sun Cruise.

Gaijin Téléphone Maison

Gaijin téléphone maison.

Phrase de vieux culs n° 221 : »Ah mais tu sais qu’ils sont malins, hein ! »

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Ca doit être sympa, la nuit

Le jour un, donc (trois articles pour un seul jour de voyage : je dois être contaminé par la productivité japonaise), nous enchaînons avec Wat Pho, célèbre pour son école de massage. 50 minutes d’attente pour l’intégral. 30 minutes seulement pour les pieds. On aura choisi ça, et ça valait le coup, en effet.

TraversonsPassion panoramas

Je devais être à peu prêt le seul massé à ne pas dormironfler, avec le Chinois d’à côté qui hurlait au téléphone toutes les 3 minutes, nonobstant l’interdiction. Bon, va savoir : peut-être qu’il gueulait « MAIS POURQUOI TU ME RAPPELLES ENCORE SOMBRE PINGOUIN, JE T’AVAIS DIT DE NE PAS LE FAIRE !? » en mandarin, mais dans l’absolu, il aurait très bien pu faire le coup du « ça coupe, je suis dans un tunnel ! », c’était crédible aussi. J’aime le son du cantonais, mais le mandarin, c’est comme l’allemand : dès que les gens élèvent la voie, j’ai l’impression qu’il vont me déporter ou me faire répandre des excrements à la main dans les plaines du Nord-Ouest, en chantant « les intellectuels c’est des quiches, le caca rend la terre riche« , ou un truc du genre.

Donnez-moi une boule de bowling

Sur le temple en lui-même, je ne vais pas me répéter, alors voilà : il y a 3 genres de temples pour la personne qui n’y connait que dalle;

Ceux avec des Bouddhas géants couchés, qui ne branlent rien et sont vénérés par tous. Des syndicalistes marseillais, en gros.

Ceux avec des tours en brique plus ou moins recouvertes de merdes dorées ou de tessons de vaisselle colorée,  dressés vers le ciel comme des symboles phalliques d’un pays où tout te rappelle la bite quand t’es frustré.

Ceux avec rien de plus que le temple en lui même, à un détail près (résidence du roi, vieille statue, moine qui ne dort pas, vue intéressante).

Wat Po, c’est le type 1. Voilà les photos pour le reste.

Bien ou bien ?

Tu fais quoooooiiii ?Tenue correcte exigée, merde !!!N'enlevez pas vos Asics Onitsuka Tiger Mexico 68 ici.Toi, ta tenue devait être sacrément putassière

Après quoi, inévitablement, on va dans un resto à touristes. Bouffe banale, voire dégueu. Je suis le seul à le voir, parce que pour le Japonais de base, si le guide a dit que c’est bon, c’est que c’est bon. Et les étrangers cuisinent avec des litres d’huile, c’est bien connu…qu’il fait bon manger des algues (cachées sous le karaage) dans son pays à soi, hein ? C’est vachement plus sain. Tiens, Takeshi, tu me remets un happoshu ?

Alchimie ?

Franc-maçonnerie ?Tapisserie ?

Même sans être cuisinier, tu devrais avoir un repère de base : un truc qui baigne dans l’huile, c’est mauvais signe. Toujours. Le Tanaka, lui, adore le gras (tu crois que le boeuf persillé, c’est une coïncidence raciale ?) et ne pleurera pas si ça suinte. Par contre, il dira à tout le monde que l’hygiène de la bouffe thaï, c’est pas top, qu’il a eu mal au ventre, etc. Aucun ne pense que ça pourrait avoir plus rapport avec le contenu des assiettes qu’avec leur propreté.

Fleurs d'aujourd'huiFleurs d'hier

Le mec à la table d’à côté est un guide touristique : il mange seul, comme le père Goriot (« il mangeait consciencieusement, comme une brute »), loin de son groupe, dont il rabroue l’homologue japonaise quand elle vient le déranger; je ne vois que du dédain sur sa gueule. Il se nourrit, pour vivre, et emmène des gens bouffer dans cette ambiance de cantine scolaire, pour faire plus que vivre et toucher une commission, j’imagine.

Le personnel 10 fois trop nombreux se fait chier, blague. Aucun chef de salle, en apparence. Les erreurs de commande sont la règle. On dirait un flunch pour expatriés et bourgeois sans papilles. Je paye dans un élan de générosité diplomatique, beaucoup trop cher, à la Clarence Boddicker. J’ai un peu mal au coeur, mais ça doit être le gras…ah non, les assiettes.

Des alléesJour deux : Chatutchak Market.

Les guides japonais m’ont déjà lassé. Le WiFi de l’hôtel n’annonçait rien de bon (code de connexion 9-11), mais me permet de trouver des trucs sur le net francophone en sirotant un verre d’eau. Oui, parce qu’en rentrant à l’hôtel, je pensais m’acheter une bière au kombini (Bangkok, c’est juste gavé de 7/11 et de Family Mart), mais ils ne vendent plus d’alcool après 21h, voire 17h les jours où la police a décidé que ça craignait. Dans le principe, c’est bien. Dans l’optique des vacances, ça pue du cul et te pousse à faire des stocks pour alimenter ton alcoolisme ordinaire.

Ephebe désoeuvré

Chatuchak, c’est un énorme marché bien organisé, pour le légal et le moins légal, parait-il. Les contrefaçons se voient sans le vouloir, mais pour le reste, comme je ne comptais pas rapporter un ragondin en voie d’extinction, je n’ai rien vu. J’aurais aimé tomber sur de la beuh atomique complètement par hasard, mais rien n’est arrivé. J’ai acheté 2 t-shirts de designers locaux / trucs volé sur deviantart ou reddit, 3 paquets d’épices, et c’était fini en 5 heures. Oui, c’est énorme.

L'antre aux paniersLes paniers susmentionnésPlein le cul du revival 80'sLa hippy

La suite aussi : suivant les conseils des potes, je pensais aller dans un quartier à la con me faire tailler un costume, à défaut de…non rien. On est crevé, l’aventure tourne court : certains quartiers du centre sont juste glauques comme dans un pays du tiers m…oh wait ?!  Pas coupe-jarrets, juste moches et sales.

Eh Mazdoimdzell !Ms Pot-Chah-Ri

Un vieux nous aborde, tape la discute…ça pue l’arnaque à plein nez, mais j’en peux plus et ma compagne est entre les mains du Derren Brown du Ghetto. Le tuc-tuc surgit de nulle part, il t’emmène à une agence de voyages à un prix modique : tu es fini.

Tiens, je rapporterai bien une plante, ça devrait passer !Brochettes sucréesStand anxiogèneLa classe locale

Sachez-le : si le tuf-tuc n’est pas cher, c’est qu’il fait son fric ailleurs. Dans l’absolu, à part pour le folklore, c’est un pur luxe : si tu veux aller loin et pas cher, tu prends un taxi. S’il y a des embouteillages, tu prends un taxi-moto à gilet orange, là. Point. Le tuc-tuc, c’est du masochisme : tu ne vois rien, tu prends tous les gaz, et c’est cher.

Ca s'arrose

La fin est affreuse. On s’est fait refiler une croisière de merde pour un prix qui aurait fait rire Bernard Madoff, et le lendemain, on s’est retrouvé avec un gros con de guide et un bus plein de cons de français pour un tour à la con, des temples à la con et de la bouffe à la con. Ayutthaya, c’est l’épisode 4.

Phrase de vieux culs n°452 : »Ah, mais c’est une peuple décomplexé du corps, c’est sûr ! »

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Des phallus partout.

Jour un :

Pas d’eau chaude à la douche. Grosse sensation de « on est au 9e étage, le chauffe-eau est à la cave ». Un peu à l’image de l’hôtel, le Golden Tulip, à Sukhumvit prétentions internationales, galères locales. Comme une envie de reboot.

Ben justement...

Pas qu’il fasse froid, hein ? C’est l’hiver, mais il fera 29°C l’après-midi. C’est plutôt que c’est pénible de se laver les poils (80% de la surface de mon corps, je vends du rêve) à l’eau froide, surtout qu’après ces heures de vol, tu sens un peu renard sauvage de contrebande.

Swag au pieds de la plus grosse vaisselle du monde : Louis, Gucci, Crocs.

On file à Wat Arun, une construction de grande taille, mi-gode en déchets de porcelaine collés pour un Galactus en mode SM, mi-temple parmi des milliards d’autres. Parce que sachez-le, en Thaïlande, on prend 2 choses au sérieux : les temples et le roi. Le reste, c’est du volatile.

Le bon goûtLe disque au bol

Le spit le moins safe du mondeC'est raide

Les marches de Wat Arun sont bien raides, et les vieux flippent pour leurs cols du fémur. Arrivé en haut, un groupe portant bobs et gilets de pêche s’interroge : « mais comment qu’on va descendre ? » en gros japonais du Kansai. Je réponds à l’une des vieilles increvables qu’il y a un escalier réservé à la seule descente de l’autre côté.

« Ah, mais…merci, mais…Ouh lala , hein, j’ai été surprise, vous m’avez parlé en japonais, et pourtant, vous êtes bl…vous êtes…enfin… Ola, Shintaro-kun, ce monsieur dit qu’on peut descendre là-bas ! »

Classique. J’ai ri comme un bon nègre Banania.

Une assiette

Une noix de coco (vous noterez la transition avec la remarque précédente), un magnum (putain, enfin une vrai glace) et un excellent café, ça repart. Oui, le Thaï sait faire un bon café (comme ta mère savait fort bien tailler des pipes pour une livre de café pendant l’occupation, t’as cru qu’elle aimait la choucroute de naissance ou quoi, pauvre con ?), et il y a même des magnums, pour nous les colons. La question est plutôt de savoir pourquoi il n’y en a pas au Japon.

La vue de Wat ArunWat Arun Thasiev

Réponse de ma compagne : « ça mettrait les fabricants japonais en difficulté, parce que c’est meilleur ». Euh oui ma chérie : c’est exactement la base du libéralisme moderne. Tu laisses les produits entrer en concurrence, les faibles perdent ou s’adaptent, tu copies les autres ou fait mieux. Pas que je sois forcément pour, mais ça ferait du bien au Japon, qui fait évoluer ses produits pour un seul marché national blindé, mais sclérosé et vieillissant. Bref. Un café et on traverse la rivière, pour retrouver la famille à Wat Po, juste en face. Autant de temples que de merdes de chiens sur les trottoirs de Paris, on vous a dit.

C'est presque sataniqueDes plots. Comme c'est original.Pas de classe le samediLes devoirs oubliés

La spécialité locale, à part les jeunes gens à enculer sur place ou à emporter à l’hôtel (notre voisin se privera peu, d’après ce que mes oreilles collées au papier peint auront détecté), c’est le massage. Les deux sont souvent liés, pour le meilleur et pour le pire…les unes plissant du nez devant les putes qui ternissent leur travail, et les autres leur rient au nez avec leurs jupes aussi larges que mon obi. Et c’était l’hiver, alors autant dire que ça doit être leur passe-montagne local. L’été doit être humide.

Ta grosse chatte qui se languit !

Un des trucs qui caractérise le Nippon en vacances, c’est qu’il ne va que dans les trucs qui sont sélectionnés pour lui dans les livres édités au Japon. Je dis « livre » pour la forme, mais dans le contenu, il s’agit d’un simple catalogue de restaurants à touristes, de magasins de trucs ayant des antennes à Tokyo (un Japonais ne te rapporte JAMAIS un produit inconnu : il n’achète que des trucs que tu connais déjà vaguement) et de quelques monuments, pour les murs Facebook.

Boutique de mangue de guide japonais

Comme tous les guides sélectionnent / se font graisser la pâte par les mêmes endroits, tu y trouves des Japonais au point que dans le salon de massage où nous allâmes, Ryoko nous accueillit, nous présenta un menu en japinois, et les souvenirs (des tampons de massage aux herbes) avaient du japonais imprimé au verso. Avantage : c’était classe et sans mauvaise surprise. Inconvénient : ils n’avaient pas de genmaicha, ces sales nègres jaunes.

Et pas de plan « allons donc dans l’arrière-boutique que je vous montre des échantillons ».

Le sens du détail

Sexuellement, le voyage aura été éprouvant pour un satyre comme moi.

5 jours à détourner le regard des putes…c’était tendu du slip. Eussent-elles été vilaines à souhait, que ça m’aurait facilité les choses. Eurent-elles parlé, que la classe fabuleuse de la langue thaïlandaise, semblable à un élégant vomissement par le nez, que ça m’aurait déchargé de cette tension qui me raidissait. Même en évitant contre mon gré les quartiers à ladyboy et autres réjouissances que les consanguins de la manif pour tous réprouvent surement jusqu’à se documenter dessus sur xhamsterx vers 2h du matin, même en faisant en sorte de lâcher du lest à l’hôtel jusqu’à ce que douche bouchée s’en suive (j’aurais préféré bouche douchée, bien évidement), même en pensant à un pigeon en train de mourir alors que la masseuse remontait le long de ma jambe, entrainant d’autres remontées plus embarrassantes, malgré tout ça, au final, c’était fatiguant. Et mine de rien, cette frustration aura un effet sur le grand final.

Le Sous-Commandant Marcosithumsivong

Le Sous-Commandant Marcosithumsivong

Phrase de vieux culs n°347 : « Qu’est-ce que t’as à sourire comme un con ? »

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Welcome gniangniahthiamniap

Bon, après vous avoir cassé le moral et possiblement les couilles avec mes considérations agricole-défaitistes, revenons à ce qui nous unit le mieux : dire du mal des étrangers.

Une fois n’est pas coutume, ce ne seront ni les Japinois, ni les Français du Japanisthan, mais les Thaïlandais, que je visitais fin janvier, par un fortuit concours de circonstances, également appelé « organisation chaotique assumée », et qui définit assez bien ma belle-famille.

En route pour NRT 1En route pour NRT 2

Car oui, c’est bien d’un voyage en famille de quoi qu’on parle, plus ou moins.

La grande soeur de ma compagne travaille désormais à Singapour. Il avait donc été décidé qu’on irait lui dire bonjour, puisque c’est une bonne occasion. 24 heures après que la décision soit prise, la configuration du voyage avait déjà changé 3 fois, et moi, j’avais lâché l’affaire et disais oui à tout. Oui à Bangkok. Oui à l’abandon de Singapour. Oui à l’hôtel 3 étoiles au lieu du charmant bidonville recommandé par le guide du routard. Oui à l’update vers iOS 7, même si c’est moche et inutile. Oui à la votation contre l’immigration en masse qui vole le travail dans les fromageries de l’Appenzell. Ah non, pas ça, mais bon…

The Hil Tron

Le résultat : 5 nuits à Bangkok. Point.

Le premier truc à faire, c’est choisir un billet d’avion. Les compagnies soi-disant low-cost comme AirAsia t’annoncent des prix sans taxes, puis il faut payer pour chaque valise, chaque aéroport, chaque verre d’eau, chaque couverture, chaque fois que tu allumes la lumière, chaque fois que tu défèques (au poids), c’est limite s’ils te font pas payer plus cher si tu pèses plus de 80 kilos. Au final, faire une simulation de billet, c’est 30 minutes de perdues pour 10.000 yens de gagné par rapport à ANA.

Les étages du bas ? Pour quoi faire ?Le tourisme de masse en marche

On choisit donc ANA. Mauvaise surprise, ça sera DeltaAirlines qui fait le vol aller. Repas militaires, avion en fin de course, chargé comme Shane MacGowan sur scène mais pas d’alcool sans payer à bord. Très moyen.

Après une journée de travail de 8h avec une valise dans les pattes et un vol décevant, on arrive donc à BKK vers 23h30 : taxi vers l’hôtel, 450bats, le début de l’angoisse du séjour : ne serions-nous pas en train de nous faire enfiler en profondeur, mais avec le sourire, parce que c’est le pays du sourire ?

Très viril, ton taxiTemps radieux

Pas que les Thaïs soient divisés entre enculeurs et enculés, hein ? C’est juste le syndrome du visiteur issu d’un pays riche qui vient visiter un pays pauvre, avec dans la tête l’idée que deux poids, deux mesures, ça ne se fait pas. Eh bien si, exactement, et c’est la logique même : tu es plus riche que les autres, donc tu PEUX payer plus sans que ça représente un problème.

Gateau Thaï, UHUHUHUHAlors, toutes proportions gardées, la Thaïlande m’a d’abord fait penser à d’autres pays économiquement modestes que j’ai eu la chance de visiter, comme la Bosnie-Herzégovine, la Guinée Conakry, la porte d’Aix… On négociera donc à chaque fois, avec la certitude de se faire avoir quand même, et la vague résignation de celui qui sait que c’est inévitable.

Au final, ça sera usant, et en particulier parce que je ne parle pas la langue. Non parce qu’à Conakry, tu peux faire annuler une amende pour absence de permis avec les flics, en prenant le condé (pas Alpha) à part et en lui susurrant que « Tu sais comment sont les femmes, hein ? Tu vois, elle m’a cassé les pieds depuis ce matin pour sortir, j’en ai oublié mon permis, elle mériterait une raclée comme au bon vieux temps, etc. ». Après quoi, tu te gargariserais bien à la javel, mais ça marche.

Ca marche parce que la personne te comprend. En Bosnie, quand dans le fin fond de la montagne, deux policiers t’arrêtent pour un excès de vitesse imaginaire alors qu’il n’y a ni panneaux ni marquage au sol, tu es bien content que ta meuf puisse négocier avec eux une amende « sans le papier », qui se solde par « dix pour moi, dix pour mon collègue, au revoir m’ssieur ‘dame ».

Les pigeons se coincent dans des poulies pour mourirCherchez l'intruPas de photos de pays pauvre sans poubellesLe laminoir à mégots

En Thaïlande, j’ai retrouvé la sensation infantilisante que j’ai eu en arrivant au Japon : on ne comprend pas ce que je dis et je ne comprends pas les gens. Il y a des gens qui s’en tamponnent, mais moi, ce n’est pas possible, autant par mon travail (j’enseigne le français, malgré que s’est pas façile a voir ici) que par mon parcours personnel de polyglotte pratiquant : le verbe a une place fondamentale dans ma vie. Sans pouvoir communiquer, je ne suis qu’un grand chevelu un peu gauche qui sourit d’un air gêné pour cacher son malaise. Ce qui résume plus ou moins ma première année au Japon. Voire les 3 premières.

Revenons à Bangkok : l’anglais y est assez présent et quand il l’est, c’est un anglais de pratique, pas de dictionnaire : je n’ai presque pas vu de phrases sans queue ni tête, comme il y en a partout au Japanisthan, un pays pauvre sans profs ni même accès à google traduction. Ah non, c’est juste que les gens s’en foutent.

Le LidoTout est authentique

La photo de dos, ma grande passionDes fleurs pour les démolisseurs

À Bangkok, ils semblent s’en foutre moins : le touriste, c’est de l’argent. Faut que ce soit efficace. Et parfois, franchement brillant : le nombre d’anglophones parlant un anglais des plus clairs est impressionnant, du moins dans les lieux « célèbres ». Comprenez par là les attractions, temples, quartiers de shopping, d’hôtels.

À vue de nez, la présence de personnes d’origines ethniques différentes paraît assez importante, ce qui peut également expliquer cela : la société semble beaucoup plus métissée qu’au Japon, ce qui implique forcément une ouverture communicative plus importante. Mais laissons la socio de comptoirs pour l’épisode suivant…

Classique

Phrase de vieux cul n°13 : « Tu l’as bien cherché, non ? »

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Feu la rizière

Assis dans la rizière ci-dessus*, entre un petit cours d’eau au cours désormais enserré dans le béton, j’ai un petit pincement au coeur de pierre.

(*Non, tas de cons, je n’ai pas atteint ce degrés de hipsterisme qui consiste à s’assoir dans une rizière avec un mac book pour être en communion avec ce que j’écris. Ce sont mes réflexions de ces derniers jours.)

Frak

Fracking Starbucks.

Des piquets plantés au bord du champ donnent un indice de l’avenir proche pour cette parcelle, à celui qui n’avait pas remarqué que le champ n’a pas été travaillé depuis la dernière récolte : on va y construire une « mansion », soit un de ces immeubles résidentiel sans ambition, comme celui que j’ai devant le gueule, crânement appelé Nova, sans doute en hommage à l’intersidérale fadeur fonctionnelle de son design. Ici, sur le riz, poussera un blême ensemble de clapiers recouverts de faux carrelage, comme tout édifice de peu d ‘envergure, dans un pays dont le moto oscille désormais entre une modernité définie par la médiocrité des matériaux employés, et une tradition bâclée, fantasmé, des techniques que plus personne ne maîtrise mais qu’on fait semblant de protéger, de peur de changer quoique ce soit.

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Ceci n’est pas un cassoulet.

Sérieusement, on peut écrire 14 tomes d’articles sur les maisons japonaises « modernes », et ne pas arriver à décolérer. Ca ne servirait à rien de toutes façons. Notre problème du jour porte sur l’approche de l’espace de vie, et comment n’y rien foutre.

Dans cette résidence qui va se construire, vivront peut-être heureux des gens seuls, des couples, des vieux qui veulent pas mourir (faites un effort, merde !), des gosses qui feront des combats d’écrevisses au lieu de les bouffer comme des gens civilisés, des joueurs de pachinko à demi-sourds, des pédés forcément refoulés (le Japon, l’autre Iran), de jeunes office lady qui décorent un cadre de 100yens shops avec de la dentelle pour y afficher la photo d’un chien prise dans la rue, des garçons timides qui regarderont ta bite en skred au bain public d’à côté, des quinquagénaires enfin divorcées de leur mari absent (peut-être à juste titre), bref, des Japonais. Des étrangers, je doute. Déjà, je ne vois pas ce que tu foutrais dans la banlieue de Shimada, Shizuoka. Et quand bien même, tu sais qu’il est chaud de trouver des apparts pour les non-natifs, hein ? Alors une mansion en carrelage neuf, penses-tu….

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Faire son miso.

Le truc, c’est que ces gens ont des chances d’être ravi d’habiter là. Alors que moi, quand on m’a annoncé que la parcelle serait construite, au début, ça m’a fait un peu couic sous les côtes. J’y avais passé des heures à essayer de soigner les vignes abandonnées, noyées dans les broussailles infestées d’araignées-guêpe, couper le vieux bois, biner le sol, arranger le tout en pergola, avec plus ou moins de succès. Nettoyer les abords du champ, pailler les pieds, planter des noyaux de pèches de vigne, au cas où…

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Le swag ultime du vendeur de moisissures.

Mais finalement, c’est bien comme ça. Quand toi, étranger, tu mets un pied dans la paysannerie japonaise, n’oublie pas ces mots : « Toi qui entre ici, abandonne toute espérance« . On objectera que c’est partout pareil, que « wat de boer niet kent dat eet hij niet« , etc. Je sais. Là où je veux en venir, à part me la péter avec une phrase en hollandais (dans le trio de tête des langues européennes les plus moches, clairement), c’est que comme la télé japonaise, la paysannerie japonaise t’aura à l’usure.

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Cagettes de culture de ferments.

Nettoyer les abords de la ferme, parce que mon oeil de vierge campagnarde embourgeoisée se choque de voir de vieux sacs d’engrais abandonnées au bord, c’est faire de l’archéologie sur les dernière cinquante années : des strates de pesticides, d’herbicide, de granulés, des films de protection, des filets anti-corbeaux, des copeaux de piquets en plastique, des sangles à botter…Des canettes de toutes générations, des cup-ramen d’une autre époque, des sachets de bonbons, de la moquette, des cintres. Un demi-siècle de comportement de poule, à vivre dans la merde. Un demi-siècle à tirer toujours et encore sur la terre, à ajouter toujours plus de produits parce qu’elle s’épuise à force d’hybrides F1, pendant qu’on plante trois fois par an sur la même parcelle, parce que le F1, c’est l’assurance de concombres calibrés pour les boites en carton, en trois mois, contre 5 pour les traditionnels. Un demi-siècle pour oublier comment on fait des graines (les F1 n’en font presque pas de fertiles, c’est pas plus mal), donc être complètement dépendant de l’achat, un demi-siècle pour ne plus savoir enlever des mauvaises herbes à la main, ne plus faire de compost et plutôt abandonner les fanes et les racines en plein milieu du chemin (paye ta glissade…), oublier ce qu’est le paillage, oublier ce qui se mange, ce qui s’accorde, ce qui nourrit le sol, ce qui l’appauvrit.

Comme en France, le tout subventionné à toc par l’Etat : produit la même chose partout, appauvrit ton sol, creuse ta tombe, et financièrement, et physiquement.

Frigo à moisi

Alors, quand en 2 jours, tu déterres 6 sacs poubelles de déchets, que ça semble vaguement propre au abords de la maison, et que 4 mois plus tard, tu retrouves de nouveaux plastiques semi-enfouis, semi-brulés par le soleil, tu dis non. Juste non. Vous avez bien fait de décider de faire construire : vous ne méritez pas cette terre.

Tu te sens seul, soudain ?

Cette terre légèrement argileuse, ce limon gagné sur la rivière avoisinante, exempte de pierres, c’est assez irréel pour moi, né dans la Provence, tellement riche de ses cailloux qu’on en a fait des bories et des capitelles tous les 50 mètres, au milieu de ses murs-pierriés désormais en voie d’éboulis.

Pas une terre pour la vigne, j’en conviens. Une vrai terre pour le riz, pour le daïkon, le poireau et tout ces trucs qui poussent relativement profond, mais aussi une terre qui sait rester humide, une terre facile à travailler, si fertile.

Oden maison Salade composée

C’est un plaisir d’en manger le fruit, mais l’année dernière c’était les salades qui pourrissaient sur pied « parce qu’il y a des moucherons dedans et qu’elles ne sont pas calibrées« , puis ce fut les poivrons empuantirent le jardin, que vous ne ramassiez pas parce que ça va comme ça, on ne va pas manger que ça non plus, et maintenant, c’est le chou chinois dont on jette 1/3 des feuilles parce que fermer les cônes était chiant et qu’ils sont en l’occurrence pleins de feuilles mortes, donc invendables dans ce pays où tout doit doit avoir la même gueule que dans un catalogue Rustica. Transformer les surplus ? Lactofermenter ? Congeler ? Faire des coulis, des légumes secs, des conserves ?

Non, on préfère regarder la télé. On en a une dans chaque chambre. 42′ pouces minimum, et un fist mental complet à chaque heure passée devant.

Dutch Oven

Dutch oven.

Alors, voyez-vous, quand je taille les pruniers et que les fruits grossissent d’un tiers, mais que vous oubliez de les prendre à temps, vous m’agacez. Quand je fais un compost et retrouve les vinyles des plants d’arachide encore accrochés aux racines dedans, vous m’agacez. Quand les graines de courge que j’ai semé germent mais crèvent à 80% parce que vous n’avez pas arrosé et qu’il y a tant de crevasses au sol qu’on dirait qu’on dirait la tronche à Hideki Matsui, vous m’agacez vraiment un peu.

Et finalement, même si ça bouge un peu, que j’essaye de ne pas faire le mec désagréable qui vous apprend votre travail (parce qu’après tout, je serai bien infoutu de faire du riz ou du thé, que vous faîtes si bien), que je me dis que ce n’est pas mal vie mais la vôtre, je lâche prise, doucement, mais avec la triste impression que vous ne méritiez pas cette terre. Par fainéantise.

Gourdasses locales

Oh, je comprends : vous ne vous êtes pas installés dessus pour le temps. Vous exploitez votre terre sans lendemain, presque au sens premier du terme. Vous construisez des maisons sans avenir autre que celui d’être détruit, soit par un tremblement, soit par le mépris national pour le vieux. Pleurez donc que les jeunes ne veuillent pas continuer à la ferme, vivre dans vos maisons en cartons construites pour vous voir interminablement rapetisser et manger des mandarines sous le kotatsu, pendant que les talento interchangeables vous vomissent à la gueule une vacuité pire encore à la vôtre. Je sais, c’est un trait culturel avant d’être un trait cul-terreux.

Mais votre paresse, là, non. Juste non.

Le KO

Je ne mérite pas votre terre non plus, si vous vouliez tout savoir, moi qui chouine d’avoir coupé deux brindilles et de pas recevoir de médaille du mérite agricole en retour. Moi aussi, en tant que prof, je connais la paresse de ne s’en tenir qu’à ce qu’on sait déjà faire, et moi aussi, il me faut encore et toujours de l’énergie pour vaincre cette fainéantise de base. Je fais mon possible pour ne pas mépriser ceux qui ne le font pas, c’est tout.

Si c’était de la paresse créative, à la Alexandre, je comprendrais. Si vous vous reposiez pour autant, je comprendrais.

Mais ce n’est ni l’un ni l’autre : les techniques qu’on vous propose permettent d’économiser l’activité humaine. Laisser la terre travailler, se concentrer sur l’amont, produire biologique, vendre plus cher, transformer et gagner de l’argent sur le produits transformés…

Mais non. Vous préférez construire une mansion éphémère. C’était sûrement le meilleur choix, après tout.

Le premier de l'an

Premier lever de soleil de 2014.

Pour info, sur les « mansions » : sur Reddit et l’excellent Néojaponisme.